Mise au point

Troubles psychotiques et cannabis : les messages à délivrer

Mis en ligne le 02/01/2017

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L'usage de cannabis est très répandu en France, notamment dans des populations jeunes, par ailleurs plus vulnérables au risque de développer des troubles psychotiques. Cet article a pour but de synthétiser les informations de la littérature concernant les liens entre cannabis et troubles psychotiques. Si plusieurs études ont désormais montré que l'usage de cannabis peut générer des symptômes psychotiques isolés, on doit surveiller, comme un premier épisode, un trouble psychotique persistant au-delà des effets induits par le cannabis.

Le cannabis est un facteur de risque établi de troubles psychotiques chroniques, certes, parmi d'autres et d'effet modeste, mais il est significativement majoré par le jeune âge de début, la durée totale et la quantité des consommations. Il est également fortement accru par la présence d'antécédents de violence et de troubles psychotiques familiaux et par certains variants génétiques. De plus, chez les patients qui souffrent déjà d'un trouble psychotique, l'usage de cannabis en augmente les symptômes positifs et en altère le pronostic. Enfin, si ce risque est bien démontré, il ne doit pas occulter la nécessité de délivrer d'autres messages de prévention quant aux dommages physiques liés à cet usage.

Les informations disponibles à propos des liens potentiels entre usage de cannabis et développement d'un trouble psychotique sont nombreuses et parfois contradictoires. Dans ce contexte, confus pour le grand public, il est important que les professionnels de l'addictologie puissent délivrer un message clair. Il ne s'agit pas ici d'être inutilement alarmiste ou de banaliser de potentiels dommages, mais de donner une information compréhensible et ciblée. Nous proposons donc de réunir les principales informations actuellement disponibles dans la littérature à ce sujet : après avoir situé le contexte de l'usage en France, nous déclinons les arguments trouvés concernant les symptômes psychotiques liés à une intoxication aiguë au cannabis et persistants après usage, la modification du risque de schizophrénie et les dommages pour les personnes qui en souffrent.

Liens d'interêts

V. Laprévote déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

auteur
Dr Vincent LAPRÉVOTE

Médecin
Psychiatrie
Maison des addictions, CHRU, Nancy
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Addictologie,
Psychiatrie
thématique(s)
Schizophrénie,
Toxicomanie
Mots-clés