Dossier

Association entre troubles psychotiques et migration : connaissances actuelles et implications cliniques

  • Les données épidémiologiques démontrent chez les populations migrantes l'existence d'un risque près de 2 fois plus élevé de présenter des troubles psychotiques.
  • Les personnes en demande d'asile et réfugiées constituent une population très à risque de troubles psychotiques.
  • L'adversité sociale vécue durant la période postmigratoire, notamment la discrimination ethno-­raciale, constitue un facteur de risque majeur de troubles psychotiques.
  • L'interprétariat et l'humilité culturelle constituent des outils dans la démarche diagnostique et thérapeutique concernant les populations migrantes qui présentent des troubles psychotiques.

Depuis plusieurs décennies, les données épidémio­logiques concordent pour démontrer l'existence d'un risque majoré de troubles psychotiques chez les populations migrantes. Ainsi, dès l'entre-deux-guerres, Ø. Ødegaard, psychiatre norvégien émigré aux États-Unis, observait chez ses compatriotes migrants une incidence plus élevée de troubles psychotiques que dans la population américaine autochtone, observation qu'il publia en 1932 dans une étude qui fit date, intitulée Emigration and insanity [1]. Dans le même temps, une étude anglaise publiée en 1939 [2] démontrait que les personnes noires de peau…

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E. Leaune déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.