Dossier

Prise en charge postopératoire de la maladie de Crohn

Mis en ligne le 31/08/2018

Mis à jour le 22/09/2018

Auteurs : Pauline Rivière, David Laharie

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  • Sur 10 malades, 7 développeront des lésions endoscopiques dans la première année après une résection iléocolique pour maladie de Crohn.
  • Les traitements aspécifiques que sont le lopéramide et la colestyramine améliorent le résultat fonctionnel postopératoire.
  • L'intensité des lésions endoscopiques au niveau de l'anastomose et du néo-iléon terminal évaluée selon le score de Rutgeerts, 6 mois après la chirurgie, permet de prédire le risque de récidive clinique.
  • Attendre les résultats de l'iléoendoscopie à 6 mois pour introduire un traitement en fonction des lésions observées n'augmente pas le risque de récidive clinique.

La prise en charge de la maladie de Crohn (MC) a connu des avancées majeures depuis les années 2000 avec l'arrivée des anticorps monoclonaux ciblant le Tumor Necrosis Factor (anti-TNF) puis des nouvelles biothérapies. Selon le registre national suédois, le taux de première chirurgie pour MC à 5 ans a diminué au cours des 20 dernières années, passant de 30 % à un peu plus de 10 % (1). Il demeure des indications de chirurgie indiscutables que sont les formes iléocæcales compliquées de sténose ou de fistule. L'essai randomisé LIR!C a récemment montré qu'une prise en charge d'emblée chirurgicale des formes inflammatoires pures était possible, et obtenait des résultats équivalents aux traitements anti-TNF sur la qualité de vie (2).

Si la chirurgie conserve toujours une place importante dans la prise en charge de la MC, elle n'est pas un traitement curatif de la maladie, et la récidive postopératoire (RPO) est fréquente, concernant la quasi-totalité des patients (3). Comme l'ont décrit Paul Rutgeerts et son équipe il y a plus de 20 ans, les lésions endoscopiques situées au niveau de l'anastomose ou du néo-iléon terminal précèdent les symptômes (4) ; leur sévérité annonce le délai de survenue de la récidive clinique (3). Il faut ainsi avoir à l'esprit que dans l'année qui suit une résection iléocolique (RIC), 70 à 90 % des patients auront des lésions endoscopiques significatives, et 30 %, une récidive clinique (3, 4). La prévention et le traitement de la RPO ont donc pour objectif d'intervenir sur cette histoire naturelle de la RPO de MC, afin de limiter les résections répétées et, à terme, le risque ultime d'évolution vers un syndrome du grêle court (5).

Dans cet article, il sera question des traitements aspécifiques des symptômes pouvant survenir après une RIC, puis de l'état actuel des connaissances concernant l'histoire naturelle et les modalités de prévention et de prise en charge de la RPO dans la MC.

Diarrhée postopératoire : traitements non spécifiques

Une RIC occasionne des séquelles fonctionnelles à type de diarrhée chronique chez environ 1 patient sur 3, sans qu'il y ait alors la moindre lésion inflammatoire (6). Sa physiopathologie est multifactorielle : malabsorption des acides biliaires, perte du frein iléal, pullulation microbienne, troubles fonctionnels intestinaux secondaires.

Les acides biliaires, qui ne sont plus absorbés dans l'iléon terminal en cas de RIC, exercent un effet laxatif osmotique sur la muqueuse colique (7). La malabsorption des acides biliaires concerne la majorité des patients opérés pour une MC (8). Les chélateurs des acides biliaires, tels que la colestyramine, sont alors très efficaces, même si leur galénique peut réduire l'observance thérapeutique (9). Le lopéramide diminue la motricité colique via les récepteurs opioïdes μ des plexus myentériques (10). La combinaison de ces traitements peut avoir un effet spectaculaire, améliorant la qualité de vie des patients (11).

Pour 30 % des patients, c'est une colonisation bactérienne chronique du grêle, anciennement dénommée pullulation microbienne, qui contribue à la diarrhée postopératoire (12). Elle est souvent associée à un ballonnement et à des douleurs abdominales (13). Au cours d'un test respiratoire au glucose, une excrétion d'hydrogène augmentant de plus de 12 ppm dans les 2 heures est en faveur d'une pullulation microbienne (12, 14). Le traitement repose sur l'administration, pour une courte durée, d'antibiotiques, tels que le métronidazole 250 mg × 3/j ou la ciprofloxacine 500 mg × 2/j pendant 5 à 7 jours (12).

Des symptômes évoquant un syndrome de l'intestin irritable avec diarrhée peuvent s'installer après une RIC dans le cadre d'une MC. Bien qu'aucune étude n'ait été réalisée dans le contexte postopératoire, suivre un régime pauvre en FODMAP (Fermentable, Oligo-, Di-, Mono-saccharides And Polyols) pourrait être utile pour soulager les symptômes (15).

La carence en vitamine B12 est fréquente après une RIC, même lorsque cette dernière est courte (16). Elle doit être recherchée, et supplémentée par voie parentérale le cas échéant.

Prévention de la récidive postopératoire

Histoire naturelle de la récidive postopératoire

Il n'est plus possible d'étudier l'histoire naturelle de la RPO de la MC depuis que des traitements sont introduits dès après l'opération ou la première endoscopie. Les données sur les récidives “brutes” nous viennent des cohortes historiques des années 1980-90.

En 1984, l'équipe de Louvain a publié les données endoscopiques de 114 patients ayant subi une RIC au cours des 10 années précédentes (17). Les lésions élémentaires de la récidive postopératoire ont ainsi été définies et classées selon leur fréquence d'apparition au regard de l'ancienneté de la chirurgie. Les lésions étaient majoritairement situées à l'anastomose ou dans le néo-iléon terminal. 72 % des patients présentaient des lésions endoscopiques dans l'année suivant la RIC. Il s'agissait majoritairement d'ulcérations aphtoïdes entourées d'une muqueuse normale avec une anastomose largement perméable. Chez les patients ayant été opérés entre 1 et 3 ans auparavant, des lésions plus sévères étaient observées : ulcères plus étendus, en carte de géographie, ou ovalaires, séparés par des îlots de muqueuse nodulaire ; et on retrouvait souvent une diminution du calibre de l'anastomose. Chez 46 % des patients évalués plus de 3 ans après la chirurgie, une sténose ulcérée et infranchissable de l'ana­stomose ou du néo-iléon terminal était observée. Le taux de récidive endoscopique était stable à partir de la fin de la première année. La moitié des patients présentant des signes endoscopiques n'avaient pas de symptômes (17).

À partir de ces observations et des descriptions des lésions élémentaires décrites, un score endoscopique de RPO, depuis lors appelé score de Rutgeerts (tableau I), a été élaboré (3). Il a été montré de façon pro­spective que la sévérité des lésions endoscopiques évaluées par ce score pouvait prédire la rapidité de la récidive clinique postopératoire de la MC (figure 1) [3]. Les taux de récidive clinique à 5 ans dans cette étude majeure étaient de :

  • 10 % chez les 35 patients qui présentaient moins de 5 ulcères aphtoïdes et aucune autre lésion (stades i0-i1) ;
  • 60 % chez les 16 patients ayant une iléite avec de larges ulcères (stade i3) ;
  • 100 % chez les 23 patients présentant une iléite sévère avec une muqueuse pavimenteuse ou une sténose ;
  • 40 % dans un groupe intermédiaire de 15 patients présentant des lésions uniquement au niveau de l'anastomose ou une iléite constituée d'au moins 5 ulcères aphtoïdes ou volumineux avec une muqueuse intercalaire normale (stade i2).

En outre, 80 % des patients i0-i1 avaient des lésions inchangées à 3 ans (3). Dans l'ensemble, une nouvelle résection était nécessaire pour 20 % des patients dans les 5 années suivant la chirurgie (3).

Ces données d'histoire naturelle, confirmées ensuite dans d'autres cohortes (4), ont permis d'asseoir le concept d'une RPO endoscopique s'installant très tôt, dans l'année après la chirurgie, et dont l'intensité prédisait la récidive clinique de la MC.

Facteurs de risque de la récidive postopératoire

Le tabagisme actif après la chirurgie est le facteur de risque de RPO endoscopique et clinique le plus souvent mis en évidence. Il double le risque de lésions endoscopiques, de rechute clinique et chirurgicale (18). L'arrêt du tabac est donc un élément fondamental de la prise en charge de la MC opérée. La chirurgie constitue un tournant majeur dans la vie des patients, c'est une occasion unique pour engager un sevrage tabagique qui sera alors le premier traitement préventif de la RPO.

De nombreux autres facteurs de risque de RPO ont été identifiés, mais ils n'ont pas été retrouvés dans toutes les séries, et leur poids respectif apparaît bien moindre que celui du tabagisme actif (tableau II). Un antécédent de RIC, une résection étendue ou une forme fistulisante semblent associés à un risque plus important de survenue d'une récidive clinique (19). Pour ce qui est des facteurs microscopiques, une corrélation a été retrouvée entre la présence d'une atteinte inflammatoire des plexus myentériques sur la pièce opératoire et le taux et la sévérité de la RPO (20). La réalisation d'une anastomose iléo­colique latérolatérale a démontré qu'elle diminuait le taux de récidive par rapport à une anastomose terminolatérale (21). L'éventuel effet multiplicateur sur le risque de RPO d'un patient porteur de plusieurs facteurs de risque n'a pas été étudié dans la littérature.

Les quelques facteurs de risque retenus dans les études rétrospectives n'ont pas été validés dans des études prospectives récentes du fait de la confusion née des traitements médicaux mis en place. Ces prédicteurs restent donc imparfaits pour annoncer le risque de rechute précoce ou sévère de la maladie. Les projets translationnels étudiant le rôle causal de la génétique ou du microbiote pourraient nous aider à mieux définir un profil de patient à risque élevé.

Faut-il instaurer un traitement dès après l'opération ?

La prise en charge est évidente lorsque la chirurgie n'a pas permis de réséquer toutes les lésions macroscopiques inflammatoires, ou qu'il y a des lésions anopérinéales actives ou une spondyloarthropathie qui justifient de commencer ou de poursuivre un traitement postopératoire immédiat.

Ensuite, en l'absence d'indication à l'introduction d'un traitement spécifique, un traitement prophylactique de la RPO se discute dès les premières semaines après la chirurgie. Il s'agit ici de prévenir la RPO et non pas de la traiter. Les thiopurines et les anti-TNF sont alors des options théoriquement séduisantes et ont fait l'objet de plusieurs travaux.

L'azathioprine est fréquemment employée dans cette situation. Cependant, une méta-analyse de la base Cochrane publiée en 2014 n'a pas retrouvé de supériorité de l'azathioprine par rapport au placebo pour ce qui est de la prévention de la récidive clinique (22).

Trois essais randomisés ont évalué le bénéfice d'un anti-TNF en traitement préventif de la RPO. Dans l'essai PREVENT, 297 patients ont été randomisés pour recevoir, en double aveugle, de l'infliximab ou un placebo dans les 6 semaines suivant la chirurgie. À 18 mois, les taux de récidive clinique n'étaient pas différents dans les 2 groupes (12,9 % dans le groupe infliximab et 20 % dans le groupe placebo ; p = 0,10), même si le taux de récidive endo­scopique était plus faible dans le groupe traité (31 et 60 % ; p < 0,001) [23].

L'essai randomisé espagnol APPRECIA a comparé un traitement prophylactique immédiat par azathioprine ou adalimumab chez 91 patients opérés. Il n'y avait pas de différence à 1 an concernant la récidive clinique ou endoscopique (24).

Enfin, dans l'étude de stratégie POCER, 174 patients opérés recevaient un traitement postopératoire immédiat par azathioprine ou par adalimumab en cas d'intolérance aux thiopurines s'ils présentaient au moins 1 facteur de risque de RPO (tabagisme actif, antécédent de résection iléocolique, MC fistulisante) [25]. Ils étaient alors randomisés en 2 groupes : “traitement standard”, qui correspondait à un suivi clinique, ou bien “traitement actif”, où une coloscopie était réalisée à 6 mois et pouvait conduire à intensifier le traitement (azathioprine si pas de traitement prophylactique immédiat, adalimumab 40 mg tous les 14 jours si azathioprine, adalimumab 40 mg toutes les semaines si adalimumab tous les 14 jours) en cas de lésions endoscopiques significatives, définies par un score de Rutgeerts supérieur ou égal à i2. Au total, à 18 mois, 49 % des patients du bras “traitement actif” et 67 % des patients du groupe “traitement standard” présentaient une récidive endoscopique ≥ i2 (p = 0,03), ce qui plaide en faveur de la réalisation d'une coloscopie à 6 mois, avec adaptation éventuelle du traitement (25). Parmi les autres résultats de cet essai complexe, les taux de récidive endoscopique à 6 mois dans le groupe “traitement actif” étaient de 38 % chez les patients à faible risque ne recevant aucun traitement, 45 % chez ceux à haut risque traités par azathioprine, et 21 % chez ceux à haut risque traités par adalimumab. De plus, commencer l'adalimumab dès après l'opération n'était pas plus efficace que de l'instaurer après les résultats de la coloscopie à 6 mois pour ce qui est de la récidive endoscopique à 18 mois (43 et 61 % des malades concernés ayant des lésions ≥ i2, respectivement ; p = 0,17) [25].

Ces 3 essais randomisés bien conduits n'ont donc pas démontré d'avantage à prescrire un traitement anti-TNF prophylactique postopératoire immédiat. Cette attitude pourrait être adaptée plus finement si de nouveaux facteurs de risque robustes de RPO étaient mis en évidence dans l'avenir. Aussi, les nouvelles biothérapies pourraient trouver leur place dans cette stratégie. Un essai randomisé évaluant l'efficacité du védolizumab en traitement postopératoire immédiat est en cours.

Traitement de la récidive postopératoire

Que faire à 6 mois ? Le score de Rutgeerts et ses limites

Le score de Rutgeerts a été défini pour permettre de prédire le risque de récidive clinique d'après les lésions endoscopiques observées dans l'année suivant la chirurgie.

Pour les catégories i0 et i1, le risque de récidive clinique et de progression des lésions endoscopiques est faible, d'environ 10 % à 5 ans (3). Pour ces patients, il semble donc raisonnable d'attendre et de vérifier l'absence d'évolutivité des lésions. La mesure de la calprotectine fécale devrait s'imposer dans les années à venir chez ces patients pour déterminer les indications d'iléocoloscopie, le seuil de 100 µg/g apparaissant le plus discriminant dans cette situation (26).

Pour les catégories i3 et i4, le risque de récidive clinique à 5 ans est très élevé, de 60 et 100 % respectivement (3). Un traitement spécifique doit donc être instauré ou intensifié, s'il avait été commencé dès après l'opération, sur la base de ces constatations endoscopiques, sans attendre la réapparition de symptômes.

La catégorie i2 reste la situation la plus difficile en pratique clinique : elle regroupe des lésions endoscopiques très hétérogènes, et le risque de récidive clinique est intermédiaire, de l'ordre de 40 % à 5 ans (3). Le stade i2 inclut des lésions aphtoïdes ou ulcéreuses confinées à l'anastomose ou du néo-iléon terminal (3). Certains auteurs avaient émis l'hypothèse que les lésions isolées de l'anastomose seraient des remaniements postopératoires sans authentique récidive de la MC (27), même si des lésions isolées de l'anastomose ne sont pas observées chez les patients opérés d'une hémicolectomie droite pour cancer (4, 17). Une modification du score de Rutgeerts a été proposée, divisant le stade i2 en 2 sous-catégories :

  • i2a quand les lésions sont isolées à l'anastomose et qu'il y a moins de 5 ulcérations aphtoïdes de l'iléon terminal ;
  • i2b quand il y a plus de 5 ulcérations aphtoïdes ou des ulcères de taille plus importante, avec une muqueuse intercalaire normale au niveau du néo-iléon terminal, quelles que soient les lésions de l'anastomose (28).

Ce score modifié n'a pas été validé de façon prospective. Deux séries rétrospectives ont depuis montré l'absence de différence d'évolution entre les patients ayant une récidive i2a et i2b (29, 30).

Il semble en outre que les traitements médicamenteux aient peu d'effet chez les patients i2. Dans l'essai PREVENT, l'infliximab semblait plus efficace pour prévenir les lésions i3-i4 (7,5 % de patients i3-i4 à 18 mois dans le groupe infliximab et 32,0 % dans le groupe placebo) que les lésions i2 (25,9 % de patients i3-i4 à 18 mois dans le groupe infliximab et 29,3 % dans le groupe placebo) [23]. Dans l'essai POCER, l'ajout d'azathioprine ou d'adalimumab chez les patients présentant une récidive endoscopique ≥ i2 à 6 mois ne permettait la disparition des lésions que chez 38 % d'entre eux à 18 mois (25). Enfin, dans une série rétrospective de 365 patients, récemment présentée en congrès, regroupant des patients des cohortes de Louvain et de Bordeaux, le taux de récidive clinique n'était pas amélioré si l'on introduisait un immunosuppresseur ou un anti-TNF en cas de score de Rutgeerts i2 (49 % des malades) [29]. Une des hypothèses avancées pour expliquer ce phénomène est l'orientation vers la chirurgie de patients de plus en plus réfractaires aux traitements médicaux (29). Une proposition de prise en charge des patients dès après l'opération puis à 6 mois est présentée sur la figure 2.

Le score de Rutgeerts a également des limites, notamment sa reproductibilité. Une étude du Groupe d'étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (GETAID) a montré que la variabilité interobservateur était importante, avec un coefficient de corrélation κ modeste, de 0,43. Les variations étaient majoritairement liées à la catégorie i2 (31). En effet, certaines lésions endo­scopiques sont très mal décrites par ce score. Comment classer une sténose anastomotique non ulcérée lorsque l'iléon d'amont n'est pas vu : i2a ou bien i4 ? Comment évaluer les lésions du moignon iléal d'une anastomose latérolatérale ? Les limites du score de Rutgeerts, et en particulier de la catégorie i2, sont donc nombreuses, et des travaux visant à l'améliorer sont nécessaires.

Résultats à long terme

Contrairement à ce qui est observé quant à l'inci­dence de la première chirurgie, les courbes de survie sans récidive chirurgicale sont restées stables depuis 20 ans, aux alentours de 15-20 % selon le registre national suédois (figure 3) [1]. Il est d'ailleurs frappant d'observer que les courbes de récidive clinique postopératoire de la série de Louvain-Bordeaux récemment présentée ont un profil très similaire à celles publiées par Rutgeerts et al. dans les années 1990 (figure 4) [3, 29].

Conclusion

Bien qu'elles soient nombreuses, les données de la littérature sur la prise en charge postopératoire des patients atteints d'une MC laissent encore bien des questions en suspens. Alors que la plupart des lésions endoscopiques s'installent dans la première année, il reste bien difficile en pratique de prédire quels patients présenteront rapidement une récidive clinique sévère. Les outils actuels ne permettent toujours pas de définir le profil des patients qui bénéficieraient le plus d'une prise en charge agressive d'emblée. Sur le plan thérapeutique, alors que nous disposons aujourd'hui de plus d'options que jamais, nos traitements ne semblent avoir qu'un effet modeste sur l'histoire naturelle de la MC opérée. C'est dire que de nombreux travaux sont encore nécessaires pour mieux élucider le comportement de la MC après la résection de l'ensemble des lésions macroscopiques.■


FIGURES

Références

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Liens d'interêts

P. Rivière déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

D. Laharie déclare avoir des liens d’intérêts avec AbbVie, Celgene, Ferring, HAC Pharma, Janssen, MSD, Novartis, Pfizer, Roche, Takeda, Tillotts Pharma et Theradiag.

auteurs
Dr Pauline RIVIÈRE

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital du Haut-Lévêque, CHU, Bordeaux, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr David LAHARIE

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Haut-Lévêque, CHU, Bordeaux, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
thématique(s)
Maladie de Crohn,
MICI
Mots-clés