Histoire d’un petit chat

Mis en ligne le 01/02/2001

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C’est promis. Le PSI entre en vigueur au printemps. Les 200 infirmières libérales présentes à l’assemblée générale extraordinaire de la FNI, seul interlocuteur de la CNAM pour les 47 000 infirmiers libéraux, étaient ravies de voir leur profession “valorisée”. Ah, ce complexe vis-à-vis du médical ! Elles ont applaudi quand la ministre a dit : “Les infirmiers ne sont pas là pour nourrir le chat ou faire des mises en plis, et ce n’est pas le rôle de la sécurité sociale de financer cela”. Certes. Ferait-on l’injure aux infirmières de croire qu’elles se font rembourser des initiatives qui ne sont pas des actes infirmiers ? Donc, le médecin passera, vite, comme d’habitude. L’infirmière, “valorisée”, passera aussi, avec son soin très médicalisé sous le bras, de plus en plus vite, dans le cadre du plan de soins qu’elle a établi. Sujet de controverse et de confusion, la “toilette” est-elle un soin ou, comme le pensent certains, s’agit-il de passer un gant avec de l’eau et du savon ? Que devient le “prendre soin” ? Ce fondement même du rôle propre infirmier, voire cette raison d’être, cet atout si particulier des infirmières qui leur assure ce capital de sympathie ? N’est-il réservé qu’au système hospitalier ? Mme Guigou, également ministre de la Solidarité, a-t-elle prévu pour ce “hors technique” le personnel de remplacement et sa formation ? La personne âgée est une personne fragile. Pour surmonter ses angoisses, elle s’accroche à ce que l’on croit être du dérisoire, pourtant indispensable au maintien de sa santé : un regard, un geste, un petit chat... Mme Guigou, riche, jeune et belle, selon la formule consacrée, sait-elle qu’un vieillard, a fortiori esseulé, se soucie plus de son petit chat que de lui-même ? Que, parfois, remplir l’écuelle de ce petit chat coûte moins cher qu’un neuroleptique ? Parce que, le petit chat enfin repu, la personne âgée s’endort, enfin, tranquille.
centre(s) d’intérêt
Médecine générale