Mise au point

Cathinones de synthèse, chemsex et slam : un phénomène inquiétant

Mis en ligne le 05/12/2018

Mis à jour le 06/12/2018

Auteurs : N. Brahim, L. Karila, C. Lucet, A. Benyamina

Télécharger le pdf (pdf / 117,73 Ko)

La relation entre le sexe et les drogues est établie depuis longtemps. Toutefois, l'apparition récente des nouveaux produits de synthèse, et notamment les cathinones de synthèse, a fait émerger des nouveaux modes de consommations associant usage de drogues récréatives et pratiques sexuelles à risque ou “chemsex”. Ces produits sont consommés le plus souvent dans la communauté gay pour augmenter les performance et les sensations sexuelles. Ceci a pour effet l'augmentation de la prévalence des infections sexuellement transmissibles (IST) et des troubles psychiques. Ce nouveau phénomène constitue un enjeu majeur pour les différents acteurs de prévention et de soins. Une prise en charge pluridisciplinaire associant psychiatres, addictologues et sexologues est nécessaire mais il paraît essentiel d'approfondir les connaissances sur ces pratiques en pleine expansion.

Contrairement aux drogues dites “naturelles”, comme le cannabis, dont le statut légal est bien établi par la législation de chaque pays, les substances dont le principe actif est synthétisé artificiellement échappent souvent au législateur. En effet, il suffit de modifier un élément chimique pour obtenir un nouveau produit avec une formulation légale, parfois plus puissant que le produit initial et ainsi contourner la loi d'interdiction. La production de nouvelles drogues est exponentielle, avec de nombreux dérivés pouvant être obtenu d'une même molécule, sans que la législation puisse toujours suivre cette cadence infernale. Ces “designer drugs” ou drogues “sur-mesure”, constituent un véritable défi pour les systèmes d'observations et de législation des substances psychoactives (1).

Les nouveaux produits de synthèse (NPS) sont ainsi devenus une alternative “légale” aux substances psychoactives contrôlées et réglementées (2). Leur apparition sur le marché de la drogue à partir des années 2000 constitue un phénomène inquiétant en raison de leurs conséquences légales, politiques, économiques, mais aussi sociologiques et sanitaires.

La généralisation d'Internet a modifié le paysage des drogues en facilitant l'accès à ces substances à travers différents sites, parfois non référencés (Dark net), boosté par leur étiquette de drogues légales (“legal highs”). Le partage d'expériences sur les forums et réseaux sociaux permet d'attirer de nouveaux consommateurs et favorise l'émergence de nouveaux modes de consommations.

Parmi eux, le chemsex prend une place singulière en associant l'usage de NPS, particulièrement de cathinones de synthèse, à un mode de consommation particulier (relations sexuelles). Particulièrement répandu au sein de la communauté homosexuelle masculine, il entraîne des conséquences majeures sur la santé des consommateurs, liées à la fois aux produits eux-mêmes, à leur injection (slam), mais aussi aux pratiques sexuelles qu'ils favorisent.

Les cathinones de synthèse

La cathinone est un alcaloïde dont le principe actif naturel est extrait des feuilles de khat, un arbuste africain (Catha Eduilis Forsk) cultivé principalement dans la région de la corne de l'Afrique (Éthiopie, Somalie, Djibouti) et le sud de la péninsule arabique (Yémen). D'un usage traditionnel et culturel limité à une région du globe, le principe actif a fait l'objet d'un détournement massif avec la production d'une multitude de substances psychoactives de synthèse articulées autour de cette molécule mère : les cathinones de synthèse.

Elles représentent après les cannabinoïdes de synthèse, les NPS les plus consommées sur le marché international avec un prix “abordable” pour les consommateurs (de 8 à 20 euros le gramme sur Internet) [2]. Leurs effets psychoactifs se situent entre ceux des amphétamines, de la méthamphétamine et de la cocaïne : sensation d'euphorie, de bien-être, de vigilance accrue, sentiments empathogènes et entactogènes accrus, tachypsychie, excitation motrice, augmentation de l'appréciation de la musique, de la stimulation sexuelle. En comparaison de la cocaïne, 50 % des consommateurs rapportent de meilleurs effets avec la méphédrone et 60 à 75 % rapportent une durée de shoot plus longue (3). La majorité des consommateurs estime que la méphédrone est moins addictive et moins dangereuse que la cocaïne (4).

En France, une grande part des dérivés des cathinones est classée depuis 2012 (3) sur la liste des stupéfiants grâce à une approche inédite du législateur dite “générique”, alors que jusqu'ici il était procédé des classements individuels, molécule par molécule. Néanmoins, au niveau européen, peu de NPS sont classés sur la liste des stupéfiants. Malgré cette interdiction, les cathinones de synthèse, et surtout la méphédrone (4-MMC), la 4-MEC, la MDPV et la α-PPP, continuent d'occuper à ce jour une place de choix parmi les drogues les plus consommées. Le consommateur type en France est un jeune homme de 28 ans en moyenne, diplômé et urbain.

Les cathinones de synthèses occupent une place de plus en plus privilégiée au sein des drogues par voie injectable. Une étude récente sur le contenu de plus de 3 000 seringues usées collectées à Paris montre que 23 % contiennent de la 4-MEC, 4e derrière l'héroïne (42 %), la cocaïne (41 %) et la buprénorphine (29 %) [4]. Une autre étude hongroise a également montré que la MDPV injectable prenait le pas sur d'autres substances plus classiques (héroïne et amphétamines) [5].

Le développement de ces nouvelles substances a été suivi par l'apparition de nouveaux modes de consommation, dont le “chemsex”.

Le chemsex

Le “chemsex”, contraction des termes “chemicals”, produits de synthèse utilisés comme drogue, et “sexe”, désigne la pratique de rapports sexuels sous l'influence de drogues (6). Ce terme apparaît pour la première fois sur des sites de rencontres gay à visée sexuelle (7). Les expressions “party and play” et “P'n'P” sont parfois également utilisées (8).

Il s'agissait initialement de l'usage de drogues stimulantes telles que la méthamphétamine (crystal), la méphédrone en association avec le GHB, dans le cadre de relations sexuelles entre hommes, provoquant une puissante stimulation sexuelle associée à une désinhibition comportementale (9). Le terme “chemsex” a par la suite été généralisé pour décrire tout usage de drogue dans un contexte sexuel en population générale (10).

L'émergence de ce phénomène a été favorisée par l'apparition de certaines drogues récréatives, disponibles et peu coûteuses, et leur diffusion via des supports technologiques modernes (Internet et réseaux sociaux) qui servent également de sites de rencontre pour les usagers. Cette pratique est plus fréquente chez les sujets homosexuels (11, 12), plus actifs sexuellement et bien plus à risque de contracter des infections sexuellement transmissibles (IST) que les sujets hétérosexuels (13, 14). Elle est encore plus fréquente chez les sujets homosexuels déjà touché par une IST (15), dont le VIH avec une prévalence estimée entre 29 % et 88,7 % selon les études (12).

Cependant, ce phénomène tend récemment à atteindre d'autres groupes d'usagers, comme les femmes et les hétérosexuels (16).

Les cathinones de synthèse, en particulier la méphédrone (17) sont les plus utilisés dans cette pratique avec la méthamphétamine, le GHB et la cocaïne, et dans une moindre mesure la kétamine (18). Les consommateurs ont tendance à associer plusieurs substances psychoactives pour renforcer l'expérience sexuelle, augmentant les pratiques sexuelles à risque (19).

Une étude sur 21 cas trouve que la moitié des patients associe les cathinones de synthèse à de la cocaïne, et le tiers y associe du GHB (20). Lorsque les cathinones de synthèse et le GHB sont associés, un fort taux d'overdose est retrouvé chez les utilisateurs de ce mélange (7).

L'apparition récente d'applications de rencontre à visée sexuelle, utilisant la géolocalisation (“geo-sexual networking Apps”), adoptée rapidement par la communauté gay, potentialise le phénomène du chemsex (21). Certains sites de rencontre proposent même des “plans chemsex”, la drogue devient alors un paramètre déterminant dans le choix de son ou de ses partenaires. Une étude hollandaise comparant des sujets HSH (homosexuels hommes) suivis dans un service de maladies infectieuses à des sujets recrutés sur une application de rencontre gay montre que les utilisateurs de l'application pratiquent plus le chemsex, particulièrement avec la méphédrone, et ont une sexualité plus hard (22).

Ces drogues favorisent l'interaction sexuelle et la recherche d'aventure (23). Elles procurent un sentiment de plaisir intense, stimulent l'endurance sexuelle et diminuent l'inquiétude quant aux risques liés aux pratiques sexuelles non protégées et avec des partenaires multiples.

Elles peuvent être avalées sous forme de comprimés, sniffées par voie nasale, ou être injectées par voie intraveineuse (slam), avec des doses comparables à celles utilisées pour la voie intranasale, mais avec des risques de potentialisation des effets indésirables (24).

Le slam

Le slam, ou slamming, signifie “qui claque” en anglais en raison de la montée rapide et intense, voire violente des effets psychoactifs de la substance consommée (euphorie, excitation sexuelle, etc.). En plein essor dans le milieu homosexuel, cette pratique consiste en l'injection intraveineuse de substances psychoactives, essentiellement des cathinones de synthèse, de cocaïne et d'amphétamines, lors de soirées sexuelles (25). Cette voie est préférentielle chez les polyconsommateurs.

Le slam est apparu en France à partir de 2011 (26). En raison de la rareté et du prix très élevé du crystal en France (27), le phénomène est resté marginal jusqu'à l'apparition des cathinones de synthèse. Depuis, la méphédrone, la 4-MEC et la MDPV, disponibles, peu coûteuses et légales avant 2012 en France, ont contribué à son expansion. La facilité d'accès au produit et la composition, précisément décrite sur les sites de revente, semblent rassurer les consommateurs vis-à-vis du potentiel addictif de ces substances.

Chemsex, slam et risque infectieux

Les HSH pratiquant le chemsex ont plus de partenaires sexuels, pratiquent plus de sexe en groupe (“sex party”), ont plus de pratiques sexuelles à risque (22), et consomment plus d'alcool et de tabac (19) que ceux n'ayant pas ces pratiques. Le chemsex favoriserait les relations anales non protégées, initialement avec des hommes séronégatifs (10), mais la répétition des prises, la multitude des partenaires lors d'une session, ainsi que le prolongement des sessions facilitent des relations sexuelles avec d'autres hommes dont le statut viral est inconnu (28) : ce phénomène s'appelle le “barebacking” (29).

Pour certains sujets séronégatifs, une pratique à la limite de l'ordalie consiste à avoir un rapport sexuel non protégé dans le but de contracter le HIV : “bug chasing” (26).

L'intensité du désir, la stimulation de l'endurance et l'exacerbation des sensations sexuelles peuvent rendre agréable la pratique d'une nouvelle sexualité dite “hard” avec tous les risques qui en découlent. De plus, les produits consommés peuvent affecter la fonction érectile, retarder l'éjaculation et faciliter la pénétration anale réceptive (30).

Globalement, le chemsex est associé à un plus fort risque de transmission d'IST : virales (infection par le virus de l'hépatite C, VHB et le VIH) (31, 32) mais aussi bactériennes (Chlamydiae, gonocoque, syphilis) (12).

La pratique du slam majore ce risque (33, 34). L'exposition au risque infectieux peut intervenir à toutes les étapes d'une session slam. Les applications et sites de rencontrent facilitent l'accès aux soirées sexuelles et aux pratiques à risques (21).

La perte de contrôle, les effets des produits, l'importance du nombre des injections dans une soirée et le fait qu'il s'agisse de pratiques collectives accentuent l'exposition aux risques liés à la consommation de ces substances, et plus particulièrement à la pratique du slam (26). Le partage des seringues et du matériel de préparation est fréquent, d'autres pratiques à risque émergent comme le mélange de sang avec les produits avant injection et l'accomplissement de rapports sexuels traumatiques avec présence de sang (35).

Autres risques et complications

Les risques généraux sont associés à toute consommation excessive de produits psychoactifs survenant lors des différentes sessions : céphalées, déshydratation, amaigrissement, vertiges, tachycardie, hypertension artérielle, insuffisance rénale ou hépatique aiguë, etc. (36-40).

Les complications médicales du slam sont nombreuses et liées à la fréquence des injections et à la méconnaissance des “bons” gestes. Elles concernent tous les usagers à un moment ou à un autre de leur parcours de slameurs. Elles regroupent les risques liés à la pratique d'injection (hématomes, thromboses vasculaires, détérioration du capital veineux, abcès, endocardite et septicémie), mais également des complications cutanées locales (30, 41).

Les risques psychiatriques associés à la consommation des chemsex et à la pratique du slam sont nombreux. Une étude anglaise a montré que 49 % des HSH pratiquant le chemsex présentent des troubles psychiques, dont 60 % des symptômes dépressifs ou anxieux (42).

Des états psychotiques avec agitation ont été également rapportés (43), des symptômes délirants, voire hallucinatoires, des états maniaques et des attaques de panique.

Les complications sociales liées à ce phénomène ne sont pas négligeables. Elles se manifestent par un absentéisme professionnel et le risque de perte de son travail, la difficulté à retrouver une sexualité satisfaisante à l'arrêt et un isolement social du fait de la stigmatisation ressentie par les personnes pratiquant le chemsex avec un sentiment de honte qui les met à distance des services de soins (44). Quelques cas de décès suite à des sessions de slam ont été rapportés, en lien avec des overdoses ou une sexualité hard (45).

Prise en charge

Une prise en charge pluridisciplinaire faisant intervenir des psychothérapeutes, des addictologues et des sexologues apparaît nécessaire.

L'approche comportementale semble être efficace (46). Un essai clinique sur 34 HSH usagers de chemsex (crystal), a montré que la thérapie comportementale a réduit significativement le nombre de partenaires sexuels ainsi que la quantité de drogues consommées (47). Cette thérapie, associée à des stratégies de réduction de risque chez 19 HSH non atteints de VIH a permis une réduction significative de l'usage de chemsex à 3 mois et au bout de 10 séances de thérapie (48).

L'entretien motivationnel permet également de réduire la quantité de méthamphétamine consommée à 60 jours chez 39 HSH pratiquant le chemsex (49).

Des mesures de santé publique basées sur la politique de réduction des risques ont également prouvé leur efficacité à Sydney (50).

Les personnes pratiquant le chemsex rapportent un accès limité aux soins avec peu de structures de soins adaptées pour prendre en charge leur problématique. Il existerait peu d'information sur les programmes d'échange de seringues, et la disponibilité de matériel d'injection propre reste limitée pour les slameurs (10, 12).

Une des principales difficultés pour faire face à ce phénomène réside dans le sentiment de honte et de peur de jugement que peuvent ressentir les consommateurs avant de rentrer dans les structures de soins.

Un manque de formation et de sensibilisation du personnel soignant à cette question peut également renforcer ce sentiment de stigmatisation ressenti par les usagers (51). Afin de combler cette insuffisance dans l'offre des soins, des mesures pratiques, telles que la formation continue des personnes travaillant dans les services de soins et de prévention en matière de drogue et de sexe, semblent nécessaires, ainsi que des recherches plus poussées sur le monde caché des NPS et en particulier ceux utilisés comme chemsex (52).

Des mesures sociales devraient être également prises afin d'éliminer les obstacles qui existent actuellement entre les consommateurs de chemsex et l'accès aux services des soins (53).

En France, le premier rapport français sur le slam conclut sur quelques recommandations pour limiter les risques liés à ce phénomène (30) :

  • faciliter l'accès aux kits d'injection et apprentissage de l'injection ;
  • informer sur les effets des produits, dont les risques d'addiction ;
  • informer sur les potentiels effets sociaux de l'addiction ;
  • améliorer le niveau de connaissance des acteurs de santé ;
  • limiter le jugement moral et la discrimination.■

Références

1. Deluca P, Davey Z, Corazza O et al. Identifying emerging trends in recreational drug use; outcomes from the Psychonaut Web Mapping Project. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry 2012;39:221-6.

2. Karila L. Les nouveaux produits de synthèse : données cliniques et pistes thérapeutiques. Eur Pshychiatry 2015;30(Suppl):S59.

3. Prosser JM, Nelson LS. The Toxicology of Bath Salts: A Review of Synthetic Cathinones. J Med Toxicol 2012;8:33-42.

4. Winstock AR, Mitcheson LR, Deluca P, Davey Z, Corazza O, Schifano F. Mephedrone, new kid for the chop? Addiction 2011;106:154-61.

5. Arrêté du 27 juillet 2012 modifiant les arrêtés du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants et la liste des substances psychotropes.

6. Néfau T, Charpentier E, Elyasmino N, Duplessy-Garson C, Levi Y, Karolak S. Drug analysis of residual content of used syringes: a new approach for improving knowledge of injected drugs and drug user practices. Int J Drug Policy 2015;26:412-9.

7. Csák R, Demetrovics Z, Rácz J. Transition to injecting 3,4-methylene-dioxy-pyrovalerone (MDPV) among needle exchange program participants in Hungary. J Psychopharmacol (Oxford). 2013;27:559-63.

8. Ahmed AK, Weatherburn P, Reid D et al. Social norms related to combining drugs and sex (“chemsex”) among gay men in South London. Int J Drug Policy 2016;11;38:29-35.

9. Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Steinberg P, Weatherburn P. “Chemsex” and harm reduction need among gay men in South London. Int J Drug Policy 2015;26:1171-6.

10. Melendez-Torres GJ, Bourne A. Illicit drug use and its association with sexual risk behaviour among MSM: more questions than answers? Curr Opin Infect Dis 2016;29:58-63.

11. Ma R, Perera S. Safer “chemsex”: GPs’ role in harm reduction for emerging forms of recreational drug use. Br J Gen Pract 2016;66:4-5.

12. Bourne A, Reid D, Hickson F, Torres-Rueda S, Weatherburn P. Illicit drug use in sexual settings (’chemsex’) and HIV/STI transmission risk behaviour among gay men in South London: Findings from a qualitative study. Sex Transm Infect 2015;91:564-8.

13. Heinsbroek E, Glass R, Edmundson C, Hope V, Desai M. Patterns of injecting and non-injecting drug use by sexual behaviour in people who inject drugs attending services in England, Wales and Northern Ireland, 2013-2016. Int J Drug Policy 2018;55:215-21.

14. Tomkins A, George R, Kliner M. Sexualised drug taking among men who have sex with men: a systematic review. Perspect Public Health 2018;1: [ahead of print].

15. Pakianathan MR, Lee MJ, Kelly B, Hegazi A. How to assess gay, bisexual and other men who have sex with men for chemsex. Sex Transm Infect 2016;92:568-70.

16. Ward C, Lee V. Should we offer routine hepatitis C antibody testing in men who have sex with men? J Int AIDS Soc 2014;17(Suppl 3):19591.

17. Ottaway Z, Finnerty F, Amlani A, Pinto-Sander N, Szanyi J, Richardson D. Men who have sex with men diagnosed with a sexually transmitted infection are significantly more likely to engage in sexualised drug use. Int J STD AIDS 2016;28:91-3.

18. Brancourt M. sexe et drogues: le nouveau deal. Remaides 2016;(96):36.

19. Edmundson C, Heinsbroek E, Glass R et al. Sexualised drug use in the United Kingdom (UK): A review of the literature. Int J Drug Policy 2018;55:131-48.

20. Sewell J, Cambiano V, Miltz A et al. Changes in recreational drug use, drug use associated with chemsex, and HIV-related behaviours, among HIV-negative men who have sex with men in London and Brighton, 2013-2016. Sex Transm Infec. 2018;94:494-501.

21. Daskalopoulou M, Rodger A, Phillips AN et al. Recreational drug use, polydrug use, and sexual behaviour in HIV-diagnosed men who have sex with men in the UK: results from the cross-sectional ASTRA study. Lancet HIV 2014;1:e22-31.

22. Batisse A, Fortias M, Bourgogne E, Grégoire M, Sec I, Djezzar S. Case series of 21 synthetic cathinones abuse. J Clin Psychopharmacol 2014;34:411-3.

23. Gilbart VL, Simms I, Jenkins C et al. Sex, drugs and smart phone applications: findings from semistructured interviews with men who have sex with men diagnosed with Shigella flexneri 3a in England and Wales. Sex Transm Infect. 2015;91:598-602.

24. Drückler S, van Rooijen MS, de Vries HJC. Chemsex Among Men Who Have Sex With Men: a Sexualized Drug Use Survey Among Clients of the Sexually Transmitted Infection Outpatient Clinic and Users of a Gay Dating App in Amsterdam, the Netherlands. Sex Transm Dis 2018;45:325-31.

25. Weatherburn P, Hickson F, Reid D, Torres-Rueda S, Bourne A. Motivations and values associated with combining sex and illicit drugs (’chemsex’) among gay men in South London: findings from a qualitative study. Sex Transm Infect 2017;93:203-6.

26. Wood DM, Davies S, Puchnarewicz M et al. Recreational use of mephedrone (4-methylmethcathinone, 4-MMC) with associated sympathomimetic toxicity. J Med Toxicol 2010;6:327-30.

27. Bourne A, Reid D, Hickson F, Rueda ST, Weatherburn P. The Chemsex study: drug use in sexual settings among gay men in Lambeth, Southwark & Lewisham. ResearchGate [Internet]. 2014 Mar 31 [cited 2016 Sep 28]; Available from: https://www.researchgate.net/publication/261638442_The_Chemsex_study_drug_use_in_sexual_settings_among_gay_men_in_Lambeth_Southwark_Lewisham

28. Karila L. Les nouveaux produits de synthèse : données cliniques et pistes thérapeutiques. European Psychiatry 2015;30(Suppl):S59.

29. Batel P. La préoccupante “mode” de l’injection de cathinones. SWAPS 2012;(67):2-5.

30. Bracchi M, Stuart D, Castles R, Khoo S, Back D, Boffito M. Increasing use of “party drugs” in people living with HIV on antiretrovirals: a concern for patient safety. AIDS 2015;29:1585-92.

31. Girard G. HIV risk and sense of community: French gay male discourses on barebacking. Cult Health Sex 2016;18:15-29.

32. Spire B. SLAM : première enquête qualitative en France [Internet]. AIDES 2013 [cited 2016 Sep 29]. Available from: http://www.aides.org/actu/evenement/slam-premiere-enquete-qualitative-en-france-1873

33. Hegazi A, Lee MJ, Whittaker W et al. Chemsex and the city: sexualised substance use in gay bisexual and other men who have sex with men attending sexual health clinics. Int J STD AIDS 2017;28:362-6.

34. Bains M, Crook P, Field N, Hughes G. Safer chemsex: consideration of Shigella. Br J Gen Pract 2016;66:124.

35. Pakianathan M, Whittaker W, Lee MJ, Avery J, Green S, Nathan B et al. Chemsex and new HIV diagnosis in gay, bisexual and other men who have sex with men attending sexual health clinics. HIV Med 2018 [Epub ahead of print].

36. González-Baeza A, Dolengevich-Segal H, Pérez-Valero I et al. Sexualized drug use (Chemsex) is associated with high-risk sexual behaviors and sexually transmitted infections in HIV-Positive men who have sex with men: data from the U-SEX GESIDA 9416 study. AIDS Patient Care STDS. 2018;32:112-8.

37. Kirby T, Thornber-Dunwell M. High-risk drug practices tighten grip on London gay scene. Lancet 2013;381:101-2.

38. Petit A, Karila L, Sananes M, Lejoyeux M. La méphédrone : une nouvelle drogue de synthèse. Presse Med 2013;42:1310-6.

39. Report on the risk assessment of mephedrone in the framework of the Council Decision on new psychoactive substances [Internet]. EMCDDA; 2010 [cited 2016 Sep 21]. Available from: http://www.emcdda.europa.eu/system/files/publications/571/TDAK11001ENC_WEB-OPTIMISED_FILE_280269.pdf

40. Wood DM, Davies S, Greene SL et al. Case series of individuals with analytically confirmed acute mephedrone toxicity. Clin Toxicol (Phila) 2010;48:924-7.

41. Karila L, Reynaud M. Méphédrone : une drogue stimulante de synthèse disponible légalement sur l’Internet. Press Med 2010;39:834-5.

42. Garrett G, Sweeney M. The serotonin syndrome as a result of mephedrone toxicity. BMJ Case Rep 2010;
2010.

43. Mahevas T, Jachiet V, Brunet-Possenti F et al. Complications cutanées du slam : usage sexuel et récréatif d’injections de cathinones. Ann Dermatol Venereol. 2016;143(Suppl):S265.

44. Dearing N, Flew S. Msm the cost of having a good time? a survey about sex, drugs and losing control. Sex Transm Infect 2015;91(Suppl 1):A86.

45. Dolengevich-Segal H, Rodríguez-Salgado B, Gómez-Arnau J, Sánchez-Mateos D. Severe Psychosis, Drug Dependence, and Hepatitis C Related to Slamming Mephedrone. Case Rep Psychiatry 2016;2016:8379562.

46. Stevens O, Forrest JI. Thinking upstream: the roles of international health and drug policies in public health responses to chemsex. Sex Health 2018;15:108-15.

47. Batisse A, Peyrière H, Eiden C, Courné MA, Djezzar S, Réseau français des centres d’addictovigilance. Usage de psychostimulants dans un contexte sexuel : analyse des cas rapportés au Réseau français des centres d’addictovigilance. Therapie 2016;71:447-55.

48. Martin TCS, Rauch A, Salazar-Vizcaya L, Martin NK. Understanding and Addressing Hepatitis C Virus Reinfection Among Men Who Have Sex with Men. Infect Dis Clin North Am 2018;32:395-405.

49. Wu E, El-Bassel N, McVinney LD et al. Feasibility and promise of a couple-based HIV/STI preventive intervention for methamphetamine-using, black men who have sex with men. AIDS Behav 2011;15:1745-54.

50. Mimiaga MJ, Reisner SL, Pantalone DW, O’Cleirigh C, Mayer KH, Safren SA. A pilot trial of integrated behavioral activation and sexual risk reduction counseling for HIV-uninfected men who have sex with men abusing crystal methamphetamine. AIDS Patient Care STDS 2012;26:681-93.

51. Zule WA, Poulton WE, Coomes CM et al. Results of a pilot study to reduce methamphetamine use and sexual risk behaviors among methamphetamine-using men who have sex with men (MSM) not currently in treatment. J Psychoactive Drugs 2012;44:351-8.

52. Stardust Z, Kolstee J, Joksic S, Gray J, Hannan S. A community-led, harm-reduction approach to chemsex: case study from Australia’s largest gay city. Sex Health 2018;15:179-81.

53. McCall H, Adams N, Mason D, Willis J. What is chemsex and why does it matter? BMJ 2015;351:h5790.

Liens d'interêts

N. Brahim, L. Karila, C. Lucet et A. Benyamina déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet de cet article.

auteurs
Dr Naycer BRAHIM

Médecin, Psychiatrie, EPS Paul Guiraud, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Chloé LUCET

Médecin, Psychiatrie, Centre hospitalier Sainte-Anne, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr Amine BENYAMINA

Médecin, Addictologie / toxicomanies et alcoologie, Hôpital universitaire Paul-Brousse, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Psychiatrie,
Addictologie
Mots-clés