Dossier

Mutations de BRAF et voie des MAP-kinases dans les histiocytoses : détection et intérêt clinique

Mis en ligne le 02/06/2017

Auteurs : S. Héritier, J. Donadieu, J.F. Émile

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» L'identification de la mutation somatique récurrente BRAF V600E dans l'histiocytose langerhansienne (HCL) puis la maladie d'Erdheim-Chester (MEC) a marqué ces dernières années un tournant dans la compréhension de ces histiocytoses, maintenant considérées comme des néoplasies myéloïdes inflammatoires. Par la suite a été confirmée l'implication de l'activation constitutive de la voie des MAP-kinases pour ces 2 histiocytoses, avec la découverte de mutations activatrices sur d'autres kinases de cette voie, en particulier sur MAP2K1 . Le rôle pilote de ces mutations a été confirmé par l'efficacité des thérapies ciblées dont les modalités d'administration sont en cours d'investigation. Enfin, le statut mutationnel BRAF V600E représente un marqueur pronostique pour les HCL de l'enfant, et sa détection dans l'ADN libre circulant et/ou les précurseurs sanguins et médullaires constitue pour l'HCL et la MEC un biomarqueur pertinent que des études à venir permettront de préciser.

Les histiocytoses sont des pathologies liées à l'accumulation anormale des cellules du système des phagocytes mononucléés (cellules dendritiques, monocytes et macrophages). La classification des histiocytoses a récemment été revue (1), catégorisant ces pathologies en 5 groupes : le groupe “L” comprenant histiocytose à cellules de Langerhans (HCL), maladie d'Erdheim-Chester (MEC) et formes extracutanées de xanthogranulomatose juvénile ; le groupe “C” comprenant essentiellement les xanthogranulomes cutanées ; le groupe “R” comprenant la maladie de Rosai-Dorfman ; le groupe “M”, des histiocytoses malignes ; et le groupe “H” des lymphohistiocytoses familiales et syndrome d'activation macrophagique.

Les raisons de cette accumulation anormale d'histiocytes, en dehors des groupes “M” (néoplasie maligne) et “H” (défaut de lymphocytotoxicité), étaient inconnues. Depuis peu, grâce aux progrès du séquençage génomique, les histiocytoses du groupe “L” (HCL et MEC) sont considérées comme des néoplasies myéloïdes inflammatoires depuis la découverte de mutations somatiques récurrentes dans la voie des MAP-kinases, en particulier BRAF V600E (2) . Outre l'off re d'une classification moléculaire de ces pathologies, ces nouvelles connaissances ont ouvert la voie à des applications dans la prise en charge des patients atteints d'HCL et de MEC.

Liens d'interêts

S. Héritier et les coauteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteurs
Dr Sebastien HÉRITIER

Médecin, Pédiatrie, Hôpital Armand-Trousseau, AP-HP, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Jean DONADIEU

Médecin, Pédiatrie, Hôpital Armand-Trousseau, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr Jean-François ÉMILE

Médecin, Anatomie et cytologie pathologiques, Hôpital Ambroise Paré, AP-HP, Boulogne, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Onco-théranostic,
Pédiatrie
Mots-clés