Revue de presse (RDP)/Actualités Recherche

Suppression androgénique néoadjuvante avec hormonothérapie de nouvelle génération avant prostatectomie dans les cancers à haut risque

Mis en ligne le 30/06/2019

Auteurs : P. Beuzeboc

Lire l'article complet (pdf / 137,45 Ko)

Il n'y a pas de place reconnue pour une hormonothérapie néoadjuvante par suppression androgénique avant une prosta­tectomie. Les recommandations internationales et nationales sont claires sur le sujet, les méta-analyses des essais n'ayant montré aucun avantage en survie (1).

Quel est l'impact d'une suppression intense de la voie du récepteur des androgènes dans les cancers de la prostate localisés à haut risque (score de Gleason ≥ 7 sur les biopsies, PSA ≥ 20 ng/ml, ou T3) ?

McKay et al. (2) ont évalué dans une étude de phase II randomisée (2 :1) un traitement par enzalutamide combiné au leuprolide avec ou sans acétate d'abiratérone dans 75 cancers localement avancés. En cas d'adénopathies pelviennes, celles-ci devaient mesurer moins de 20 mm.

Les résultats préliminaires de cette étude néoadjuvante comparant abiratérone + enzalutamide + agoniste de la LH (n = 50) à enzalutamide + agoniste de LH-RH (n = 25) ont retrouvé dans le premier groupe 10 % de pCR et 20 % de MRD (Minimal Residual Disease < 5 mm) (30 % au total) et dans le second, 8 % de pCR et 8 % de MRD (16 % au total).

Les taux de ypT3, de marges positives, de N+ étaient similaires dans les 2 bras.

Les tumeurs ERG+ avec perte de PTEN étaient associées à des tumeurs résiduelles étendues sur la pièce de prostatectomie.

Le taux de récidive biologique à 3 ans était de 30 % (versus 50 % attendus avec le nomogramme du MSKCC). Il n'a pas été constaté de récidive biologique en cas de downstaging (n = 10 ; 14 %) ou de pCR/MRD (n = 11 ; 15,7 %).

La traitement a été bien toléré. Le temps médian pour recouvrer une testostéronémie normale était de 4 mois (IC95 : 3,4-4,9 mois).

Il est nécessaire d'attendre les données à long terme pour apprécier l'impact dans le temps sur le taux de récidive.

Commentaire

Une étude de phase III est en cours comparant abiratérone + ARN509 + leuprolide versus abiratérone + leuprolide avant prostatectomie à une prostatectomie seule. L'objectif principal est la survie sans métastase à 5 ans.

Références

1. Rozet F et al. Recommandations françaises du Comité de ­cancérologie de l’AFU – Actualisation 2018-2020 : cancer de la prostate. Prog Urol 2018;28(12S):S79-S130.

2. McKay RR et al. Evaluation of intense androgen deprivation before prostatectomy: a randomized phase II trial of enzalutamide and leuprolide with or without abiraterone. J Clin Oncol 2019;37(11):923-31.

Liens d'interêts

P. Beuzeboc n’a pas précisé ses éventuels liens d’intérêts.

auteur
Dr Philippe BEUZEBOC
Dr Philippe BEUZEBOC

Médecin
Radiothérapie
Hôpital Foch, Suresnes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie urologie,
Urologie
thématique(s)
Prostate