Dossier

Transplantation rénale chez le sujet obèse

Mis en ligne le 06/10/2016

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La prévalence de l'obésité en dialyse augmente. L a survie est meilleure après transplantation rénale qu'en dialyse, même chez les patients obèses, bien qu'il y ait chez eux plus de complications postopératoires. Le retard à la reprise de fonction, les infections pariétales, les éventrations et les lymphocèles sont les complications retrouvées le plus fréquemment. La durée d'hospitalisation des patients obèses est souvent plus longue, et les complications métaboliques sont également plus fréquentes. La survie du greffon paraît un peu moins bonne, mais la survie des patients n'est pas différente de celle des sujets non obèses. Le bénéfice d'une perte de poids est discutable, car elle ne permet que rarement de diminuer les complications opératoires et pourrait augmenter le risque de décès . L'amélioration des techniques opératoires et une sélection stricte des patients devraient pouvoir, dans les années à venir, ouvrir plus largement la transplantation aux sujets obèses.

La prévalence de l'obésité est en constante augmentation aux États-Unis et en France. Actuellement, 15 % de la population française est obèse. Le nombre de patients obèses arrivant au stade V de la maladie rénale chronique augmente également, et de façon encore plus importante. L'association entre obésité et autres facteurs de risque de maladie rénale chronique (athérome, diabète, dyslipidémie, hypertension, etc.) et le fait que l'obésité représente un facteur de risque indépendant de progression de l'insuffisance rénale expliquent la forte proportion de sujets obèses en dialyse. Ainsi, actuellement, environ 30 % des patients sont obèses au moment de l'nstauration de la dialyse aux États-Unis, et 21,2 % en France. La transplantation rénale est le meilleur traitement pour les patients atteints d'insuffisance rénale terminale. En eff et, après ajustement pour les comorbidités, les patients transplantés rénaux ont une meilleure survie et une meilleure qualité de vie à long terme que les patients restés sur la liste d'attente. La demande d'accès à la transplantation rénale pour ces patients est donc croissante. Accéder à cette dernière est difficile pour les patients obèses en France, où la plupart des services de transplantation imposent un indice de masse corporelle (IMC) inférieur à 35 kg/ m 2 .

Liens d'interêts

A.E. Heng déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

auteur
Pr Anne-Elisabeth HENG
Pr Anne-Elisabeth HENG

Médecin
Néphrologie
Hôpital Gabriel Montpied, Clermont-Ferrand
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Transplantation
thématique(s)
Rein
Mots-clés