L’obésité est un problème de santé publique majeur. Les résultats de l’étude épidémiologique française OFEO (Observatoire français d’épidémiologie de l’obésité) de 2024 mettent en évidence une prévalence de l’obésité chez l’adulte en augmentation constante, concernant près de huit millions de personnes. Au niveau mondial, plus d’un milliard de personnes adultes sont en situation d’obésité. Les conséquences sur la santé physique et mentale, les risques de stigmatisation et de discrimination sont bien connus. Cette prévalence de l’obésité témoigne d’une compréhension insuffisante de la physiopathologie et de l’absence de stratégies de prévention efficaces.
Des traitements existent. Ils sont de plus en plus nombreux et laissent envisager une possibilité de prise en charge personnalisée.
Les recommandations de la Haute Autorité de santé et de la Fédération française de nutrition (HAS-FFN) 2022 [1] et le Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte 2023 chez l’adulte, actualisé en 2024 [2], clarifient les modalités de prise en charge de la personne adulte en situation d’obésité.
Une évaluation médicale détaillée [1] permet d’évaluer la complexité de la situation globale du patient, l’IMC ne résumant pas à lui seul le degré de complexité. Chez les adultes, on regardera six autres paramètres que sont le retentissement médical (sévérité des comorbidités), le retentissement fonctionnel et sur la qualité de vie, la présence ou non de troubles psychologiques, psychopathologiques et/ou cognitifs, les étiologies de l’obésité (génétiques, secondaires, etc.), la présence ou non de troubles du comportement alimentaire et, enfin, la trajectoire pondérale, prenant en compte le nombre de prises en charge du patient (et les échecs ou non des précédentes prises en charge). Cette évaluation clinique [1] doit précéder la mise en place des thérapeutiques de l’obésité et des comorbidités associées si nécessaire.
Les modifications thérapeutiques du mode de vie (MTMV) restent la base de toute prise en charge, qui doit être pluridisciplinaire et a pour objectif de mettre en place les interventions nutritionnelles, l’activité physique adaptée, la prise en charge psychologique et l’accompagnement éducatif [1].
Cependant, chez certains patients, ces approches peuvent s’avérer insuffisantes pour obtenir un bénéfice clinique significatif et le maintenir sur la durée, et l’on pourra avoir recours à des thérapeutiques supplémentaires, comme la chirurgie ou l’endoscopie bariatrique, ou encore les traitements médicamenteux de l’obésité.
Chacun de ces traitements, plus ou moins récents, certains remboursés, comme la chirurgie bariatrique, d’autres non, comme l’endoscopie bariatrique ou les traitements médicamenteux de l’obésité, a montré son efficacité, à des degrés variables mais significatifs, et tous sont supérieurs aux mesures hygiénodiététiques seules pour permettre la perte de poids et l’amélioration des comorbidités liées à l’obésité [3‑5].
Ainsi, l’arsenal thérapeutique de la prise en charge de l’obésité croît jour après jour et laisse présager une possibilité de prise en charge personnalisée.
Ces thérapeutiques ne sont pas des stratégies concurrentes l’une de l’autre et peuvent trouver leur place en thérapie primaire ou en combinaison néoadjuvante, adjuvante ou post-adjuvante.
Toutes ces thérapeutiques doivent être prescrites en association avec les MTMV, dans le cadre d’un parcours de soins personnalisé, en accord avec les recommandations scientifiques nationales et/ ou internationales. Elles seront accompagnées d’une préparation en amont et d’un suivi à long terme de l’efficacité sur le poids et les comorbidités ainsi que des possibles effets indésirables, car il faut garder en mémoire que l’obésité est une maladie chronique nécessitant une prise en charge à long terme.

