Enquête UHRIF sur les effectifs infirmiers

Mis en ligne le 01/02/2001

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Une enquête sur les effectifs infirmiers a été réalisée par l’UHRIF (Union hospitalière de la Région Ile-de-France) auprès de ses adhérents. D’après les résultats, trois catégories d’établissements se distinguent. Ces trois types d’établissements sont les hôpitaux locaux et maisons de retraite, les centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie et les centres hospitaliers. Tous rencontrent, à différents degrés, des difficultés de recrutement infirmier ; elles sont plus marquées encore en psychiatrie et, dans les centres hospitaliers, elles concernent aussi les infirmiers spécialisés et les cadres. Le recrutement est difficile pour les hôpitaux locaux et maisons de retraite du fait de leur peu d’attractivité. Il l’est aussi à cause de la nouvelle formation exigée en ce qui concerne la psychiatrie. Dans ce dernier cas, la situation devient paradoxale car le manque d’infirmiers conduit les établissements à diminuer une partie de leurs activités, en particulier les activités extrahospitalières. Ce qui va à l’encontre des Schémas régionaux d’organisation des soins (SROS) de psychiatrie, qui encouragent le développement de ces activités extrahospitalières. Une sous-dotation en personnel qualifié est soulignée par les hôpitaux locaux, et les maisons de retraite. Cela a pour conséquence une pénurie de soignants la nuit, entraînant une sélection des demandes d’admission pour des patients moins lourds. Le recours au secteur libéral devient fréquent, et souvent indispensable, ce qui est peu compatible avec les projets de nouvelle tarification des EHPAD. Les centres hospitaliers ont été dans l’impossibilité de répondre aux demandes des pouvoirs publics en matière de remplacement de congés annuels ou de congés maladie et maternité. Ces établissements ont même diminué leur activité cet été en fermant davantage les unités et les lits dans tous les secteurs de l’hôpital. Les conséquences sur l’accueil des patients et sur la condition de travail des personnels qui sont redéployés et soumis à des horaires décalés sont pénibles. Tous les établissements soulignent que l’insuffisance de l’effectif infirmier comporte des risques dans certains services, particulièrement la nuit. La formation des élèves infirmiers stagiaires se trouve en outre compromise parce que ces derniers sont sous-encadrés, voire utilisés pour pallier certains manques. La plupart des établissements annoncent qu’ils accueilleront moins d’élèves alors que les quotas d’étudiants formés dans les IFSI sont en augmentation sensible. Des établissements, tous types confondus, ont exprimé la crainte de connaître dans un futur proche une situation aggravée, ne serait-ce que par la fuite d’infirmiers vers la province, qui recrute et offre une meilleure qualité de vie, et par la perspective des 35 heures dans la fonction publique hospitalière. Au final, il apparaît dans cette enquête que l’hôpital francilien est confronté à d’importants problèmes de ressources humaines, ce qui peut être cause de restructuration et de réorganisation du tissu sanitaire. Est-ce que le patient y gagnera dans la qualité des soins ?
centre(s) d’intérêt
Médecine générale