En préambule, au nom de toute l’équipe de La Lettre du Gynécologue, nous souhaitons vous présenter nos vœux les plus sincères à vous et vos proches pour l’année 2026.
Vous allez découvrir dans ce numéro prestige un dossier particulièrement riche et innovant consacré à l’imagerie en gynécologie-obstétrique. L’imagerie occupe aujourd’hui une place déterminante dans la santé des femmes. Les pratiques se transforment, les outils gagnent en précision, les disciplines dialoguent davantage. La gynécologie-obstétrique entre dans une nouvelle phase où l’imagerie confirme son rôle pivot pour le diagnostic, le traitement, mais aussi pour l’organisation des soins.
Les techniques de radiologie interventionnelle poursuivent leur essor et redéfinissent la manière d’aborder des pathologies les plus fréquentes. L’embolisation des fibromes, de l’adénomyose, des varices pelviennes ou vulvaires, des malformations vasculaires ou des hémorragies du post-partum illustre cette transition vers une prise en charge conservatrice, rapide, et le plus souvent ambulatoire. La radiologie interventionnelle n’est plus un recours exceptionnel mais elle s’affirme comme une option thérapeutique à part entière, intégrée au parcours de soins et portée par une collaboration étroite entre radiologues, gynécologues médicaux et chirurgiens.
Parallèlement, l’imagerie hybride ouvre de nouvelles perspectives. La TEP-IRM, en combinant finesse anatomique de l’IRM et imagerie métabolique de la tomographie par émission de positons, permet une exploration plus précise et personnalisée des cancers gynécologiques. En améliorant la détection ganglionnaire, elle affine la stadification et va pouvoir préciser le traitement. Cette technologie encore peu diffusée annonce une évolution profonde de l’oncologie gynécologique, où la précision diagnostique deviendra un levier majeur pour personnaliser les traitements puisqu’elle permettra d’évaluer simultanément l’extension tumorale, la réponse au traitement et la détection des récidives.
L’échographie obstétricale connaît elle aussi une mutation silencieuse mais décisive. L’intelligence artificielle (IA) qui, rappelons-le, est actuellement à un stade préclinique ou en cours d’évaluation, va permettre une reconnaissance automatique des plans, une biométrie contrôlée et une aide au diagnostic des malformations en passant par la télé-échographie, la formation et la découverte de biomarqueurs.
Ces outils ne pourront pas remplacer l’expertise humaine, mais ils vont la compléter et la sécuriser, dans un contexte sociétal où les besoins augmentent alors que les ressources se raréfient. Ils posent aussi de nouveaux enjeux éthiques et organisationnels que notre communauté se devra d’accompagner avec vigilance et précision.
L’IA n’a donc pas vocation à remplacer l’expertise humaine mais à faciliter une médecine fœtale plus précise et plus accessible. Dans ce contexte très évolutif, les recommandations des sociétés savantes jouent un rôle essentiel. Il faut souligner l’importance d’un cadre commun pour l’échographie de dépistage : iconographie rigoureuse, traçabilité, structuration des comptes-rendus, articulation claire entre dépistage et diagnostic. Ces repères partagés devraient améliorer la qualité des examens et garantir une équité d’accès sur l’ensemble du territoire. Les applications pratiques des nouvelles recommandations de la Conférence nationale d’échographie obstétricale et fœtale seront détaillées dans ce dossier.
Enfin, l’imagerie de l’endométriose continue de se structurer autour d’une stratégie diagnostique graduée. L’échographie endovaginale, l’IRM et les tests biologiques doivent trouver leur place dans un parcours désormais mieux défini, permettant un diagnostic plus précoce, une cartographie plus précise et une prise en charge mieux adaptée et probablement moins chirurgicale. L’utilisation de stratégies diagnostiques de première, deuxième et troisième lignes devrait contribuer à harmoniser les pratiques et à améliorer l’orientation des patientes.
Ainsi ce numéro prestige s’attache à mettre en avant une gynécologie-obstétrique moderne qui place l’image au cœur du soin, non comme une fin en soi, mais comme un outil au service d’une médecine plus précise et plus humaine.
Quelle spécialité fantastique !
Nous tenons à remercier le Pr André Bongain qui a coordonné ce dossier ainsi que les différents auteurs qui ont contribué à sa rédaction.
L’année commence bien pour La Lettre du Gynécologue. Bonne lecture à toutes et à tous !