Mise au point

Complications pulmonaires des traitements par interféron

Mis en ligne le 18/12/2015

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  • L'inconvénient majeur des traitements par interféron (IFN) réside dans ses nombreux effets indésirables, responsables d'une mauvaise observance des patients au traitement, qui limite son efficacité.
  • Parmi les effets indésirables pulmonaires de l'IFN, on peut distinguer les atteintes interstitielles pulmonaires (granulomatose, pneumonie infiltrante diffuse et pneumonie organisée) et les atteintes vasculaires pulmonaires (hypertension artérielle pulmonaire [HTAP]).
  • Les atteintes interstitielles pulmonaires liées à l'IFN évoluent le plus souvent favorablement après arrêt de l'IFN éventuellement associé à une corticothérapie. Néanmoins, quelques cas graves et d'évolution défavorable de pneumopathie infiltrante diffuse ont été rapportés.
  • La survenue d'une HTAP impose l'arrêt du traitement par IFN. Quelques cas réversibles ont pu être observés, notamment chez des patients sans facteurs de risque associés d'HTAP.

La famille des interférons (IFN) correspond à un ensemble de protéines caractérisées par une activité immunomodulatrice, antivirale et antitumorale. Le type I regroupe plusieurs isoformes, dont les IFN α et β, le type II correspond à l'IFNγ, et le type III, à l'IFNλ. Toutes ces molécules possèdent des voies de signalisation intracellulaires communes justifiant leur regroupement au sein d'une même famille. Les 3 types d'interféron ont connu un développement pharmacologique plus ou moins important à partir du début des années 1990 pour finalement aboutir à des indications thérapeutiques diverses et variées. L'IFNα a longtemps fait l'objet d'un développement considérable dans le traitement de l'hépatite chronique C, le plus souvent en association avec la ribavirine. Pendant un temps, son activité antitumorale a été mise à profit dans le traitement de certains cancers solides (mélanome, tumeur rénale) ou hématologiques. L'IFNβ demeure le traitement de première ligne de la sclérose en plaques. Son mécanisme d'action reste méconnu, même s'il a été suggéré qu'il puisse exercer un effet neuroprotecteur par le biais d'une inhibition de la migration et de l'activation des lymphocytes T dans le système nerveux central. L'IFNγ est utilisé dans le traitement de la maladie granulomateuse chronique. Son effet immunomodulateur permet de diminuer le risque d'infection fongique et bactérienne au cours de cette maladie génétique rare. L'IFNλ a quant à lui fait l'objet d'essais thérapeutiques dans le traitement de l'hépatite C chronique.

auteur
Dr Laurent SAVALE

Médecin
Pneumologie
Hôpital de Bicêtre, AP-HP, Le Kremlin Bicêtre
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Pneumologie
thématique(s)
HTAP
Mots-clés