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Qualité de l'alimentation et taille du cerveau

Mis en ligne le 17/10/2018

Mis à jour le 25/10/2018

Auteurs : Jean-Michel Lecerf

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On sait qu'il existe un lien important entre l'alimentation et le cerveau, et l'on connaît notamment le rôle d'apports nutritionnels satisfaisants en protéines, lactose, vitamines, acides gras, pour la prévention du déclin cognitif lié à l'âge. Les études d'intervention sont cependant souvent décevantes. Quant à l'efficacité de la prévention de la maladie d'Alzheimer par la nutrition, elle n'a jamais été démontrée. Longtemps, on s'est intéressé aux nutriments ou aux aliments en les considérant indépendamment les uns des autres. Mais de plus en plus, on pense que les interactions entre les aliments rendent compte du bénéfice supérieur d'un régime global et donc du style alimentaire. Ainsi, l'adhésion à un régime méditerranéen protège contre la perte du tissu cérébral et est associée à de meilleures performances cognitives. Les changements structurels cérébraux sont un facteur de risque de démence. L'alimentation pourrait avoir des effets sur les structures cérébrales et indirectement sur les lésions vasculaires.

La Rotterdam Study a évalué l'alimentation chez 4 447 sujets entre 2002 et 2015. Une IRM cérébrale a été réalisée. Ont été exclus les patients ayant des apports énergétiques incohérents (non réalistes), une démence préexistante, des infarctus corticaux. La qualité alimentaire a été mesurée chez 4 213 sujets d'après une échelle néerlandaise de 0 à 14 et selon le score méditer­ranéen de Trichopoulou. La population était en moyenne âgée de 65,7 ans et comptait 56,8 % de femmes.

Une alimentation de meilleure qualité était associée à un volume cérébral plus élevé, à une substance grise plus volumineuse, à une substance blanche augmentée ainsi qu'à un volume de l'hippocampe plus important. Elle n'était pas liée au volume des lésions de la substance blanche, ni aux lacunes cérébrales ou aux microhémorragies. Un apport plus élevé en légumes, fruits, céréales complètes, noix, poissons, produits laitiers, et une plus faible consommation de boissons sucrées étaient associés à des volumes cérébraux plus importants. Ainsi, l'alimentation pourrait agir sur la dégénérescence neuronale via un effet sur les structures cérébrales. D'ailleurs, une étude d'intervention évaluant les effets de la diète méditerranéenne a mis en évidence un bénéfice sur le BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor), un facteur de croissance neuronale de promotion de la survie et de la croissance des neurones.

Références

• Croll PH, Voortman T, Ikram A, et al. Better diet quality relates to larger brain tissus volumes: The Rotterdam Study. Neurology 2018;90:e2166-73.

Liens d'interêts

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Jean-Michel  LECERF
Dr Jean-Michel LECERF

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
Institut Pasteur, Lille
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie
thématique(s)
Nutrition
Mots-clés