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Purpura thrombopénique idiopathique : évolution des pratiques
J.P. Lellouche soumet à ses
confrères les quelques réflexions
que lui a inspirées la
lecture d’un article sur le purpura
thrombopénique paru
dans le numéro d’avril 2008 de
Pediatrics Clinics of North America
(V. Blanchette et P. Bolton-
Maggs : « Immune thrombopenic
purpura diagnosis and management
»). Autrefois, à une
date que J.P. Lellouche situe en
1974, les livres et conférences
d’internat affirmaient que
l’existence d’une thrombopénie
pouvait être en rapport avec
une leucémie et qu’il fallait,
par prudence, pratiquer une
ponction de moelle pour éliminer
cette éventualité, même si
l’expérience montrait qu’une
leucémie n’était jamais révélée
par un purpura thrombopénique.
En 2008, les auteurs de
l’article cité par J.P. Lellouche
affirment qu’une thrombopénie
isolée n’est jamais en rapport
avec une leucémie ; les cas observés
s’accompagnent toujours
d’une modification du taux d’hémoglobine et de la
formule blanche. Sur le plan
thérapeutique, en 1974, rappelle
J.P. Lellouche, on savait
que l’abstention thérapeutique
n’était pas une faute lourde, le
risque d’hémorragie sévère
étant faible, mais on préférait
tout de même utiliser largement
les corticoïdes. En 2008,
l’abstention thérapeutique n’est
plus considérée comme une
faute a priori et les corticoïdes
sont moins utilisés, constate
notre confrère. La thrombopénie
aiguë suscite une forte inquiétude,
parfois même une
panique chez les parents, qui
pensent souvent que leur enfant
a une leucémie ou
« quelque chose comme une
leucémie ».