La protéomique lacrymale comme biomarqueur de la progression de la myopie chez l’enfant
D’après Gupta V et al., abstr. 2934, actualisé
Cette étude prospective observationnelle visait à comparer le profil protéique des larmes chez les enfants atteints de myopie progressive (MP) par rapport à ceux présentant une myopie non progressive (MNP). L’hypothèse repose sur le fait que le remodelage scléral et les signaux inflammatoires liés à la progression de la myopie modifient la composition du film lacrymal.
L’étude a porté sur 40 enfants (âgés de 5 à 15 ans, avec une myopie entre −1 et −8 D), répartis en 2 groupes : groupe MP (progression ≥ 0,5 D/an, n = 20) et groupe NPM (n = 20, progression < 0,5 D/an). Les 2 groupes étaient superposables concernant l’âge et la myopie (p > 0,05).
Les échantillons ont été collectés par bandelettes de Schirmer et analysés via une technique de protéomique non ciblée.
L’analyse a révélé des différences significatives entre les 2 groupes : 23 protéines ont été surexprimées dans le groupe MP (notamment la L-lactate déshydrogénase, la lactotransferrine, la prominine-1 et la thiorédoxine), tandis que 13 protéines ont été sous-exprimées dans le groupe MP (telles que la septine, l’haptoglobine et la superoxyde dismutase extracellulaire).
En conclusion, les protéines liées aux voies du stress oxydatif et à la restructuration sclérale présentent des niveaux significativement différents chez les enfants souffrant d’une progression de la myopie. Ces profils protéiques distincts pourraient servir de biomarqueurs potentiels pour identifier la progression de la myopie. À terme, cette découverte pourrait faciliter le dépistage précoce, affiner le pronostic et permettre une gestion personnalisée de la myopie chez l’enfant.






