Entretien / Interview

Questions / réponses

Mis en ligne le 01/02/2001

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Nous souhaitons que cette rubrique favorise les échanges. Faites-nous parvenir vos critiques, vos idées, vos questions. Les auteurs et/ou le comité de rédaction y répondront. Adressez vos courriers à : Professeur B. Combe, Fédération de rhumatologie, hôpital Lapeyronie, 371, avenue du Doyen-Gaston-Giraud, 34295 Montpellier Cedex Quel diagnostic évoquer devant l’apparition d’une tuméfaction nodulaire de la face latérale d’un doigt, de huit à dix millimètres de diamètre, ferme mais non dure, mobile par rapport aux plans profonds, parfaitement indolore, et sans aucune manifestation associée, ni antécédent de blessure locorégionale, chez une femme de 45 ans ? Quel bilan réaliser (hormis l’hypertrophie des parties molles, la radio est normale) ? Les causes des tuméfactions des parties molles des doigts sont multiples. Compte tenu de l’apparition récente de cette tuméfaction, on peut éliminer une réticulo-histiocytose multicentrique ou une tumeur fibreuse de type coussinet fibro-adipeux des phalanges, ces lésions étant présentes dès l’enfance. Le caractère unique de la lésion et l’absence de tout symptôme associé ne sont pas en faveur d’une nodulite rhumatoïde, d’un tophus goutteux ou d’une sarcoïdose. La normalité des radiographies élimine une calcinose sous-cutanée. L’absence de blessure locale va contre l’hypothèse d’une ténosynovite mycobactérienne, ou d’une synovite à piquant, bien que le traumatisme ait pu passer inaperçu. L’hypothèse d’une tumeur locale doit donc être discutée, et en premier lieu celle d’une tumeur à cellules géantes des gaines tendineuses. En effet, ces tumeurs sont de localisation digitale dans 70 à 80 % des cas, et elles représentent la première cause de tumeur digitale. Le diagnostic de certitude repose sur l’anatomopathologie. Une biopsie-exérèse de la lésion doit donc être envisagée. Cependant, un bilan morphologique préalable est nécessaire, reposant sur l’IRM, afin de préciser les contours et rapports exacts de la lésion. En effet, seule une exérèse complète permet d’éviter tout risque de récidive. T. Schaeverbeke Comment et pourquoi faut-il surveiller le foie et la pression artérielle lors d’un traitement par Arava® ? Dans les études cliniques de phase III, une élévation modérée des transaminases, dépassant rarement le double de la valeur supérieure de la normale, a été constatée. Elle survient habituellement en début de traitement et ne nécessite que très rarement l’arrêt du médicament. Ces hyper-transaminasémies sont le plus souvent transitoires, et régressent, en général, même si le traitement est poursuivi. Dans les études de phase III, la fréquence de ces élévations des transaminases est comparable sous Arava® et sous Salazopyrine® ou sous méthotrexate supplémenté par Speciafoldine®. Une élévation de la pression artérielle a été notée dans ces études plus fréquemment sous Arava® que sous placebo ou sous traitement comparateur (Salazopyrine®, méthotrexate). Cependant, il n’y a pas eu d’augmentation de nouvelles hypertensions artérielles, mais essentiellement une élévation de la pression artérielle chez les patients ayant une hypertension artérielle préexistante, traitée ou non. Sous Arava®, ces élévations de pression artérielle sont généralement modérées, mais peuvent justifier un traitement antihypertenseur. Si Arava® est efficace, elles ne nécessitent pas l’arrêt du médicament. Les recommandations officielles de l’Agence européenne et de l’Agence française sont de surveiller “régulièrement” les transaminases et la pression artérielle chez les patients prenant Arava®, ce qui est relativement flou. Personnellement, je recommande de vérifier les transaminases et la pression artérielle avant de commencer le traitement par Arava®, puis de faire un contrôle à un mois et ensuite tous les trois mois. La surveillance des transaminases peut même être encore allégée après la première année de traitement. Concernant la pression artérielle, la surveillance doit être plus stricte chez les patients ayant une HTA préexistante et elle doit être maintenue tout au long du traitement par Arava®. En effet, à la différence des autres effets secondaires dus à ce médicament, qui sont habituellement précoces (le plus souvent dans les trois premiers mois), celui-ci peut survenir à n’importe quel moment, même tardivement. B. Combe
centre(s) d’intérêt
Rhumatologie