Dossier

Prise en charge des enfants victimes d'incestes

Mis en ligne le 01/12/2011

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Il aura fallu une belle dose d’inconscience et d’entêtement pour installer dans les murs du 17, boulevard de la République à Agen, le centre d’hébergement et de prise en charge de jeunes filles victimes d’agressions sexuelles incestueuses, dénommé la «MaJB » (Maison d’accueil Jean-Bru). L’idée d’apporter une réponse spécifique à une maltraitance aussi particulière que le viol incestueux m’avait été soufflée par une amie, avocate de cour d’assises : Maître Monique Smadja.
A l’époque de la création du centre, en 1996, huit ans avant la révélation de l’affaire d’Outreau, ce fait de société était totalement tabou, il n’existait pas de modèle satisfaisant pour répondre à cette problématique.
En quinze ans, d’échecs en succès, la MaJB a acquis une expérience qui lui permet de servir de référence. Elle intervient en aval du dévoilement et de la judiciarisation ; toutes les jeunes filles accueillies sont placées sous l’autorité judiciaire et font l’objet d’une prise en charge psychoéducative sur le long terme.
Le but ultime est de replacer l’enfant dans sa parentalité, en remettant à leur place les rôles générationnels et sexuels au sein de la famille, et de donner à l’enfant la possibilité de devenir un jour lui-même « parent ». C’est pour cette tâche énorme mais essentielle à la restructuration psychique des jeunes filles, que psychiatres, psychologues, éducateurs et personnels de la maison s’engagent chaque jour.
En se dotant d’un conseil d’orientation scientifique et technique, l’Association Docteurs Bru s’est également donné pour mission d’associer les pratiques éducatives développées à la Maison d’accueil Jean-Bru à un travail de réflexion et de recherche concernant l’inceste, et ce afin de toujours améliorer l’aide apportée aux jeunes filles. Ce dossier de Médecine et Enfance est l’expression de cette réflexion.
centre(s) d’intérêt
Pédiatrie
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