Fiche

Approche chirurgicale de la paupière inférieure : prévenir l'ectropion !

Mis en ligne le 01/05/2017

Auteurs : J.M. Amici

Lire l'article complet (pdf / 2,83 Mo)

La paupière inférieure est une unité anatomique bien limitée en dedans par le canthus médial, au-dessus par le rebord tarsal, en dehors par le canthus latéral, siège des rides de la patte d'oie, et en dessous par la vallée des larmes. Elle est constituée d'une peau très fine recouvrant le muscle orbiculaire, sphincter de la fente palpébrale au-dessus du septum, aponévrose orbitaire qui prolonge le tarse et retient la graisse orbitaire en arrière (1) . L'objectif d'une chirurgie cutanée oncologique est ici avant tout carcinologique, mais consiste aussi à garantir la fonctionnalité de la paupière en évitant de déformer le rebord tarsal par une tension oblique ou verticale qui générerait une exposition permanente de la sclère, un épiphora ou, pire, un ectropion (figure 1) .

En préopératoire, un tarse laxe, fréquent chez le sujet âgé, doit être systématiquement recherché par un test d'abaissement digital du rebord tarsal inférieur (SNAP test) en appréciant sa capacité à reprendre sa place initiale en moins de 2 secondes (figure 2) . Si le retour à la position initiale est supérieur à 2 secondes, on s'expose à un risque élevé d'ectropion. Il faut ensuite apprécier par un test d'étirement la réserve cutanée réparatrice mobilisable et évaluer l'axe de traction et de suture non déformant, qui est ici horizontal et parallèle au tarse palpébral inférieur (figure 3) [2] . Selon le rapport taille de la perte de substance (PDS)/largeur tarsale, il faut évaluer la nécessité d'une cantholyse pour libérer le mouvement tissulaire. Enfin, une canthopexie est souvent nécessaire en cas de tarse laxe afi n de remettre en tension le bord libre et de le plaquer sur le globe oculaire. Pour prévenir l'ectropion, il faut éviter les tensions obliques et les lambeaux venant de la joue (en îlots), dont le poids et la force de rétraction exercent une tension verticale sur le tarse palpébral inférieur.

Liens d'interêts

J.M. Amici déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Jean-Michel AMICI
Dr Jean-Michel AMICI

Médecin
Dermatologie et vénéréologie
Hôpital Saint-André, Bordeaux
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Dermatologie,
Ophtalmologie
thématique(s)
Chirurgie
Mots-clés