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Thérapeutique : Rash sous télaprévir : quelle prise en charge ?

Mis en ligne le 05/07/2012

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Une patiente de 60 ans est adressée à la consultation de dermatologie de notre hôpital pour avis sur une éruption cutanée, alors qu’elle a commencé un traitement anti-hépatite C 4 semaines auparavant. Cette patiente a une intoxication tabagique non sevrée estimée à 40 paquets-années. Dans ses antécédents, on note une transfusion en 1980 lors de sa première grossesse, dans le cadre de la prise en charge d’une hémorragie de la délivrance. En 2007, devant une asthénie et des perturbations modérées du bilan hépatique, une infection par le virus de l’hépatite C (génotype 1) a été diagnostiquée. Un premier traitement associant interféron pégylé (PEG-IFN) et ribavirine a été entrepris fi n 2007 et interrompu après un échec virologique, alors qu’il était bien supporté, notamment sur le plan cutané. La patiente a été suivie régulièrement pendant les 3 années suivant son traitement.
Un nouveau traitement associant PEG-IFN, ribavirine et télaprévir a été entrepris devant la persistance des perturbations du bilan hépatique. Les premiers signes cutanés sont apparus 3 semaines après le début de cette trithérapie anti-VHC, avec un prurit insomniant pour lequel la patiente a consulté son médecin traitant ; ce dernier lui a prescrit une crème émolliente et un antihistaminique par voie orale. L’hépatologue qui suit cette patiente nous contacte devant la persistance des symptômes et l’extension des lésions cutanées. À l’examen clinique, nous constatons des lésions érythémato vésiculeuses plus ou moins squameuses et très eczématiformes ; elles sont assez diffuses, localisées préférentiellement au tronc (région préthoracique, dos, omoplates, fl anc) [fi gures 1, a et b, p. 136 et fi gures 2, a et b, p. 137] et aux racines des membres, avec des papules nummulaires de la face antérieure des cuisses (fi gure 3, p. 137). La patiente se plaint d’un prurit mais n’a pas de douleurs cutanées. Le reste de l’examen clinique est sans particularité. Notamment, il n’y a pas d’oedème facial, pas de lésions muqueuses, pas de lésions bulleuses, pas de signe de Nikolsky, pas de lésions “en cocarde”. L’exanthème s’est étendu en 1 semaine et reste limité à 20 % de la surface corporelle. Par ailleurs, la patiente est apyrétique, les aires ganglionnaires, libres, et l’état général, conservé, bien que la patiente se dise très fatiguée et gênée par le prurit. Une numération formule sanguine et un bilan de la fonction rénale sont pratiqués ; ils se révèlent tous 2 normaux. Le bilan hépatique reste inchangé, avec une discrète cytolyse
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
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