Éditorial

AAN 2026 : digne d’un grand cru classé !


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L’American Academy of Neurology (AAN) avait lieu cette année du 18 au 22 avril à Chicago et cette édition s’est avérée incroyablement productive en termes de résultats d’essais cliniques. En effet, une bonne dizaine d’essais randomisés, en double aveugle, de phase II ou III ont été présentés notamment au cours de deux sessions plénières auxquelles ont assisté plusieurs milliers de personnes dans ces grands halls propres aux congrès américains.

Grande première, un essai de phase III a été rapporté dans la maladie associée aux anticorps anti-MOG (ou MOGAD) dans sa forme en rechute. Cet essai portait sur un traitement mensuel par inhibiteur de l’IL-6 récepteur (satralizumab), déjà validé dans la neuromyélite optique (NMOSD) et il s’est avéré positif avec une réduction du risque de rechute de 68 % par rapport au groupe placebo. Il s’agit du premier essai randomisé dans cette maladie de découverte récente (2015-2016).

La SEP a été, elle aussi, une nouvelle fois à l’honneur avec notamment plusieurs essais sur les inhibiteurs de la tyrosine kinase de Bruton. Trois essais de phase III ont été présentés : deux positifs avec le fénébrutinib, dans les formes par poussées et dans les formes progressives primaires, et un essai négatif avec le tolébrutinib dans les formes progressives primaires.

La myasthénie n’a pas été en reste avec trois études de phase III positives. La première concernait l’efgartigimod dans les myasthénies séronégatives. Ce traitement, déjà validé dans la myasthénie anti-RACh positive, semble tout aussi efficace dans la myasthénie anti-MuSK positive, anti-LRP-4 positive et triple séronégative, même si les effectifs des sous-groupes MuSK et LRP-4 étaient faibles. Ces résultats devraient permettre à terme une extension de l’autorisation de mise sur le marché de l’efgartigimod à l’ensemble des myasthénies quel que soit leur statut sérologique. La deuxième étude portait sur le gefurulimab, anti-complément (C5) en administration sous-cutanée hebdomadaire, et s’est également avérée positive sans nouveau signal concernant la tolérance. La troisième étude, évaluant une molécule (le cemdisiran) ciblant également le complément, mais via une nouvelle technologie utilisant le siRNA, s’est aussi avérée positive. Enfin, une étude exploratoire sur les CAR-T cells a confirmé l’intérêt de l’utilisation de cette nouvelle technologie dans les myasthénies réfractaires avec une efficacité très intéressante et un profil de sécurité rassurant.

Les essais cliniques ne se sont pas restreints à la neuro-immunologie, ils ont également concerné d’autres pathologies, notamment dans le domaine des mouvements anormaux et des maladies neurogénétiques. Ainsi, une étude de phase III a évalué l’utilisation de l’ulixacaltamide (inhibiteur sélectif des canaux calciques de type T) dans le traitement du tremblement essentiel avec des résultats très encourageants à court et moyen termes et une bonne tolérance du produit. Une étude de phase III, utilisant l’écopipam (antagoniste des récepteurs dopaminergiques D1), dans le syndrome de Gilles de la Tourette, a également montré des résultats positifs avec une bonne tolérance. Enfin, une étude sur la maladie d’Alexander, maladie neurogénétique liée à une mutation du gène de la GFAP, a mis en évidence l’efficacité d’une molécule ARN antisens, le zilganersen. Cette étude a rapporté une amélioration moyenne de 33 % de la vitesse de la marche après 61 semaines de traitement. La tolérance au traitement s’est avérée excellente.

Ainsi, une dizaine d’essais de phase III, dans leur très grande majorité positifs, ont été présentés lors de cet AAN 2026. Ayant la chance de participer à ce congrès depuis de nombreuses années, je ne pense pas avoir déjà assisté à une telle profusion d’études thérapeutiques, témoins du très grand dynamisme de la recherche clinique en neurologie, à laquelle la France participe d’ailleurs activement, de nombreux centres français ayant été impliqués dans ces différents essais thérapeutiques. Au-delà de cet élan, la principale conséquence, dont nous sommes tous conscients, reste la prise en charge de nos patients qui, nous l’espérons, pourront avoir accès dans les prochains mois ou années à ces thérapies innovantes.


Liens d'intérêt

J. de Seze déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet éditorial.

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