Avant-propos Dossier

Actualités sur les cancers digestifs

Mis en ligne le 30/04/2019

Auteurs : Thomas Aparicio

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La prise en charge des cancers digestifs est en perpétuelle évolution. Ces cancers restent parmi les plus fréquents. Le cancer colorectal est encore trop souvent diagnostiqué à un stade avancé. Cette situation n'évoluera pas tant que la participation au dépistage n'aura pas augmenté significativement. L'incidence du cancer du pancréas croît régulièrement et le pronostic reste sombre, même si des progrès sont constatés grâce à l'intensification de la chimiothérapie adjuvante (1). L'incidence des cancers primitifs du foie est également en hausse
du fait de la persistance des facteurs étiologiques (hépatites virales, syndrome métabolique, mais avant tout consommation excessive d'alcool). Une amélioration de la survie est constatée ces dernières années.

Les études évaluant l'efficacité des thérapies ciblées dans le traitement des cancers digestifs sont nombreuses. Les anticorps monoclonaux antiangiogéniques et anti-EGFR (Epidermal Growth Factor) sont des traitements de référence pour les cancers colorectaux métastatiques, et les stratégies d'utilisation s'affinent (choix de la thérapeutique ciblée, ordre d'utilisation, association à une trichimiothérapie, réintroduction des anti-EGFR). Dans les autres localisations, l'apport des thérapies ciblées reste décevant. La possibilité de choisir la thérapie ciblée la plus adaptée grâce au phénotypage moléculaire tumoral est une perspective encourageante, mais l'efficacité de cette stratégie doit être démontrée par des études à grande échelle.

L'immunothérapie suscite beaucoup d'espoir. Les inhibiteurs de point de contrôle immunitaire ont montré une très grande efficacité dans le traitement des tumeurs présentant une instabilité microsatellitaire. Mais ces tumeurs sont rares au stade métastatique. Des résultats encourageants sont observés pour le traitement des carcinomes hépatocellulaires et des adénocarcinomes gastriques, mais les facteurs prédictifs d'efficacité de l'immunothérapie doivent être affinés afin de mieux sélectionner les patients.

Les progrès ne se limitent pas aux nouveaux traitements, mais sont également importants en chirurgie avec le développement des concepts de préhabilitation et de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC). L'objectif est de diminuer la morbidité opératoire et de permettre une récupération postopératoire plus rapide du patient. D'autres innovations technologiques au bloc opératoire sont attendues dans les années à venir.

L'imagerie n'est pas en reste, avec l'utilisation de plus en plus large de l'IRM pour la détection des métastases hépatiques et le bilan des cancers du rectum. Des facteurs prédictifs de réponse aux traitements par chimiothérapie associée à une thérapie ciblée issue de l'analyse d'image seront bientôt disponibles. L'évaluation précoce par TEP/TDM pourra peut-être aider à décider d'un changement précoce de stratégie thérapeutique dans les cancers colorectaux métastatiques. Les examens de fusion TEP/IRM pourraient permettre une évaluation plus précise de l'extension et de la réponse au traitement néoadjuvant des cancers du rectum et du pancréas.

L'oncologie digestive est un aspect de la gastroentérologie passionnant, en évolution permanente.

Bonne lecture !

Références

1. Conroy T et al. FOLFIRINOX or gemcitabine as adjuvant therapy for pancreatic cancer. N Engl J Med 2018;379(25):2395-406.

Liens d'interêts

T. Aparicio déclare avoir des liens d’intérêts avec Roche, Ispen, Léo pharma, Amgen, BMS, Servier, Halio DX, Hospira, Bayer.

auteur
Pr Thomas APARICIO
Pr Thomas APARICIO

Médecin
Gastro-entérologie et hépatologie
Hôpital Saint-Louis (AP-HP), Bobigny
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie digestif,
Hépatologie,
Gastroentérologie