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Cancers gastriques : quelle hétérogénéité ?

Mis en ligne le 09/11/2016

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Longtemps, les cancers gastriques ont été considérés comme une maladie unique, l'adénocarcinome. Un premier niveau d'hétérogénéité de ces cancers a été mis en évidence avec la classification histologique de Lauren. Bien qu'ayant une valeur pronostique et peut-être un impact sur la  chimiosensibilité, cette classification n'a pas d'influence sur la prise en charge des patients à l'heure actuelle. Il y a quelques années, l'identification d'un sous-groupe de cancers gastriques surexprimant HER2, de mauvais pronostic mais surtout sensible à l'anticorps anti-HER2 trastuzumab, a permis de franchir une étape dans la personnalisation du traitement de ce cancer. Plus récemment, le développement de nouveaux outils d'analyse moléculaire “haut débit” a permis d'établir une classification moléculaire des cancers gastriques comprenant 4 sous-types : les tumeurs positives pour le virus Epstein-Barr ; avec instabilité des microsatellites ; à génome stable ; et avec instabilité chromosomique. L'impact pronostique et thérapeutique de cette classification reste à démontrer, mais elle ouvre une voie vers une nouvelle approche pour le développement des thérapies ciblées.

Très longtemps, les cancers gastriques n'ont formé qu'une seule entité, les adénocarcinomes, au sein de laquelle la seule hétérogénéité reconnue concernait le grade tumoral de différenciation (G1 : bien différencié, G2 : moyennement différencié, G3 : peu différencié). Cette hétérogénéité anatomopathologique n'avait aucun impact sur le traitement de ces cancers. Par la suite, au fil du temps et grâce à l'amélioration de l'analyse anatomopathologique et des techniques de biologie moléculaire, plusieurs étapes ont été franchies. Celles-ci ont permis de mieux appréhender l'hétérogénéité anatomopathologique et moléculaire des cancers gastriques afin d'identifier différents sous-groupes de tumeurs en fonction de leur pronostic, mais aussi dans le but de proposer un traitement adapté selon le profil tumoral.

Liens d'interêts

A. Lièvre déclare avoir des liens d’intérêts avec Roche, Amgen, Merck, Lilly, Novartis (honoraires).

auteur
Pr Astrid LIEVRE
Pr Astrid LIEVRE

Médecin
Gastro-entérologie et hépatologie
CHU Pontchaillou, Rennes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie,
Hépatologie,
Oncologie digestif
Mots-clés