Ibrutinib + vénétoclax, une stratégie orale à l’efficacité durable, même chez les patients à haut risque
D’après Wierda W et al., abstr. S156, actualisé
L’étude de phase II CAPTIVATE, après près de 6 ans de suivi (68,9 mois), confirme l’efficacité durable de l’association orale ibrutinib + vénétoclax (Ibr + Ven) en 1re ligne dans la LLC/LL chez des patients âgés de moins de 70 ans.
Dans les cohortes à durée fixe et MRD (placebo), 202 patients ont reçu 3 cycles d’ibrutinib, puis 12 cycles d’Ibr + Ven. Résultats : une survie sans progression (SSP) à 5,5 ans de 66 %, et une survie globale (SG) de 97 % (figure). Même chez les patients à haut risque génétique (délétion 17p, TP53 muté, IGHV non muté), la SSP reste cliniquement significative (36-55 %).

L’obtention d’une maladie résiduelle minimale indétectable (MRD inférieure à 10⁻⁴) en fin de traitement dans le sang périphérique était un facteur prédictif fort de réponse prolongée (SSP à 5,5 ans : 75 % versus 47 % en cas de MRD détectable).
À 5,5 ans, 73 % des patients n’avaient toujours pas nécessité d'un traitement de 2e ligne. En cas de rechute, le retraitement par ibrutinib seul ou en combinaison avec le vénétoclax restait efficace, avec des taux de réponse globale de 76 % et 82 %, et des taux de SSP/SG à 1-2 ans supérieurs à 90 %. Aucun profil de résistance acquis majeur (mutations BTK ou PLCG2) n’a été observé.
En conclusion, Ibr + Ven offre une option de 1re ligne entièrement orale, sans chimiothérapie, avec une efficacité durable, y compris en cas de facteurs de mauvais pronostic. La possibilité d’un retraitement efficace en fait une stratégie robuste à long terme.







