Editorial

La pancréatologie au cœur de notre spécialité

Mis en ligne le

Mis à jour le 18/04/2017

Auteurs : Vinciane Rebours

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Chers lectrices, cher lecteurs, chers collègues,

Nous vous proposons ce mois-ci un numéro de La lettre de l'hépato-gastroentérologue dont le dossier est dédié aux maladies du pancréas. Cet organe, synonyme d'angoisse pour les patients (et parfois pour les médecins !), reste encore mal connu malgré des avancées majeures depuis la dernière décennie. Les maladies sont le plus souvent graves et les thérapeutiques limitées.

Les maladies du pancréas, inflammatoires et tumorales, sont très fréquentes et tout gastroentérologue est (ou sera) confronté à la prise en charge de lésions kystiques, de cancers exocrines, de pancréatites, etc.

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Chers lectrices, cher lecteurs, chers collègues,

Nous vous proposons ce mois-ci un numéro de La lettre de l'hépato-gastroentérologue dont le dossier est dédié aux maladies du pancréas. Cet organe, synonyme d'angoisse pour les patients (et parfois pour les médecins !), reste encore mal connu malgré des avancées majeures depuis la dernière décennie. Les maladies sont le plus souvent graves et les thérapeutiques limitées.

Les maladies du pancréas, inflammatoires et tumorales, sont très fréquentes et tout gastroentérologue est (ou sera) confronté à la prise en charge de lésions kystiques, de cancers exocrines, de pancréatites, etc.

Le cancer du pancréas est devenu une source majeure d'inquiétude en raison de son incidence galopante dans les pays occidentaux. En France, elle a doublé en 6 ans et nous sommes passés de 6 000 à 12 000 nouveaux cas entre 2006 et 2012. Les projections en Europe et aux États-Unis estiment un nouveau doublement du nombre de cas d'ici à 2030. Il sera alors la deuxième cause de mortalité par cancer, tous cancers confondus (juste derrière celui du poumon). Les raisons d'une telle augmentation ne sont pas connues, mais le tabac, le diabète, l'obésité, la pancréatite chronique et certains facteurs génétiques constituent des facteurs
de risque démontrés. Cependant, les facteurs environnementaux (pollution, pesticides, etc.) et épigénétiques sont encore peu explorés et de grandes enquêtes épidémiologiques sont nécessaires et attendues. Cette année, l'Institut national du cancer dirige un PAIR (programme d'actions intégrées de recherche) sur le cancer du pancréas. Toutes les thématiques de recherche sont couvertes par l'appel d'offre :
épidémiologie, traitement, diagnostic, soins, etc. Il faut se mobiliser. Dans notre dossier spécial pancréas, vous trouverez un état des lieux des traitements préconisés en 2017 et les avancées attendues à court terme.

Les meilleures accessibilité et performance des outils diagnostiques d'imagerie nous confrontent à un nombre croissant de consultations pour découverte fortuite de lésions kystiques du pancréas et, notamment, suspicion de TIPMP (tumeur intracanalaire papillaire et mucineuse du pancréas). La littérature rapporte une prévalence élevée. Après 60 ans, environ 15 % de la population pourraient avoir une TIPMP des canaux secondaires, lésion précancéreuse. Seule une très faible partie des patients présenteront des lésions évolutives et éventuellement invasives. Cependant, par manque de données scientifiques suffisantes, un suivi est toujours et encore recommandé pour tous les patients. En effet, il n'existe pas d'outils diagnostiques fiables du grade de dysplasie ; le pronostic du cancer du pancréas reste catastrophique et nous ne connaissons pas de marqueurs qui pourrraient nous permettre de cibler la sous-population des TIPMP qui évolueront vers le cancer. Ce suivi est coûteux, potentiellement invasif (en cas d'usage répété de l'échoendoscopie nécessitant une anesthésie générale) et imparfait (développement de cancer d'intervalle entre 2 examens de surveillance). Heureusement les travaux sont multiples et les connaissances évoluent vite. Il est vraisemblable que les recommandations retenues en 2017 évolueront
dans un avenir proche.

Dans ce numéro, vous pourrez lire également un article sur les traitements disponibles pour la prise en charge des tumeurs neuroendocrines pancréatiques. L'arsenal thérapeutique est maintenant très large, et il est souvent difficile de faire le meilleur choix stratégique. Il est primordial de discuter ces dossiers en réunions de concertation pluridisciplinaire spécifique (réseau RENATEN). C'est aussi le meilleur moyen de colliger les données relatives à ces tumeurs plus rares et de faire des études de recherche clinique. Les patients doivent être inclus dans des protocoles thérapeutiques.

Enfin, vous pourrez lire une mise au point sur les traitements endoscopiques des pancréatites nécrosantes. La pancréatite aiguë est la première cause d'hospitalisation en gastroentérologie. La nécrose pancréatique, survenant dans environ 15 % des cas, est une des complications principales, responsable d'une grande partie de la mortalité par pancréatite. L'intérêt du traitement endoscopique dans la prise
en charge de la nécrose infectée est désormais bien établi, y compris par rapport à la chirurgie. Le débat actuel concerne principalement les modalités de drainage : type de prothèse, combinaison des voies internes et percutanées, etc.

Il est certain que dans un avenir proche ce petit organe fera encore beaucoup parler de lui.

Bonne lecture !

Liens d'interêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Vinciane REBOURS

Médecin
Gastro-entérologie et hépatologie
Hôpital Beaujon, Clichy
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie,
Hépatologie,
Oncologie digestif
Mots-clés