Revue de presse (RDP)/Actualités Recherche

Incidence et étiologies des méningites virales

Mis en ligne le 31/10/2018

Mis à jour le 02/11/2018

Auteurs : J.L. Meynard

Télécharger le pdf (pdf / 57,28 Ko)

Sur le plan épidémiologique, on assiste à une diminution significative de l'incidence des méningites bactériennes mais accompagnée d'une augmentation de celles liées à un virus. Une des explications est certainement l'utilisation maintenant large des tests de biologie moléculaire (Polymerase Chain Reaction [PCR]) qui permet de mieux les identifier.

Par exemple au Royaume-Uni, l'incidence des encéphalites et méningites virales a été multipliée par 7 entre 2004 et 2013. Les entérovirus et les Herpes Simplex Virus (HSV) [cf. plus bas, HSV 1 et 2] en sont les principaux responsables, mais leur incidence relative peut être différente d'un pays d'Europe à un autre. L'identification rapide d'un virus responsable des tableaux de méningites ou d'encéphalites est importante, car elle permet de raccourcir la durée d'exposition aux antibiotiques souvent prescrits en attendant d'exclure une étiologie bactérienne.

Les auteurs rapportent ici les résultats d'une étude observationnelle réalisée au Royaume-Uni dans 42 hôpitaux (1).

Pour être inclus, les patients devaient être âgés de plus de 16 ans, avoir un tableau clinique de méningite, avoir bénéficié d'une ponction lombaire ou, en cas de contre-indication à celle-ci, un pathogène devait être identifié (hémoculture ou PCR sang).

Durant la période de l'étude (septembre 2011-septembre 2014), 1 126 patients ont été inclus. Pour la majorité d'entre eux (n = 638, 57 %), il existait réellement une méningite soit virale (n = 231, 36 %), soit bactérienne (n = 91, 16 %) et sans étiologie retrouvée chez 267 (42 %).

Pour l'ensemble des patients chez qui était pratiquée une ponction lombaire, il était réalisé au minimum une culture et une PCR pour HSV1 et HSV2, virus varicelle zona (VZV), entérovirus. Parmi les virus isolés, l'entérovirus était le plus fréquent (20 %), devant le HSV2 (8 %), le VZV (7 %), le HSV1 (1 %), l'Epstein Barr Virus (EBV), le cytomégalovirus (CMV), la rougeole et les oreillons étaient tous inférieurs à 1 %.

Alors que les recommandations prônent l'inverse, 81 % des patients ont bénéficié d'une imagerie avant la ponction lombaire alors que ce n'était indiqué que pour 12 % d'entre eux.

Pour 60 % des patients ayant une méningite virale, un antiviral (aciclovir) était prescrit au moins 1 jour et pour 37 % d'entre eux, 5 jours. La majorité des patients (60 %) atteints de méningite virale prouvée ont également reçu au moins 1 dose d'antibiotique.

Commentaire

Cette étude permet de confirmer la prépondérance des méningites ­virales par rapport aux méningites bactériennes.

Les entérovirus représentent 50 % des causes contre 44 % pour HSV2 (largement prévalent comparativement à HSV1 dans les pays du nord de l'Europe).

La réalisation rapide d'une ponction lombaire permet d'identifier plus fréquemment un agent pathogène viral.

Les algorithmes décisionnels (diagnostic et thérapeutique) sont mal appliqués.

Références

1. Mc Gill F, Griffiths MJ, Bonnett LJ et al. Incidence, aetiology and sequelae of viral meningitis in UK adults: a multicentre prospective obervational cohort study. Lancet Infect Dis 2018;18(9):992-1003.

Liens d'interêts

J.L. Meynard déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Jean-Luc MEYNARD
Dr Jean-Luc MEYNARD

Médecin
Pathologie infectieuse et tropicale, clinique et biologique
Hôpital Saint-Antoine, AP-HP, Paris
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Infectiologie
thématique(s)
Méningites
Mots-clés