Organoïdes et microfluidiques : un nouveau regard sur la dégénérescence des cellules ganglionnaires
D’après Meyer JS et al., communication orale 10, actualisé
Comment mieux reproduire les maladies rétiniennes humaines en laboratoire ?
Jason S. Meyer a présenté des modèles de nouvelle génération associant organoïdes rétiniens dérivés de cellules souches pluripotentes induites (iPS) et des plateformes microfluidiques, capables de reproduire avec une finesse inédite la biologie des cellules ganglionnaires rétiniennes (RGC).
Les RGC sont isolées à partir d’organoïdes de rétine, puis intégrées dans des dispositifs microfluidiques permettant de séparer physiquement le soma des axones. Cette approche offre un accès direct à l’étude du transport axonal, un mécanisme précocement altéré dans le glaucome. Les chercheurs ont notamment suivi la motilité mitochondriale le long des axones, utilisée ici comme marqueur du flux axoplasmique, afin de caractériser les anomalies observées dans certains modèles de maladies génétiques du nerf optique ou dans le glaucome.
Autre avancée marquante : une plateforme microfluidique distinguant les segments proximaux et distaux des axones permet de reproduire des agressions inflammatoires localisées. L’exposition d’astrocytes activés au compartiment proximal entraîne une rétraction des axones distaux, illustrant l’impact majeur des interactions neurogliales sur la survie des RGC.
Au-delà du glaucome, ces modèles ouvrent la voie à une modélisation plus fidèle des neuropathies optiques humaines. L’introduction de mutations pathogènes directement dans les cellules iPS pourrait également permettre le développement de modèles personnalisés et de futurs outils de criblage thérapeutique.
En combinant organoïdes humains et plateformes microfluidiques, ces technologies franchissent un cap dans la modélisation des maladies rétiniennes et du nerf optique et pourraient accélérer l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.






