Dossier

Dysfonction sexuelle du patient neurologique : quels troubles, quelles évaluations et prises en charge ?

Mis en ligne le 28/11/2017

Auteurs : C. Joussain, P. Denys

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  • Les troubles génito-sexuels dans les pathologies neurologiques centrales sont très fréquents chez l'homme comme chez la femme. Leur évaluation est primordiale en raison de leur impact sur la qualité de vie.
  • Chez l'homme, ils se caractérisent par des troubles de l'érection, de l'éjaculation et de la libido ; chez la femme, par des troubles de la libido, de l'excitation et de l'orgasme.
  • Leur prise en charge est multimodale. Elle prend en compte les déficiences sexuelles propres et les composantes neurologiques autres majorant ces troubles et impliquant le partenaire, acteur majeur dans la sexualité des patients neurologiques.

D'après l'OMS, la santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité. Elle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d'avoir des expériences sexuelles qui soient sources de plaisir et sans risques, libres de toute coercition, discrimination ou violence (1). La sexualité est un élément fondamental de la vie, et chacun doit pouvoir en jouir comme il l'entend dans le respect des principes sociétaux et éthiques. La physiologie de la sexualité est complexe, intégrant le système nerveux périphérique, le système nerveux végétatif et le système nerveux central. De plus, les systèmes endocrinien et vasculaire sont des acteurs majeurs de la fonction sexuelle. Dès lors, les atteintes du système nerveux sont de grandes pourvoyeuses de dysfonctions sexuelles. La prévalence des pathologies neurologiques en France est en constante augmentation, avec une majoration de l'incidence des accidents vasculaires cérébraux, de la maladie de Parkinson et des pathologies dégénératives (2). Ces pathologies, tout comme d'autres lésions du système nerveux central, telles que la sclérose en plaques (SEP) ou les lésions médullaires traumatiques, entraînent une dysfonction sexuelle. Celle-ci a pour conséquence une altération de la qualité de vie, et s'associe souvent à des troubles thymiques. L'évaluation clinique reste l'élément princeps de la prise en charge de la dysfonction sexuelle, et une attention particulière sera portée au partenaire. Cette prise en charge peut même être une priorité pour ces patients, en particulier chez les blessés médullaires, pour lesquels celle-ci est au premier rang de leurs attentes, devant la prise en charge de la déficience motrice (3).

Dans ce contexte, sur la base d'une revue de la littérature et d'avis d'experts, nous décrirons les troubles spécifiques à chaque population ainsi que les pistes de prise en charge actuelles.

Liens d'interêts

C. Joussain déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

P. Denys n’a pas précisé ses éventuels liens d’intérêts.

auteurs
M Charles JOUSSAIN

Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Versailles, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr Pierre DENYS

Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Versailles, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Neurologie
Mots-clés