Cas clinique

Grand Prix VIH 2017 – 1er lauréat – Maladie de Castleman localisée chez un jeune patient infecté par le VIH

Mis en ligne le 09/01/2018

Auteurs : A. Boucher, T. Huleux, R. Dubois, J. Taverne, F. Molinari, M.C. Copin, F. Ajana, A. Meybeck

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  • Nous rapportons le cas d'un homme âgé de 35 ans, suivi pour une séropositivité VIH depuis 2009 et traité efficacement, depuis mars 2013, par éfavirenz-emtricitabine-ténofovir (virémie indétectable, CD4 > 500/mm3). La radiographie thoracique (figure 1), réalisée à la suite d'une pneumopathie, a mis en évidence une opacité médiastinale, que nous avons explorée.

Examen

Le patient est cliniquement asymptomatique ; le bilan biologique sanguin est sans particularité (absence de syndrome inflammatoire, Quantiféron® négatif, hémogramme et électrophorèse des protéines sériques normaux). Le scanner (TDM) thoracique objective une masse médiastinale inférieure sous-hilaire droitede 39 × 49 × 74 mm (figure 2). La tomographie par émission de positons retrouve un hypermétabolisme modéré isolé au niveau de cette masse (SUV : 4,6). Les autres explorations restent négatives : scanners cérébral et abdomino-pelvien normaux, fibroscopie bronchique normale et prélèvements bactériologiques ou anatomopathologiques négatifs. Après concertation pluridisciplinaire, une exérèse élargie par thoracotomie d'une tumeur de 8,5 × 4,5 × 4 cm est réalisée. L'histologie conclut à une maladie de Castleman (MC) dans sa forme hyaline vasculaire isolée, HHV8 négative (figure 3). La TDM thoracique de contrôle à 3 mois de l'exérèse, puis annuelle, confirme la disparition complète de la tumeur et l'absence de récidive, avec un recul de 3 ans.

Discussion

La MC est un trouble lymphoprolifératif rare dont il existe 2 formes :

➤ la forme multicentrique, HHV8+, de pronostic plus sévère, connue en cas d'infection par le VIH au stade sida (1, 2);
➤ la forme localisée, HHV8–, souvent de découverte fortuite chez des sujets jeunes immunocompétents, dont le pronostic est favorable après exérèse (3), comme chez notre patient. Cette forme est peu décrite en cas d'infection par le VIH. 


FIGURES

Références

1. Roca B. Castleman’s disease. A review. AIDS Rev 2009;11(1):3-7.

2. Makhloufi S. Maladie de Castleman et syndrome de Kaposi chez le patient infecté par le VIH : à propos de 6 cas de maladie de Castleman. Thèse de médecine non publiée. Université de Lille 2;2013.

3. Soumerai JD, Sohani AR, Abramson JS. Diagnosis and management of Castleman disease. Cancer Control 2014;21(4):266-78.

Liens d'interêts

A. Boucher déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

Les autres auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts

auteurs
Dr Anne BOUCHER

Médecin, Médecine interne, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Thomas HULEUX

Médecin, Pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Romain DUBOIS

Médecin, Anatomie et cytologie pathologiques, Institut de pathologie, CHRU, Lille, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Jérémie TAVERNE

Médecin, Pneumologie, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Francesco MOLINARI

Médecin, Imagerie médicale, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr Marie-Christine COPIN

Médecin, Anatomie et cytologie pathologiques, Centre de biologie-pathologie, CHRU, Lille, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Faïza AJANA

Médecin, Pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Agnes MEYBECK

Médecin, Radiothérapie, CH, Tourcoing, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Infectiologie,
VIH
Mots-clés