Dossier

Les émotions humaines peuvent-elles être discrètes ?

Mis en ligne le 07/03/2016

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  • La multiplication des possibilités de recueil des signaux physiologiques va profondément redessiner les contours de la clinique psychiatrique.
  • Les progrès des outils informatiques permettent d'envisager des modélisations du comportement du cerveau humain.

Notre modélisation du monde passe par sa description au travers de multiples variables. D'un point de vue mathématique et statistique, on en distingue 2 grands types : les variables continues pour lesquelles l'intervalle entre 2 grandeurs peut prendre une infinité de valeurs selon la précision de la méthode d'évaluation, et les variables discrètes au sein desquelles seul un nombre limité de valeurs est possible. L'exemple le plus extrême est le bit, unité de stockage informatique, dont les valeurs se limitent à 0 ou 1.

La numérisation galopante de notre environnement tend à remplacer l'infinité des intervalles continus par un nombre limité d'espaces discrets afin de les réduire à une succession de 0 et de 1, seul élément de langage compréhensible par les systèmes informatiques. Il s'agit alors d'une approximation et le nombre de valeurs discrètes retenues (l'échantillonnage) correspond à la précision de la mesure. On est ainsi passé d'un monde précis, mais impossible à appréhender dans sa totalité, à un monde approximatif, mais accessible et interprétable. L'exemple le plus marquant à cet égard en a été le passage du microsillon au CD, en 1982, et les discussions sans fin qui s'ensuivirent sur la qualité des enregistrements. L'amélioration des techniques d'échantillonnage et l'augmentation de la puissance de calcul des ordinateurs réduisent chaque jour un peu plus cet écart.

Et la psychiatrie dans tout cela ?

auteur
Dr Patrick DELBROUCK
Dr Patrick DELBROUCK

Médecin
Psychiatrie
Centre hospitalier, Saint Nazaire
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Psychiatrie
Mots-clés