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Dossier : Médicaments et allaitement maternel : quels sont les risques ?

Mis en ligne le 24/11/2015

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L'utilisation des médicaments au cours de l'allaitement maternel est une question fréquente qui nécessite une évaluation individualisée des risques, prenant en compte les caractéristiques pharmacocinétiques du médicament, son profil de tolérance mais également les spécificités du traitement maternel, de l'enfant et de l'allaitement lui-même.

Peu de médicaments présentent des risques avérés pour l'enfant allaité et, dans la majorité des cas, il est possible de concilier allaitement et traitement maternel moyennant l'adaptation des thérapeutiques et la surveillance de l'enfant.

La sollicitation d'avis spécialisés permet d'obtenir cette réponse individualisée et de contribuer à l'amélioration des connaissances en acceptant de participer au suivi clinique des patientes et de leurs enfants.

En France, chaque année, un peu plus de 800 000 enfants naissent. Selon les résultats de l'étude Épifane, un allaitement maternel est initié chez près de 70 % de ces enfants (soit 560 000), et un peu plus de 54 % (soit environ 430 000 par an) sont toujours allaités à 1 mois de vie. Peu d'études s'intéressent à l'utilisation des médicaments chez les femmes qui allaitent et, pourtant, les quelques données existantes montrent que le niveau d'exposition de cette population est élevé, compris entre 66 et 96 %. Malgré l'existence de recommandations européennes sur l'évaluation du risque des médicaments au cours de la grossesse et de l'allaitement, une étude récente montre que plus de 90 % des résumés des caractéristiques du produit (RCP) des médicaments comportent des restrictions d'utilisation non argumentées vis-à-vis de l'allaitement. Les conséquences sont multiples, incluant un arrêt ou une non-initiation de l'allaitement en raison de la prise d'un médicament, mais également un arrêt ou une non-instauration de traitement par la mère afin de poursuivre l'allaitement comme cela a été rapporté par plus de 20 % des femmes interrogées dans l'étude de E. Schirm et al. Le manque d'information sur la sécurité des médicaments au cours de l'allaitement est donc à la fois un frein à l'allaitement maternel et un obstacle à une prise en charge médicale optimale des mères allaitantes, alors même que l'expérience montre que la mère peut poursuivre l'allaitement tout en étant traitée efficacement. Nous nous proposons de faire un point sur les risques avérés des médicaments pour l'enfant allaité, puis d'aborder les fondements de l'évaluation du risque à partir de l'exemple de la lamotrigine.

auteur
Dr Aurore GOURAUD

Médecin
Pharmacologie
Centre de pharmacovigilance, centre antipoison, hospices civils de Lyon, Lyon
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Gynécologie et obstétrique,
Pharmacologie
thématique(s)
Obstétrique,
Pharmacovigilance
Mots-clés