Quels biomarqueurs OCT prédisent la réponse anatomique au faricimab dans la DMLA néovasculaire ?
D’après Corradetti G. et al., abstr. 241-0821, actualisé
Dans la DMLA néovasculaire, la variabilité de réponse aux anti-VEGF reste un défi majeur. Dans une analyse rétrospective multicentrique de la cohorte TRUCKEE, l’équipe de S. Sadda s’est intéressée aux biomarqueurs OCT à l’inclusion capables de prédire la réponse anatomique après trois injections de faricimab.
L’étude a inclus des yeux naïfs et préalablement traités, disposant d’OCT de bonne qualité et d’une quantification volumique automatisée par NOA® (Notal OCT Analyzer®) des fluides sous-rétinien (SRF), intrarétinien (IRF), total (TRF) et des décollements de l’épithélium pigmentaire (DEP). 15 biomarqueurs OCT de départ ont été analysés, incluant notamment la morphologie des DEP, l’intégrité des couches rétiniennes externes, ou de la membrane épirétinienne (ERM). Seuls les yeux avec un TRF > 10 nL et des données complètes des biomarqueurs ont été retenus, aboutissant à 115 yeux (naïfs et prétraités) analysés.
À l’échelle de la cohorte, le volume de fluide de départ apparaît comme l’un des déterminants majeurs de la réponse : des volumes initiaux plus élevés de SRF et d’IRF sont associés à une réduction plus marquée de TRF, SRF et IRF après 3 injections. La morphologie des DEP joue également un rôle clé : des DEP plus hauts prédisent une moins bonne résorption du TRF et du SRF.

Parmi les autres biomarqueurs structurels, l’altération de la couche de l’épithélium pigmentaire rétinien prédisait la persistance de l’IRF, suggérant une composante dégénérative au fluide résiduel. La présence d’une ERM semble également limiter la réponse anatomique, avec une réduction moins importante des volumes de TRF, IRF et DEP.
Au-delà de la simple présence de fluide, cette étude souligne que la réponse anatomique au faricimab est conditionnée par une combinaison de charge exsudative initiale et de biomarqueurs OCT structurels, en particulier la morphologie des DEP, l’intégrité des couches externes et de l’épithélium pigmentaire, ou la présence d’ERM. L’intégration de ces paramètres quantitatifs pourrait affiner la stratification des patients atteints de DMLA néovasculaire et aider à identifier ceux à haut risque de fluide persistant malgré un traitement intensif.






