Dossier

Infections urinaires à entérobactéries BLSE en pédiatrie : épidémiologie, facteurs de risque et options thérapeutiques

Mis en ligne le 01/12/2016

Auteurs :

Lire l'article complet (pdf / 197,61 Ko)

Les infections urinaires à entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre étendu (BLSE) sont de plus en plus fréquentes en pédiatrie, en milieu hospitalier comme en milieu communautaire. Escherichia coli est l'espèce bactérienne la plus représentée actuellement dans ces infections. Les BLSE sont essentiellement de type céfotaximases M (CTX-M), et leur mode de diffusion est pandémique. Un des facteurs de risque majeurs de colonisation ou d'infection par ces souches est l'antibiothérapie curative ou préventive, qui induit une pression de sélection sur le microbiote intestinal (notamment les céphalosporines de troisième génération et les quinolones). L'antibiothérapie de choix est l'amikacine en première intention en cas d'infection urinaire fébrile, puisque la majorité de ces souches reste sensible à cette molécule et que la monothérapie par aminoside a fait la preuve de son efficacité dans les pyélonéphrites. Les alternatives aux carbapénèmes sont à privilégier en première intention, sauf en cas de sepsis sévère.

En 20 ans, l'épidémiologie des infections urinaires (IU) s'est modifiée de façon inquiétante du fait de l'émergence d'un mécanisme de résistance fréquent parmi les entérobactéries : les “entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre étendu” (E-BLSE). Les E-BLSE sont définies par leur capacité à hydrolyser l'ensemble des pénicillines et des céphalosporines, à l'exception des céphamycines (céfoxitine, céfotétan), du latamoxef et des carbapénèmes. Ces bêtalactamases sont inhibées par les inhibiteurs de bêtalactamases (acide clavulanique, sulbactam, tazobactam) qui restaurent en grande partie l'activité des pénicillines auxquelles ils sont associés. Les souches d'E-BLSE sont fréquemment résistantes aux autres antibiotiques (notamment les fluoroquinolones, les aminosides, le triméthoprime-sulfaméthoxazole), car les gènes de résistance correspondant sont portés par les mêmes éléments génétiques mobiles. Certains clones d'Escherichia coli, notamment le clone ST-131, plus récemment ST-410, ont émergé ces dernières années de façon pandémique. Les E-BLSE sont surtout responsables d'IU chez l'enfant, mais peuvent aussi causer des infections intra-abdominales, des septicémies et des infections maternofoetales (y compris les méningites du nouveau-né).

La prévalence croissante des E-BLSE rend problématique la prise en charge des IU chez l'enfant, avec un risque élevé d'échec thérapeutique.

Liens d'interêts

F. Madhi déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

R. Cohen n’a pas précisé ses éventuels liens d’intérêts.

auteurs
Dr Fouad MADHI

Médecin, Pédiatrie, Centre hospitalier intercommunal, Créteil, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr Robert COHEN

Médecin, Pédiatrie, CHI de Créteil, Créteil, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Infectiologie,
Pédiatrie
thématique(s)
infections
Mots-clés