Proposeriez-vous l’immunisation par nirsévimab à un enfant de 7 mois ayant déjà présenté 2 épisodes de toux sifflante minimes ? À cette question de Claire Duhaut, F. Vié Le Sage répond par “oui et non”, à la condition bien entendu que le nourrisson ne présente aucun facteur de risque. Plusieurs arguments plaident en faveur de l’immunisation par nirsévimab chez cet enfant : l’avis de la Direction générale de la santé indiquant que l’immunisation peut être proposée à tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2024 sans autre réserve ; la saison de bronchiolite toujours en cours ; les limites de la protection induite par le VRS qui est imparfaite : un enfant peut présenter plusieurs épisodes de bronchiolite à VRS au cours d’une même saison ; il existe 2 grands types de VRS : A et B. De plus, explique F. Vié Le Sage, à moins que le VRS ait été identifié par un test rapide d’orientation diagnostique, rien n’assure qu’il a été la cause des 2 épisodes sifflants observés chez cet enfant (le VRS est responsable de “seulement” 70 % des bronchiolites). Les arguments contre l’immunisation de cet enfant : le risque de forme grave concerne surtout les nourrissons de moins de 6 mois ; le 1er épisode d’infection à VRS est généralement le plus sévère. Autre élément à prendre en compte : la date de survenue des 2 épisodes de toux sifflante ; en effet, les bronchiolites, a fortiori les épisodes sifflants minimes, survenant en dehors de la saison épidémique automno-hivernale de VRS, sont le plus souvent dus à d’autres virus, en particulier le rhinovirus. Or, cette année, l’épidémie a commencé vers la mi-fin novembre. Si, en revanche, ces épisodes surviennent dans une crèche et lors d’une saison où les cas authentifiés de VRS existent, la probabilité d’infection à VRS devient forte.
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Immunisation contre le VRS après un ou deux épisodes de bronchiolite
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M. Joras déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.