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Caractérisation neuropathologique de la paralysie supranucléaire progressive se présentant par un phénotype de dégénérescence frontotemporale

Mis en ligne le 30/11/2019

Auteurs : J. Lagarde

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Dans cette étude, 46 patients ayant reçu un diagnostic neuropathologique de paralysie supranucléaire progressive (PSP) ont été inclus. 31 d'entre eux présentaient le phénotype clinique typique (appelé syndrome de Richardson, PSP-RS), et 15, un phénotype clinique répondant aux critères de dégénérescence frontotemporale dans sa variante comportementale (PSP-DFT), 4 d'entre eux ayant eu un diagnostic clinique final de DFT jusqu'à leur décès. Les données cliniques et neuropathologiques recueillies ont été comparées entre les 2 sous-groupes de patients. Lors de l'évaluation initiale, seul 1 patient du groupe PSP-DFT présentait des chutes inexpliquées, alors qu'elles étaient présentes chez tous les patients PSP-RS. Il n'y avait pas de différence significative entre les 2 groupes concernant la présence de troubles oculomoteurs de la verticalité. Les troubles du comportement, notamment la désinhibition, étaient présents chez les patients PSP-DFT, alors que ces symptômes étaient rares chez les patients PSP-RS. Même si les troubles moteurs et de l'équilibre étaient beaucoup plus fréquents et systématiques dans le groupe PSP-RS, plus de la moitié des patients du groupe PSP-DFT présentaient aussi des troubles moteurs légers (chutes, troubles de l'équilibre ou syndrome parkinsonien). L'étude neuropathologique a montré une charge Tau neuronale plus importante dans les gyri frontaux supérieur et moyen, et dans le gyrus temporal inférieur, aussi bien dans la substance grise que dans la substance blanche, chez les patients du groupe PSP-DFT par rapport au groupe PSP-RS. Aucune différence démographique ou génétique (gènes APOE et MAPT) entre les groupes ne permet de rendre compte de la distribution atypique des lésions dans le groupe PSP-DFT.

Commentaire

Au-delà de la forme typique de PSP-RS, caractérisée par un syndrome parkinsonien, des troubles de la verticalité, une rigidité axiale et des chutes fréquentes, des phénotypes cliniques atypiques ont été décrits, tels qu'une forme caractérisée par un syndrome parkinsonien isolé, ou par une akinésie avec des troubles de l'équilibre, ou encore une aphasie progressive non fluente, ou un syndrome corticobasal. Une autre présentation plus rare a été décrite, caractérisée par une présentation clinique répondant aux critères de DFT dans sa variante comportementale. Cette étude confirme l'existence de ce nouveau sous-type, avec un nombre appréciable de patients compte tenu de la rareté de ce trouble, et en intégrant des données neuropathologiques, qui confirment une répartition atypique des lésions Tau chez ces sujets, intéressant principalement les régions frontotemporales, ce qui est concordant avec le tableau clinique. Ce résultat confirme l'hétérogénéité des pathologies neurodégénératives, certains tableaux cliniques pouvant être sous-tendus par différents types de protéinopathies, et donc correspondre à des diagnostics différents. Les enjeux importants pour développer de nouveaux traitements sont d'améliorer les outils de diagnostic in vivo de ces pathologies et de mieux comprendre les facteurs influençant l'hétérogénéité clinique et neuropathologique de ces maladies.

Références

Sakae N et al. Neuropathologic basis of frontotemporal dementia in progressive supranuclear palsy. Mov Disord 2019 doi: 10.1002/mds.27816 (Epub ahead of print).

Liens d'interêts

J. Lagarde déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

auteur
Dr Julien LAGARDE

Médecin
Neurologie
Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Neurologie
thématique(s)
Démences - Alzheimer