Francophonie médicale et pédagogie francophone

Mis en ligne le 01/06/2001

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La francophonie médicale est une réalité. La formation en constitue le socle. La pneumologie est une discipline parmi les plus présentes. Comme le rappelait Philippe Godard (1), la francophonie médicale est constituée de plus de 50 pays, 200 millions d’habitants ayant “le français en partage”. Cette expression “français en partage” convient mieux que le terme “francophonie”, car francophonie sous-entend que le français est la langue officielle du pays, ce qui n’est pas le cas des 50 pays dits francophones. Cette communauté a en commun une langue d’échange, le français. Elle a surtout une culture commune, née de l’histoire. Cette culture est riche de sa diversité, car elle repose sur les racines de chaque peuple. Une fois posées ces bases, le partenariat s’inscrit dans des relations de multilatéralité, dans un ensemble de pays riches et pauvres. Nous sommes loin d’un combat linguistique entre anglais et français, combat perdu d’avance et sans intérêt. Des pays hispanophones et lusophones souhaitent adhérer à la Conférence Internationale des Doyens des Facultés de Médecine d’Expression Française. Ce n’est pas par amour de notre langue, mais parce que nous répondons à certaines de leurs attentes. Qu’attendent de nous, en priorité, les pays à faibles revenus ? Une aide pour l’enseignement des étudiants, des terrains de stage pour les spécialistes en formation, un accès à la littérature médicale et aux banques de données, une aide à la recherche. Qu’apprécient-ils chez nous ? Que nous les écoutions, tout d’abord. Ceux qui, parmi nous, ont fréquenté à un moment de leur vie les pays en développement savent ce qu’est l’isolement, a fortiori si l’on doit soigner et enseigner. En pneumologie, nous avons œuvré dans ce sens, au sein de la SPLF, de l’APP, du CHG, de l’ANTADIR et des multiples associations pneumologiques. Qu’il me soit permis de rendre hommage à toutes celles et ceux qui consacrent un peu, et parfois beaucoup, de leur temps à effectuer des missions d’enseignement, à participer à des congrès ou à des réunions thématiques, à accueillir des stagiaires, à structurer la pneumologie sur le terrain. La Société de Pneumologie est devenue un peu plus “de langue française” en réformant ses statuts, début 2001. La pneumologie “de langue française” repose sur un savoir-faire que nous avons acquis en commun, un esprit de service. Permettez-moi d’émettre un souhait : que ces actions se fassent plus encore dans un souci de multilatéralité. Sachons impliquer tous les pays du Nord, non seulement la France, mais aussi la Belgique, la Suisse, le Québec, sans oublier le Maghreb, de plus en plus présent et actif dans nos actions. Le monde change. Les pays, quel que soit leur niveau de développement, forment de mieux en mieux leurs médecins. Le volume des connaissances biomédicales double tous les vingt ans, connaissances dont la durée de vie est de plus en plus courte. Tous les pays ont besoin d’un partenariat avec les sociétés scientifiques pour adapter leur enseignement et leur pratique aux besoins locaux. Ils ont besoin de former des spécialistes de haut niveau. Parallèlement, nos services, en particulier en France, ont de moins en moins d’internes. Voilà une belle occasion de coopération. Référence bibliographique 1. Godard P. Vers une pédagogie francophone. La Lettre du Pneumologue 2001 ; IV (1) : 3-4.
centre(s) d’intérêt
Pneumologie