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Microbiote intestinal : le chaînon manquant pour soigner les maladies mentales ? Une revue systématique

Mis en ligne le 21/12/2016

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Le microbiote intestinal est considéré de plus en plus comme un partenaire symbiotique contribuant au bon état de santé général de l'organisme. Des études récentes rapportent ses perturbations (dysbiose et paucibiose intestinales) dans des troubles psychiatriques majeurs (autisme, troubles anxiodépressifs, schizophrénie et troubles bipolaires). Celles-ci s'accompagnent notamment d'une augmentation de la perméabilité intestinale, parfois assortie d'une inflammation. Le nerf vague pourrait être un effecteur direct médiant l'influence du microbiote sur le cerveau. Les approches métagénomiques permettent d'appréhender la complexité de l'écosystème intestinal, particulièrement son impact sur le développement et le fonctionnement du système nerveux central de son hôte. Elles pourraient permettre le développement de thérapeutiques spécifiques ciblant le microbiote intestinal, comme les probiotiques, les prébiotiques et les approches nutritionnelles chez les patients souffrant de troubles mentaux. Ces traitements existent déjà dans certaines pathologies intestinales. Toutefois, en dépit de résultats prometteurs sur des modèles animaux de troubles anxieux et de stress chronique, l'efficacité, le type de souches, la quantité administrée et la durée restent à déterminer dans les troubles psychiatriques chez l'humain.

Les troubles de l'humeur (trouble dépressif majeur, unipolaire ou bipolaire) et les troubles psychotiques (parmi lesquels la schizophrénie) apparaissent parmi les 3 premières maladies du système nerveux central (SNC) qui représentent les coûts directs et indirects les plus importants dans le monde. Alors que les prévisions annoncent une augmentation de la prévalence des troubles mentaux à travers le monde, le taux de réponse aux traitements actuels est de l'ordre de 60 %. En outre, le taux de rechute et de récidive est élevé. De même, les situations cliniques de résistance aux traitements ne sont pas exceptionnelles. Des facteurs cliniques, pharmacologiques, pharmacocinétiques et pharmacodynamiques pourraient expliquer cette résistance, mais ne semblent pas suffisants pour élucider l'ensemble des variations idiosyncrasiques. Le chaînon manquant pour comprendre la variabilité de la réponse individuelle, en termes d'efficacité et de tolérance (comme la prise de poids), pourrait relever de facteurs généraux (comme l'inflammation) ou périphériques au SNC, notamment l'influence du microbiote sur son développement et son fonctionnement.

Liens d'interêts

G. Fond déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Guillaume FOND
Dr Guillaume FOND

Médecin
Psychiatrie
Clinique Jeanne d’Arc, Saint-Mandé
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie,
Psychiatrie
thématique(s)
Dépression sévère,
Schizophrénie,
Troubles bipolaires
Mots-clés