Mise au point

Sclérose en plaques et troubles respiratoires

Mis en ligne le 03/05/2016

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  • L'incidence précise des troubles respiratoires dans la SEP n'est pas connue. Surtout décrits dans les formes évoluées, ils sont probablement d'apparition plus précoce.
  • Cette atteinte est sous-estimée, car souvent peu symptomatique (“masquée” par un handicap moteur sévère, par son installation progressive et/ou par des troubles cognitifs associés), ce qui contraste avec sa gravité potentielle : première cause de mortalité.
  • Un dépistage des troubles respiratoires est à proposer en cas de suspicion clinique, comportant des explorations fonctionnelles respiratoires (pression inspiratoire maximale, pression expiratoire maximale, capacité vitale en position assise et couchée), des gaz du sang artériels et une oxymétrie nocturne. L'intérêt d'un dépistage plus précoce, au stade asymptomatique, n'est pas encore connu.

La sclérose en plaques (SEP) est une affection inflammatoire, démyélinisante et dégénérative du système nerveux central (SNC) qui représente la deuxième cause de handicap acquis de l'adulte jeune. En France, la prévalence estimée actuelle se situe entre 80 000 et 90 000 cas. Les symptômes varient selon les patients, dans leur type − troubles de la motricité, de la cognition, de la coordination, de la vue ou troubles vésicosphinctériens − et leur sévérité.

Les troubles respiratoires sont bien étudiés etconnus dans les pathologies neuromusculaires, en particulier dans la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Cependant, peu d'études ont été dédiées  aux troubles respiratoires dans la SEP ; leur incidence précise n'est donc pas connue. Surtout décrits dans les formes évoluées, ils sont probablement d'apparition plus précoce, comme l'ont suggéré quelques études récentes montrant une altération isolée des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) chez des patients peu handicapés. Il est très vraisemblable que cette atteinte respiratoire soit sous-estimée pour différentes raisons : non cotée dans l'EDSS , souvent peu symptomatique, “masquée” par un handicap moteur sévère, par son installation progressive et/ou par des troubles cognitifs associés.

auteur
Dr Elisabeth MAILLART
Dr Elisabeth MAILLART

Médecin
Neurologie
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Neurologie
thématique(s)
Sclérose En Plaques
Mots-clés