Mise au point

Les neurologues français dans la Grande Guerre (1re partie)
Avancées sémiologiques et cliniques

Mis en ligne le 05/09/2018

Mis à jour le 19/09/2018

Auteurs : L. Tatu

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En 1914, la neurologie française est encore sous l'influence directe des courants de pensée de 2 de ses grands maîtres : Jean-Martin Charcot (1825-1893) et Joseph Babinski (1857-1932). L'ère des corrélations anatomocliniques est à son apogée, mais les ouvertures thérapeutiques restent pauvres et dominées par l'électrothérapie multi-usage. Deux nouveaux outils, utiles aux neurologues, sont cependant apparus au cours des décennies précédentes : la ponction lombaire et les rayons X. Par ailleurs, l'individualisation des 3 disciplines s'occupant des dysfonctionnements du système nerveux − neurologie, psychiatrie et aliénisme − n'est pas encore clairement établie.

Du côté militaire, le Service de santé des armées français, régi par un règlement récent mais peu appliqué, a mal anticipé le type et le nombre de blessures qui vont conduire des milliers de soldats vers les formations sanitaires militaires de la Grande Guerre. Les médecins militaires d'active ont une vision obsolète et pétrie d'idées fausses de la guerre. Les blessures par armes à feu sont, par exemple, considérées comme peu septiques, car les balles seraient purifiées par les hautes températures avant d'atteindre la plaie. Les premières semaines du conflit ont rapidement raison de ces idées farfelues…

La médecine militaire française n'a pas non plus tiré les leçons des guerres précédant le premier conflit mondial. La guerre des Boers (1899-1902) en Afrique du Sud, la guerre russo-japonaise (1904-1905) et les guerres balkaniques (1912-1913) ont pourtant laissé apparaître de nouvelles blessures. Devant la fréquence des blessures de l'extrémité céphalique, l'importance d'une protection par casque est devenue évidente. Il faudra néanmoins attendre le milieu de l'année 1915 pour que le casque Adrian en métal fasse son apparition dans les troupes françaises.

Le manque d'anticipation du Service de santé concerne également les troubles neuro­psychiatriques de guerre consécutifs aux combats modernes. Le grand nombre de ces troubles observés dans la guerre russo-japonaise n'a pas entraîné de mesures effectives de la part du Service de santé.

La neurologie de la Grande Guerre va osciller entre des avancées sémiologiques et cliniques, abordées dans cette première partie, et les dérives “thérapeutiques” liées aux psychonévroses de guerre, évoquées dans une deuxième partie.

Les centres neurologiques de guerre

Devant l'afflux de blessés neurologiques, la direction du Service de santé des armées organise, par la circulaire du 9 octobre 1914, la création des centres neuropsychiatriques de guerre. Installés dans la zone de l'intérieur, ils sont chargés de la prise en charge des soldats présentant des lésions traumatiques ou infectieuses du système nerveux ainsi que des troubles psychiques de guerre. Les neurologues des centres sont très majoritairement des médecins civils mobilisés. La mobilisation médicale est transgénérationnelle. Les grands noms de la neurologie du début du XXe siècle ne sont plus mobilisables, car trop âgés, mais ils officient cependant dans les hôpitaux civils militarisés. Pierre Marie (1853-1940), Jules Dejerine (1849-1917), Joseph Babinski, Achille Souques (1860-1944) ou encore Jules Froment (1878-1946) sont par exemple actifs dans les services neurologiques parisiens militarisés (figure 1).

Quelques neurologues plus jeunes, mais néanmoins trop vieux pour être mobilisés, s'engagent volontairement dans l'armée. C'est le cas de Paul Sollier (1861-1933) au centre neurologique de Lyon ou de Henri Claude (1869-1945) à celui de Bourges. La génération réellement mobilisable comprend des neuro­logues comme Clovis Vincent (1879-1947), Jean Lhermitte (1877-1959), Jean-Alexandre Barré (1880-1967) ou Charles Foix (1882-1927) qui dirige le centre de neurologie de Salonique. Tous ne sont pas initialement affectés à un centre neurologique, certains commencent la guerre comme médecins sur le front. D'autres neurologues − comme Georges Guil­lain (1876-1961), dispensé des obligations militaires pour des problèmes médicaux − vont cependant s'engager pour la durée du conflit.

Dès le début de l'année 1915, les neurologues, débordés par l'afflux de patients et la fréquence des troubles psychiques de guerre, préconisent l'instal­lation de centres neuropsychiatriques avancés. Positionnés à proximité des hopitaux de l'avant, ces centres démontrent rapidement leur efficacité en évitant des évacuations inutiles vers l'intérieur. D'autres neurologues célèbres sont mobilisés dans ces centres comme Gustave Roussy (1874-1948), qui dirige le centre avancé de la Xe armée, ou André Léri (1875-1930), qui officie au centre neurologique de la IIe armée.

Une source intarissable de publications neurologiques

C'est la première fois qu'un nombre aussi important de neuropsychiatres et de patients neurologiques se trouvent concentrés au même endroit. Au fil des mois de guerre, l'activité des centres neuropsychiatriques augmente, comme en témoignent les rapports mensuels rédigés par les médecins-chefs (1). Les centres profitant de cette masse de malades concentrés dans des services spécialisés deviennent très prolifiques en travaux et publications.

De nombreux signes et syndromes neurologiques, encore utilisés de nos jours, sont décrits. Pierre Marie et Charles Foix rapportent, par exemple, le phénomène de la face connu désormais sous le nom de “manœuvre de Pierre Marie et Foix”, qui permet de diagnostiquer une paralysie faciale en ­comprimant la branche de la mandibule (2). En 1917, après son passage dans différents centres neurologiques de guerre, Jean-René Cruchet (1875-1959), concomitamment à Constantin von Economo (1876-1931), rapporte l'existence de l'encéphalite léthargique (3).

Durant le conflit, les revues médicales spécialisées, comme la Revue neurologique ou les Annales médico-­psychologiques, sont exclusivement consacrées à la neuropsychiatrie de guerre. Elles n'échappent pas, comme les autres journaux, à la censure officielle, en particulier dans les articles évoquant les troubles psychiques de guerre ou les lésions dues aux gaz de combat. Henry Meige (1866-1940), rédacteur en chef de la Revue neurologique, se plaint à plusieurs reprises de cette censure auprès du ministre de la Guerre (1).

Les neurologues des centres de guerre se réunissent régulièrement pour présenter et discuter leurs travaux à la Société de neurologie de Paris. Des neuro­logues alliés tels que les Anglais Gordon Holmes (1876-1965) et Henry Head (1861-1940) participent à ces réunions. En 1917, la réunion des centres a pour thématique le fonctionnement des centres neurologiques eux-mêmes. Elle confirme les grandes disparités entre les régions militaires, et des solutions sont proposées pour remédier à ces inégalités. Les cas cliniques accumulés pendant la guerre vont encore alimenter les communications, revues et ouvrages neurologiques pendant des années après la guerre.

Georges Guillain et Jean-Alexandre Barré : une œuvre de guerre

Les travaux de guerre de Georges Guillain sont indissociables de ceux de Jean-Alexandre Barré. Les 2 hommes ont officié ensemble au centre neurologique de la VIe armée, en particulier durant la bataille de la Somme en 1916. Ils ont accumulé une quantité très importante d'observations et décrit de nombreux signes et associations syndro­miques portant sur la pathologie du cerveau, de la moelle spinale et des nerfs périphériques. Ils publient en 1920 un ouvrage commun, Travaux neurologiques de guerre, reprenant leurs principales observations et descriptions (4). Parmi celles-ci figure, par exemple, la description de la technique de recherche du réflexe médio-plantaire et de sa signification pathologique (figure 2) [5].

Au centre neurologique de la VIe armée, Guillain et Barré ont pu bénéficier de la collaboration de André Strohl (1887-1977), un physicien et docteur en médecine, qui travaillait sur les aspects électrologiques du nerf périphérique. La quantité importante de blessés neurologiques a permis à Strohl de valider nombre de travaux électrologiques débutés avant-guerre.

Guillain, Barré et Strohl restent bien sûr connus pour leur description de la névrite ascendante publiée en 1916 (6). Le concept de névrite ascendante était déjà connu grâce aux publication de Octave Landry (1826-1865) et de Louis Duménil (1823-1890). La publication d'avril 1916 de Guillain, Barré et Strohl précise le syndrome en mentionnant les caractéristiques du liquide cérébrospinal et les aspects électrologiques des réflexes. En novembre 1916, les neurologues Pierre Marie et Charles Chatelin (1884-1948) présentent, eux aussi, 3 cas identiques devant la Société de neurologie de Paris, sans avoir eu connaissance de la publication de Guillain, Barré et Strohl (7). En 1919, dans un article négligé dans l'historiographie du syndrome, Guillain et Barré publient une autre observation d'un soldat présentant un tableau clinique identique mais révélant 2 autres aspects de la pathologie : la survenue du syndrome dans les suites d'une vaccination antityphoïdique et une évolution fatale permettant la description des anomalies anatomopatholo­giques (8).

Les corrélations anatomo-radio-cliniques des blessures cérébrales

De nombreuses observations de corrélations anatomo­cliniques portant sur des lésions du cerveau ou de la moelle spinale par éclats d'obus ou de balles sont publiées durant la Grande Guerre. La découverte des rayons X et leur utilisation médicale à la fin du XIXe siècle ont ouvert l'ère des corrélations anatomo-radio-cliniques. Durant la Grande Guerre, ces corrélations sont utilisées, en particulier dans le domaine de la localisation des éclats d'obus intracrâniens qui posent le problème de leur éventuelle ablation chirurgicale. Les complications infectieuses grevant ce geste, difficile à réaliser à l'époque, sont habituellement fatales en l'absence d'antibiotiques.

Au service neurologique militarisé de l'hôpital parisien La Salpêtrière, Pierre Marie et Charles Foix, avec la collaboration de Ivan Bertrand (1893-1965), mettent au point un système ingénieux de repérage radiographique crânio-encéphalique pour déterminer les rapports entre les circonvolutions du cerveau et la paroi du crâne. Ils publient, en 1916, une cartographie de la projection pariétale des scissures et sillons cérébraux (9). Ce schéma de profil peut être appliqué sur une radiographie pour localiser les éclats intracrâniens (figure 3). Dans la continuité de cette méthodologie, qui sera largement utilisée durant le conflit, Marie et Foix étudient les corrélations anatomocliniques à propos des aphasies de guerre. Ils proposent, dans leurs conclusions en 1917, une classification sémiologique nouvelle et pertinente des différents types cliniques des troubles phasiques (10).

Les lésions traumatiques de guerre des nerfs périphériques

Le neurologue français le plus impliqué dans le domaine des lésions de guerre des nerfs périphériques est incontestablement Jules Tinel (1879-1952). Il est resté célèbre pour avoir décrit, en 1915, le signe qui porte son nom et consistant en l'ap­parition de troubles sensitifs dans le territoire d'un nerf à la suite de sa percussion (11). Ce signe est parfois appelé signe de Hoffmann-Tinel car Jules Tinel en partage la paternité avec le médecin Paul Hoffmann (1884-1962) qui servait dans l'armée allemande et qui a décrit, la même année, un signe analogue. Jules Tinel a également publié en 1916 un ouvrage de référence, Les blessures des nerfs. Cet ouvrage est un monument de sémiologie fondé sur ses examens personnels de plus de 600 soldats blessés (12). La traduction en anglais, en 1917, vaudra à son auteur une reconnaissance internationale.

Jules Froment (1878-1946), qui prend en charge les blessés neurologiques dans le service neurologique militarisé de l'hôpital parisien La Pitié, s'intéresse également aux lésions de guerre des nerfs périphériques. Il a laissé son nom au “signe du journal”, publié en 1915, et observé dans les souffrances du nerf ulnaire. Dans la pince pouce-index, l'action du muscle adducteur du pouce paralysé est compensée par une flexion de la phalange distale du pouce sous l'action du muscle long fléchisseur du pouce innervé par le nerf médian (figure 4) [13]. Chiriachitza Athanassio-Bénisty (1885-1938), élève de Pierre Marie et interne à La Salpêtrière, publie, elle aussi, en 1917, un ouvrage à visée pratique sur les lésions des nerfs périphériques intitulé Traitement et restauration des lésions des nerfs (14).

Les rayons X, une éphémère arme thérapeutique

La neurologie de guerre reste pauvre sur le plan thérapeutique. L'électrothérapie est utilisée dans de nombreuses situations, y compris de manière déviante, dans les psychonévroses de guerre. Son indication principale reste cependant l'aide à la récupération des déficits moteurs. Les antibiotiques n'existent pas et les complications infectieuses du système nerveux sont le plus souvent fatales. Le Salvarsan (arsphénamine), un dérivé arsenical, introduit quelques années avant la Grande Guerre, est utilisé pour traiter la syphilis et ses complications neurologiques (tabes dorsalis et paralysie générale). Il participe à son niveau à la maîtrise du péril vénérien, fléau médical majeur de la Grande Guerre. L'étiologie de nombreuses maladies neurologiques demeure inconnue interdisant un traitement efficace. Par ailleurs, la neuro­chirurgie française ne prendra réellement son essort qu'au cours de la décennie suivante.

Dans ce contexte thérapeutique pauvre, les rayons X, largement utilisés durant le conflit à des fins diagnostiques, sont également proposés comme thérapeutique, en particulier dans le domaine neurologique. Ils suscitent des recherches chez l'homme et chez l'animal. Ainsi, certaines cicatrices adhérentes laissées par un éclat d'obus et englobant un nerf, sont traitées par des séances itératives d'irradiation. Les résultats sont intéressants à la fois sur les nerfs sensitifs, comme le nerf supra-orbitaire, et les nerfs mixtes comme le nerf ulnaire ou le nerf fibulaire (figure 5).

Les travaux expérimentaux animaux confirment cette efficacité. Les effets indésirables de cette irradiation non maîtrisée entraîneront cependant l'interruption de ce type de thérapeutique (1).

Les phénomènes postamputation

Alors que la Grande Guerre va entraîner l'appari­tion de milliers d'amputés, les phénomènes post­amputation, douleurs et membres fantômes n'ont paradoxalement pas été étudiés durant le conflit. Ces phénomènes étaient cependant déjà connus et décrits tôt dans l'histoire de la médecine dans les cas de blessures de guerre. Le neurologue américain Silas Weir Mitchell (1829-1914), à partir de son expérience de médecin de la guerre de Sécession, a introduit le terme de “membre fantôme” pour décrire la sensation de persistance du membre disparu après l'amputation, souvent associée à des hallucinations de mouvements.

Une des explications du manque d'intérêt des médecins, et des neurologues en particulier, tient certainement au caractère tabou de cette sympto­matologie. Les soldats amputés n'ont que très rarement rapporté ces signes mystérieux et peu vraisemblables. Seuls quelques artistes amputés ont rapporté ce phénomène. L'écrivain suisse,
Frédéric Sauser (1887-1961), mieux connu sous son nom de plume Blaise Cendrars, et engagé volontaire dans la Légion étrangère, a été amputé de sa main d'écriture en 1915. Son témoignage littéraire sur les phénomènes postamputation est unique et saisissant. Le pianiste autrichien Paul Witt­genstein (1887-1961) a réappris à jouer du piano de la main gauche grâce aux mouvements fantô­­mes des doigts de sa main droite disparue (15). Maurice Ravel (1875-1937), quant à lui, a composé le célèbre concerto pour la main gauche.

Il faudra attendre les travaux du chirurgien René Leriche (1879-1955), après la guerre, pour voir émerger un attrait médical pour les douleurs postamputation et les membres fantômes.■


FIGURES

Références

1. Archives du Service de santé des armées. Hôpital du Val-de-Grâce. Paris.

2. Marie P, Foix C. Le phénomène de la face. Rev Neurol 1914-1915:778-9.

3. Cruchet JR, Moutier F, Calmettes A. Quarante cas d’encéphalo-myélite subaiguë. Bull Soc Med Hop Paris 1917;41:614-6.

4. Guillain G, Barré JA. Travaux neurologiques de guerre. Paris: Masson, 1920.

5. Guillain G, Barré JA. Le réflexe médio-plantaire. Bull Soc Med Hop Paris 1916;40:516-8.

6. Guillain G, Barré JA, Strohl A. Sur un syndrome de radiculonévrite avec hyperalbuminose du liquide céphalorachidien sans réaction cellulaire. Remarques sur les caractères cliniques et graphiques des réflexes tendineux. Bull Soc Med Hop Paris 1916;40:1462-70.

7. Marie P, Chatelin C. Note sur un syndrome de paralysie flasque plus ou moins généralisée avec abolition des réflexes et hyperalbuminose massive. Rev Neurol 1916;2:564-5.

8. Guillain G, Barré JA. Paralysie ascendante aiguë de Landry consécutive à une vaccination antityphoïdique. Ann Med 1919;6:218-222.

9. Marie P, Foix C, Bertrand I. Recherches sur la topographie crânio-cérébrale. Rev Neurol 1916;23:437-44.

10. Marie P, Foix C. Les aphasies de guerre. Rev Neurol 1917;I:53-87.

11. Tinel J. Le signe du “fourmillement” dans les lésions des nerfs périphériques. Presse Med 1915;47:388-9.

12. Tinel J. Les blessures des nerfs. Sémiologie des lésions nerveuses périphériques par blessures de guerre. Paris : Masson, 1916.

13. Froment J. La préhension dans les paralysies du nerf cubital et le signe du pouce. Presse Med 1915;23:409.

14. Athanassio-Bénisty C. Traitement et restauration des lésions des nerfs. Paris: Masson, 1917.

15. Tatu L, Bogousslavsky J, Boller F. Phantoms in artists: the lost limbs of Blaise Cendrars, Arthur Rimbaud, and Paul Wittgenstein. J Hist Neurosci 2014;23(4):355-66.

Les références bibliographiques de cet article ont été volontairement limitées. Le lecteur désireux d’approfondir le sujet pourra se référer à :

• Larcan A, Ferrandis JJ. Le service de santé aux armées pendant la Première Guerre mondiale. Paris : LBM, 2008.

• Tatu L, Bogousslavsky J. La folie au front. La grande bataille des névroses de guerre (1914-1918). Paris : Imago, 2012.

• Tatu L, Bogousslavsky J, Moulin T, Chopard JL. The “torpillage” neurologists of World War I: electric therapy to send hysterics back to the front. Neurology 2010;75(3):279-83.

• Walusinski O, Tatu L, Bogousslavsky J. French neurologists during World War I. Front Neurol Neurosci 2016;38:107-18.

Liens d'interêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Pr Laurent TATU

Médecin
Neurologie
CHRU Jean Minjoz, Besançon
France
Contributions et liens d'intérêts

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Neurologie