Dossier

Introduction

Mis en ligne le 01/06/2001

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Il n’est pas possible de résumer en quelques articles tous les aspects de la chirurgie dans le cancer du sein, tant cette vieille dame qu’est la chirurgie n’a pas du tout eu, durant la dernière décennie, le comportement de quelqu’un de son âge. Non contente de montrer son éternelle jeunesse et de tenir la dragée haute aux autres moyens thérapeutiques en termes de survie, elle vient de surprendre tous les cancérologues par les progrès majeurs de ces dix dernières années. Qui aurait parié, dans les années 90, que le mariage entre deux spécialités aussi opposées que la chirurgie carcinologique et la chirurgie esthétique allait aboutir à un enfant viable : l’oncoplastie ? Qui aurait parié aussi que c’est la chirurgie elle-même qui allait menacer de détrôner le curage axillaire dans son rôle de staging initial, alors que l’on attendait dans ce rôle la biologie moléculaire ? C’est donc sur quelques points les plus marquants que nous avons construit ce dossier. Sylvia Giard va nous expliquer les critères modernes de réalisation d’un traitement conservateur, en soulignant l’importance mais aussi les difficultés à obtenir des berges microscopiquement saines. Ensuite, Philippe Rouanet, en abordant la place restant aux mastectomies, nous expliquera l’impact de la récidive locale sur la survie, avec des éléments nouveaux de réflexion. Cette discussion sur l’interaction entre récidive locale et survie est d’ailleurs actuellement un thème majeur de réflexion en cancérologie, toutes localisations confondues ; il fait l’objet d’une matinée entière au prochain congrès d’Eurocancer en juin 2001. Philippe Rouanet nous montrera aussi, par l’expérience de son équipe, que reconstruction rime maintenant avec évaluation. Krishna B. Clough abordera le thème de l’intrication de la chirurgie esthétique et reconstructrice avec la chirurgie carcinologique. Alors que l’on pouvait imaginer un cloisonnement persistant entre ces deux spécialités si opposées, il apparaît maintenant clairement qu’une prise en charge des femmes par des individus ou des équipes ayant cette double compétence leur donne les meilleures chances d’obtenir un résultat esthétique satisfaisant. Cet aspect esthétique doit être présent dès le début du choix thérapeutique et non pas être réservé à une réflexion en fin de traitement comme c’est encore trop souvent le cas. Enfin, je vous parlerai de la révolution du ganglion sentinelle : les acquis et les interrogations d’aujourd’hui.
centre(s) d’intérêt
Sénologie