Ropeginterféron : une victoire sans appel dans la thrombocythémie essentielle
D’après Gill H et al., abstr. S102, actualisé
Les Français ont été pionniers dans l'utilisation de l'interféron dans les néoplasies myéloprolifératives Philadelphie négatives (NMP). Même si la France n’a pas donné de prix de remboursement du ropeginterféron alfa-2b (R-IFN), ce traitement a obtenu une AMM pour le traitement de 2e ligne des polyglobulies de Vaquez. Aujourd’hui, nous avons eu la présentation des résultats de l’étude de phase III SURPASS ET qui s'est adressée à 174 patients atteints d'une thrombocytémie essentielle de haut risque résistants ou intolérants à l'hydroxyurée (HU). Elle randomisait un traitement par R-IFN, la molécule chinoise, contre l’anagrelide. Le critère de jugement principal composite était le taux de réponses à 9 et à 12 mois selon les critères ELN modifiés qui prennent en considération le chiffre de plaquettes, les symptômes et les événements thrombotiques ou hémorragiques. La médiane d’âge des patients est de 61 ans et la proportion d’intolérants à l’HU est de 50 %. L’étude est positive avec 42,9 % de patients répondeurs sous R-IFN versus 6 % avec l’anagrelide. Les réponses par critères sont détaillées dans la figure 1. Le résultat le plus intéressant concerne les réponses moléculaires qui ne sont obtenues que chez les patients traités par R-IFN qu’ils soient mutés JAK2V617F ou CALR (figure 2). Le profil de tolérance du R-IFN est favorable avec un taux d’événements indésirables de grade ≥ 3 de 23,1 % versus 33,8 % pour l’anagrelide. Il n’y a que 5,5 % d’arrêt du R-IFN contre 20 % avec l’anagrelide. Une nouvelle démonstration de l’intérêt de l’interféron dans les NMP.









