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Consultation assistée par l’Internet : l’indispensable photoscope

Mis en ligne le 01/04/2001

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L’invention du rétroprojecteur dans les années 60 a révolutionné la pédagogie pratique en mettant à la disposition du médecin-enseignant un outil d’imagerie. Les procédés photographiques permettant d’utiliser des diapositives ont amélioré le système avec un confort et une sécurité d’utilisation tels qu’ils sont encore aujourd’hui universellement utilisés dans les congrès. L’Internet améliore la situation par sa souplesse d’utilisation et la standardisation des formats des fichiers images (gif et jpeg). Les photoscopes (1) arrivent à point nommé pour saisir l’image et assister le médecin dans l’exercice de son métier. Prenons l’exemple d’un cas clinique récent. Il se présentait sous forme d’une lésion cutanée de type angiomateux associée à une hypertension artérielle pulmonaire primaire. Il fallait consulter le centre d’excellence de l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart. Le photoscope a permis de renseigner le dossier médical en un temps record avec une précision inégalée. L’Internet a ensuite servi, dans le respect du secret médical, à transmettre le dossier à grande vitesse. Tout était bouclé dans la journée. Le photoscope prend ainsi peu à peu sa place, et le pneumologue se demande bien comment ça marche, combien ça coûte et quels sont les problèmes techniques qu’il devra résoudre pour ajouter cette corde à son arc. Qu’est-ce qu’un photoscope ? C’est tout simplement un appareil photo (1) dans lequel la pellicule “argentique” (celle qui était recouverte d’une solution à base de sels d’argent impressionnés par la lumière) est remplacée par une mosaïque de cellules photoélectriques qui enregistreront point par point la quantité de lumière reçue lors de la prise de vue. De cette définition découle la première qualité du photoscope, à savoir la taille de son capteur photoélectrique : plus ce capteur comptera de points – en informatique, on parle de “pixels”, abréviation du terme anglo-saxon “picture element” –, meilleure sera la définition de la photo. Au début des années 90, les appareils photo numériques captaient des images de moins de cent mille points en noir et blanc. La barre du mégapixel a été franchie à la fin du siècle dernier. Les photoscopes de l’an 2000 sont qualifiés à 2 mégapixels et l’on annonce déjà “le 5 mégapixels” pour l’été 2001. Qu’est-ce que ça signifie pour le médecin qui souhaite s’en servir dans sa pratique médicale courante ? La photo du cas clinique a été prise avec un appareil qualifié de “bi-mégapixel” ; elle est de 1 600 x 1 200 pixels. Chaque point lumineux est défini par un code informatique qui donne sa couleur et son intensité lumineuse sous la forme d’un combiné des trois couleurs de base rouge-vert-bleu (RVB). Chacune des trois couleurs du point est codée sur 8 positions binaires (soit un caractère de bits), ce qui lui donne 256 niveaux d’intensité différents. La combinatoire de ces trois couleurs (3 x 8 = 24 bits) donne une palette de 16 millions de couleurs différentes. Une fois transférée sur votre ordinateur, que donne cette photo ? Le rendu va dépendre de la qualité de l’écran. En 2001, tous les écrans sont en couleur et la plupart affichent 800 x 600 points, soit 480 000 pixels. Une photo à 2 mégapixels débordera donc de l’écran et, en taille normale (grossissement = 1), vous ne verrez qu’une partie de l’image. Quel est alors l’intérêt de prendre des photos avec autant de points ? Le premier bénéfice est de pouvoir découper un morceau de l’image et de l’afficher : cela revient à faire un agrandissement sans diminution de la qualité. Le second avantage est de pouvoir imprimer toute cette image avec une taille acceptable. Ce ne sera pas encore comme une bonne photo classique, mais on s’en approche petit à petit. Pour fixer les idées, on peut dire qu’une pellicule photo argentique au format 24 x 36 correspond à 90 mégapixels. Les photoscopes d’aujourd’hui sont donc encore loin de pouvoir rivaliser avec leurs ancêtres, mais ils progressent vite. La transmission des photos Il ne suffit pas d’avoir une belle image sur un photoscope ; il faut aussi savoir la transporter sur un ordinateur, voire l’envoyer par courriel à un collègue dans un délai raisonnable et sans lui faire perdre trop de sa fraîcheur. La communication entre photoscope et ordinateur s’améliore de jour en jour. Le minimum vital consiste en un câble de liaison qui s’enfiche sur l’appareil photo et le “port série” de l’ordinateur (le même que celui sur lequel se branche un modem externe). Votre appareil photo numérique aura été vendu avec un logiciel ad hoc qu’il faudra installer sur l’ordinateur et activer pour vider le photoscope de ses images. Sans être difficile, l’opération est fastidieuse. Elle est d’autant plus ennuyeuse que la capacité d’enregistrement de votre photoscope sera plus faible. Il y a à peine deux ans, il fallait vider son appareil toutes les 6 ou 7 photos ! Fort heureusement, les cartes à mémoire (de type “compact flash” par exemple) sont venues augmenter la capacité d’enregistrement des photoscopes modernes. Ces mêmes cartes à mémoire s’enfichent ensuite directement sur un mini-boîtier branché sur le nouveau “port USB” des ordinateurs et fonctionnent comme un véritable disque dur externe, sans nécessiter de logiciel spécial sur l’ordinateur. Le transfert est très rapide. La dernière étape consiste à envoyer la photo à votre collègue par l’Internet. Vous utiliserez naturellement la technique de la pièce-jointe (PJ) pour attacher le fichier image à un courriel classique expliquant bien le contenu de cette PJ (assurez votre correspondant que la PJ ne contient pas de virus) et son format pour qu’il puisse l’afficher sur sa propre machine. L’Internet vient à notre secours en standardisant de facto deux formats de fichiers (gif et jpeg). Tous les photoscopes produisent des photos au format “jpeg” que vous pourrez afficher avec les navigateurs standard du marché (Netscape ou IE). Conclusion L’appareil photo numérique et ses images sont à la portée du pneumologue, mais cela demande encore un peu de savoir-faire. Nous pourrons, dans un prochain numéro de La Lettre du Pneumologue, voir combien coûte un photoscope, faire un peu d’anatomie de l’image (comparaison d’images (2) aux formats gif, tiff, jpeg...) ou voir si graver un cédérom n’est pas une bonne alternative aux contraintes de transmission de l’Internet aujourd’hui.
Internet et bande passante
La durée de transmission d’une photo dépend de la taille du fichier-image et de la bande passante de votre connexion à l’Internet. Oublions le Minitel et ses contraintes d’escargot pour ne retenir que quelques options : le réseau téléphonique analogique standard, le câble, le réseau local d’entreprise pour les intranets à l’intérieur d’un hôpital ou d’un cabinet médical important, et les nouveaux réseaux de “TSF” (Transmission Sans Fils) dont la bande passante devrait peu à peu permettre un usage plus courant. Le tableau ci-joint permet de comparer les vitesses de transmission (bandes passantes) en fonctions des contraintes de coût et de distance.
RéseauBande passanteTemps pour transmettre une photo de 500 koPortéeUsagesTendances/ coût
Téléphone classique56 Kbps5 minutesMonde entierApprentissageGratuit
Câble/ADSL (?)400 Kbps10 secondesVille/2 kmInternet rapide 400 F/mois
Réseau local100 000 KbpsImmédiat500 mTous usagesInvestissements
TSF : GSM9,6 Kbps20 minutes5 kmPetits messages2 F/minute
TSF : WAP/GPRS28 Kbps10 minutes5 kmNiches (bourse...)2 F/minute
TSF : futur UMTS56 Kbps5 minutes5 kmInternet en 2005 ??
Ces quelques chiffres approximatifs montrent clairement que la transmission d’images sur l’Internet reste bien lente. Tous les canaux à base de cuivre (téléphone, ADSL) ont atteint leur capacité maximale tandis que la TSF n’apportera jamais de grands débits. Seule la fibre optique permettra de nous donner les bandes passantes nécessaires à la transmission des images. Le premier projet d’envergure pour équiper tout un département en fibre optique arrive à son terme dans le Rhône. Il aura fallu plus d’un milliard de francs d’investissement pour installer l’épine dorsale de ce réseau dont la bande passante devrait atteindre les 40 giga-bits-par-seconde (Gbps) en 2001, avec une capacité individuelle d’au moins 2 Mbps. Une photo de 500 ko passe en deux secondes. Pour le cinéma et ses 24 images/seconde, on est encore loin du compte.
Image ou texte : choisir son support
Un bon schéma vaut mieux qu’un long discours. Nous en sommes tous convaincus, mais les outils nous manquent souvent pour illustrer une démonstration, un propos. Une image est beaucoup plus riche qu’un simple texte. L’informatique, avec son talent de tout réduire à une série de signes binaires (on parle de “numérisation de l’information”), présente l’avantage de quantifier et peser cette information. L’unité de mesure est l’octet, c’est à dire tout groupe de huit éléments binaires utilisés pour coder l’information. Le tableau suivant permet de comparer la même information présentée en une seule page avec des outils différents :
1 page de Minitel =500 caractères
1 page de texte dactylographié=1 000 caractères
1 page de télécopie=50 000 caractères
1 photo numérique basse définition=350 000 caractères
1 page lue (1 minute de son)=500 000 caractères
1 écran de télévision en couleur=1 000 000 caractères
1 écran couleur haute définition =3 000 000 caractères
1 photo couleur standard argentique=90 000 000 caractères
Point n’est besoin d’être grand clerc pour voir la différence. Nous avons volontairement mélangé les genres dans la comparaison et simplifié les unités de mesure pour rendre plus claire la prise de poids du module élémentaire d’information au fur et à mesure qu’il devient plus riche avec de l’image, de la couleur et de la finesse d’expression.
Références Internet 1. http://www.pixelactu.com/ 2. http://www.edimark.fr/ La Lettre d’Oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale 2000 ; 252.
centre(s) d’intérêt
Pneumologie