La liste des thérapies avancées disponibles dans notre pratique clinique s’allonge chaque année, donnant l’impression que cela ne s’arrêtera jamais, sauf en cas de guérison, bien entendu. À la fin des années 1990, la révolution des thérapies avancées avait été amorcée avec l’arrivée de l’infliximab. Plus de trois décennies plus tard, comment utilise-t-on aujourd’hui les anti-TNF chez les patients ayant une MICI ? Nous ne parlons pas ici de l’efficacité ni de la tolérance de ces molécules, mais plutôt de leurs indications. La colite aiguë grave, les manifestations extra-intestinales, notamment les arthrites axiales ainsi que les lésions anopérinéales de la maladie de Crohn, comptent parmi les indications qui ont persisté malgré l’arrivée des autres thérapies avancées.
Grâce au guide pratique présenté par David Laharie, vous saurez tout sur la place des anti-TNF dans la prise en charge des MICI à l’heure actuelle.
L’équipe lilloise, représentée par Alice Wartski et Pauline Wils, fait le point sur les autres options thérapeutiques qui pourraient être utilisées dans la maladie de Crohn anopérinéale, à l’heure où les résultats définitifs des essais randomisés USTAP (ustékinumab) et FUZION (guselkumab) sont tombés dans le domaine public.
Xavier Roblin revient, quant à lui, sur la place des associations thérapeutiques, au moment où les résultats des essais randomisés DUET sont enfin connus. Ces stratégies, utilisées au cas par cas en vie réelle et idéalement après validation lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire, restent encore loin de pouvoir bénéficier d’un remboursement dans les MICI.
Les données en vie réelle, parlons-en justement. L’étude I-CARE a livré ses premiers résultats. Ceux-ci devraient être publiés en 2027, notamment les données portant sur les risques de lymphome et de cancer colorectal. L’étude I-CARE II est déjà en cours, et les inclusions avancent bien. I-CARE II permettra notamment d’évaluer le rapport bénéfice-risque des nouvelles thérapies avancées, là où I-CARE s’était focalisée sur les anti-TNF, le védolizumab et l’ustékinumab.
Mathurin Fumery et Julien Kirchgesner pilotent ce projet qui devrait encore les mobiliser pendant quelques années. Mais à leur âge, ils ont l’énergie nécessaire pour mener de front de nombreux projets ! Les bases de données administratives permettent la génération de “big data” sans la granularité de cohortes prospectives dédiées, comme I-CARE et I-CARE II, mais elles apportent des données et informations complémentaires.
Julien Kirchgesner, qui dirige de nombreux projets à partir du Système national des données de santé, nous présente ce que l’on peut attendre de cette base de données unique au monde. I-CARE III verra-t-elle le jour dans les années à venir, avec peut-être l’inclusion des anticorps anti-TL1A ? Les premiers résultats des essais cliniques de phase III concernant ce nouveau mécanisme d’action ont été communiqués récemment.
Xavier Hébuterne nous propose de découvrir ces nouveaux venus afin de commencer à nous familiariser avec cette nouvelle classe thérapeutique, encore en cours d’investigation, mais qui devrait être présente dans tous les congrès dédiés aux MICI en 2027.
Bonne lecture !