Le cœur de l’enfant est un vaste sujet méconnu des cardiologues et craint des pédiatres, renvoyant les questionnements à son sujet à la petite communauté de cardiologues pédiatriques auxquels l’adjectif “congénitalistes” est associé. En effet, la part congénitale des cardiopathies de l’enfant est largement prédominante (> 90 %) par rapport aux pathologies acquises, qu’elles soient inflammatoires ou infectieuses. Les malformations cardiaques sont chez l’enfant les plus fréquentes des anomalies malformatives et touchent près de 1 naissance sur 100 avec une possibilité de dépistage prénatal pour nombre d’entre elles.
Regroupés au sein de la Filiale de cardiologie pédiatrique et congénitale (FCPC) de la Société française de cardiologie, ces cardiologues si particuliers (environ 400 en France) doivent pouvoir répondre aux multiples questions qui leur sont posées :
- d’abord par les parents de l’enfant, puis par le patient lui-même au long de cette délicate période de transition qu’est l’adolescence ;
- par les pédiatres ou médecins généralistes de l’enfant concernant la crainte des épidémies hivernales ;
- enfin, par les cardiologues amenés à voir de plus en plus souvent dans leur cabinet des adultes atteints de pathologies cardiaques congénitales.
Plus de 9 enfants sur 10 atteints de cardiopathie congénitale atteignant l’âge adulte, le nombre d’adultes ayant une cardiopathie congénitale a cru considérablement grâce aux progrès diagnostiques et thérapeutiques de ces 3 dernières décennies ; il est estimé à 200 000 en France, ce qui justifie la formation de cardiologues à cette surspécialité, accessible pendant l’internat par une formation spécialisée complémentaire (FST), au même titre que d’autres surspécialités comme la rythmologie ou la cardiologie interventionnelle.
Une question qui revient quel que soit l’âge est l’aptitude de l’enfant à pratiquer le sport à l’école ou en club, facteur essentiel d’intégration sociale et plus globalement de qualité de vie pour ces jeunes patients, opérés ou non. C’est à cette question que nous tenterons de répondre après avoir évoqué les moyens diagnostiques que sont l’échocardiographie et l’électrocardiogramme, avec leurs particularités pédiatriques. Enfin, nous aborderons dans ce numéro spécial de la Lettre du Cardiologue les moyens de traitement interventionnel des cardiopathies congénitales et les maladies inflammatoires qui, comme chez l’adulte, peuvent toucher les tuniques cardiaques mais aussi les artères coronaires. Bonne lecture !