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Mis en ligne le 16/02/2017

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2 décembre 1805. Napoléon, ses grognards, ses canons, ses ruses, son épilepsie et ses colères, arrivés depuis peu dans la région de Brno en Moravie, se déploient vers 10 heures du matin, dans la brume, des cris, des explosions, des hourras, des râles, des grouillis de chairs fumantes, des éclairs d'acier, dans le sifflement des trompettes de l'Apocalypse, les roulements de tambour de la fin du monde… À 16 heures, tout est consommé, la bataille d'Austerlitz est gagnée.

Trente ans plus tard, dans un paysage de paradis terrestre, à une dizaine de lieues de l'enfer impérial, Anton Mendel, dans son verger tranquille aux branches parfumées de fleurs blanches, enseigne à son fils Johann l'art de l'ente, la pratique raisonnée de la greffe. Lui raconte-t-il ses souvenirs de guerre, lui qui vient de quitter l'armée ? Peut-être. A-t-il affronté l'Ogre corse aux grands bottes le 2 décembre 1805 ? Sans doute… L'humain, quelle brute ! Johann ne portera jamais le sabre ou la dague sur les champs de bataille, mais la serpette et le greffoir dans la paix végétale. Où ? Eh bien, sur les lieux mêmes où l'Aigle ou l'Usurpateur – c'est selon – prétendit conquérir le monde : à Brno – Brünn en ce temps-là –, dans le monastère Saint-Thomas.

auteur
M Jean-Joseph JULAUD

Professeur de français ; auteur de romans, nouvelles, livres pratiques et essais, Paris
France
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