Les mitochondries sont présentes dans presque toutes les cellules humaines. Elles apportent 90 % de l’énergie utilisée par l’organisme et sont essentielles à la vie. Des mutations transmises ou de novo de l’ADN nucléaire (ADNn) ou de l’ADN mitochondrial (ADNmt) peuvent entraîner des mitochondriopathies primaires, alors que des mutations spontanées de l’ADNmt, qui se produisent avec le vieillissement, peuvent contribuer aux pathologies du sujet âgé (aspect non abordé dans ce dossier focalisé sur les mitochondriopathies primaires).
Les mitochondriopathies sont des maladies complexes, rares, mais qui doivent être connues. La complexité réside dans leur transmission génétique, dans leur présentation clinique générique et dans la reconnaissance des différentes entités spécifiques les composant. Les mitochondries sont composées d’environ 1 100 parties, 1 500 gènes contribuent à la fabrication et à la synthèse de ces parties et environ 440 gènes ont, à ce jour, été décrits à l’origine de mitochondriopathies avec des corrélations génotype-phénotype pas toujours claires. La complexité génétique tient au fait que les mitochondriopathies peuvent être liées à des mutations dans deux génomes : celui de l’ADNn majoritairement et celui de l’ADNmt, voire les deux. Sur un plan clinique générique, le début des symptômes est très variable : de la naissance à l’âge de 50 ans, différents organes sont le plus souvent touchés – cerveau, muscles, cœur, reins, yeux, oreilles, foie –, mais on peut retrouver des présentations très musculaires, nerveuses ou épileptiques. Les symptômes semblent provoqués par le manque de production énergétique et l’excès de formation de radicaux libres. La complexité clinique phénotypique tient également au fait que certaines mutations sont plus pathogènes que d’autres, que, en raison de phénomènes d’hétéroplasmie, les mutations n’expliquent pas tout et que plus le seuil de mutations hétéroplasmiques est haut, plus on atteint le seuil de déclenchement de la maladie en termes d’âge de début, de sévérité et de caractère symptomatique.
Certains syndromes sont évocateurs : atteinte des ganglions de la base du syndrome de Leigh, épisodes de stroke-like révélant un syndrome de MELAS, tableau d’épilepsie myoclonique progressive. Mais même au sein de ces tableaux spécifiques, les symptômes neurologiques peuvent être trompeurs : neuropathie, régression psychomotrice, ataxie, etc.
Le diagnostic, reposant essentiellement sur la génétique, paraît néanmoins crucial, car de nouvelles pistes thérapeutiques émergent !
Je tiens à remercier chaleureusement les auteurs de ce très beau dossier qui du fait de sa richesse sera publié en deux parties.