Brèves

Mis en ligne le 01/02/2001

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Bilan de l’offre de soins en santé mentale Le service statistiques du ministère de la Santé a récemment effectué un “bilan de la sectorisation”. Au travers de cette étude, il s’avère que les dépressions déclarées touchent 5 % de la population. En 1997, il y a eu 56 millions de recours au système de soins, soit une augmentation de 34 % par rapport à 1992. En psychiatrie générale, la file active, c’est-à-dire le nombre de patients suivis, a augmenté de 46 % entre 1989 et 1997. Plus de 1 million de personnes sont actuellement suivies en psychiatrie. La pédopsychiatrie est confrontée à la même recrudescence, avec une augmentation de 49 % pour la même période. Parallèlement, le nombre d’infirmiers et de médecins travaillant en psychiatrie diminue régulièrement. Pour approfondir l’étude de cette situation et anticiper sur les problèmes de prise en soin qui risquent de se produire à court terme, le ministère de la Santé a mis en place trois groupes de travail respectivement consacrés à l’évolution des métiers de la santé mentale, l’organisation et le fonctionnement de l’offre de soin, l’architecture. Ces groupes doivent rendre leurs copies et recommandations en juin prochain. Enfin, les Drs Piel et Roelandt, psychiatres chargés de mission auprès de Dominique Gillot, doivent remettre un rapport au gouvernement pour le mois de juin prochain sur les perpectives à court, moyen et long termes pour la psychiatrie en France. Reste à souhaiter que ces différents travaux prennent en compte les difficultés rencontrées par les professionnels et permettent, à terme, de maintenir une qualité de soin que la population est en droit d’attendre. La profession dans la rue Plus les semaines passent, plus les soignants expriment leur mécontentement en descendant dans la rue.
  • Les IADE (infirmières anesthésistes diplômées d’État) tout d’abord, qui, le 19 janvier, se sont enchaînées aux grilles de la mairie de Paris, ont été délogées par les forces de police, mais n’en sont pas restées là et ont bloqué la circulation rue de Rivoli. Elles souhaitent une revalorisation de leur carrière et un décret de compétence spécifique.
  • Les IBODE (infirmières de bloc opératoire diplômées d’État), qui ont appelé à une journée “blocs morts” le 9 janvier, reprochant au gouvernement de ne pas tenir ses engagements.
  • Les cadres hospitaliers, qui ne désarment pas. Le 9 janvier dernier également, les cadres hospitaliers se sont rassemblés rue de Varenne, tentant d’aller vers Matignon mais ils ont été bloqués rapidement par les forces de police. Si la mobilisation en Ile-de-France tend à s’affaiblir, de nombreux collectifs locaux se constituent en régions et organisent des actions locales de plus en plus relayées par les médias comme à Vichy ou à Clermont-de-l’Oise et Nantes. Le 16 janvier, le ministère a fait les propositions suivantes :
    1. Pour les personnels infirmiers, paramédicaux et médicotechniques du cadre B :
      • “repyramidage” de CII (classement indiciaire intermédiaire) ;
      • passage en classe supérieure de 20 % du corps au lieu de 15 % actuellement ;
      • création d’un troisième grade sur l’espace libéré par le reclassement des cadres (indice 533) ouvert à 10 % de l’effectif de chaque corps professionnel.
    2. Pour les cadres :
      • confirmation de la création du CUCS (Corps unique des cadres de santé), comportant deux grades (cadre et cadre supérieur) ;
      • reclassement de tous les cadres (y compris les cadres non diplômés) dans le CUCS ;
      • maintien du premier grade en catégorie active (retraite à 55 ans), mais ce point sera soumis à un arbitrage interministériel ;
      • grille indiciaire : pour les cadres, indice 379 à 580, soit un gain de 47 points en fin de carrière (+ 1 316 F) et 8 échelons au lieu de 7 ; pour les cadres supérieurs, indice 500 à 610, soit un gain de 60 points en fin de carrière (+ 1 680 F) et 5 échelons au lieu de 7 ;
      • création de primes de responsabilité, fixes pour le premier grade, modulables pour le deuxième.
Ces propositions sont loin des attentes des cadres, et les grilles indiciaires proposées se situent bien en deçà de celles proposées par le collectif national (cadre : 540 à 810 ; cadre supérieur : 610 à 910) et certaines centrales syndicales. La menace sur le respect des filières professionnelles n’est pas levée et l’exclusion des cadres socio-éducatifs est inacceptable. Au total, l’ensemble des fédérations s’est déclaré déçu et plusieurs actions nationales ont eu lieu le 23 janvier. Devant la fin de non-recevoir systématique, la manifestation a occupé durant 2 h 30 les voies TGV en gare Montparnasse, avec le soutien des cheminots CGT et Sud Rail de la gare, qui ont refusé fermement de faire évacuer les infirmières. L’intersyndicale IADE et IBODE a décidé de mobiliser l’ensemble de la filière infirmière, de l’étudiant au cadre supérieur. Ensemble, ils ont défilé le 30 janvier et le 6 février. Modernisation du système d’information et création du GMSIH Pour être efficace, le système d’information de santé (SIS) doit intégrer le système d’information de tous les établissements de santé de France (SIH). A cet effet, a été créé le Groupement pour la Modernisation du SIH (GMSIH). La mission première du GMSIH est de définir les conditions d’une harmonisation des systèmes d’information hospitaliers et de santé. L’ensemble du système de santé est concerné avec, entre autres, la médecine de ville et l’assurance maladie. Le GMSIH est un groupement d’intérêt public (GIP) dont la convention constitutive a été approuvée par arrêté ministériel en février 2000. Il a été créé pour cinq ans. Il comprend la FEHAP, la FHF, la FIEHP, la FNCLCC, l’UHP, l’UNIOPSS. Le projet de loi sur la modernisation du système de santé devrait être débattu cette année. L’objectif du GMSIH est de développer des solutions communicantes et normalisées afin d’harmoniser les échanges. Pour le GMSIH, dont la mission est de coordonner les besoins pour adapter les solutions, le système d’information devra être reconnu par tous comme un outil décisif, être transparent et lisible par tous les acteurs de santé, être recentré sur le patient afin de se trouver en harmonie avec le Système d’information de santé (SIS) déjà lui-même conçu autour de l’assuré depuis son origine en 1997. Une campagne d’adhésion pour fédérer un plus grand nombre d’établissements sera bientôt lancée.
centre(s) d’intérêt
Médecine générale