Mise au point

Pneumopathies interstitielles diffuses et biothérapies

Mis en ligne le 20/02/2016

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  • Les pneumopathies interstitielles diffuses (PID), bien que rares dans ce contexte, sont la complication iatrogène la plus fréquente des biothérapies. Les médicaments le plus souvent en cause sont les anti-TNF. Au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR), l'existence d'une PID sous-jacente est un facteur majeur de sévérité, tout comme un traitement concomitant ou antérieur par méthotrexate.
  • Le rituximab, utilisé dans les connectivites et dans les lymphomes, de même que toutes les biothérapies ciblant certaines voies pathogéniques des cancers, sont également associés au risque de PID iatrogènes.
  • Leur prise en charge diagnostique repose avant tout sur une vigilance extrême à l'égard des signes respiratoires de ces patients, à évaluer précisément en préthérapeutique puis régulièrement en cours de traitement sur les plans clinique, fonctionnel et d'imagerie.
  • L'arrêt du médicament en cause, parfois associé à une corticothérapie, permet le plus souvent une régression ou une stabilistation de l'état respiratoire. Certaines de ces PID demeurent néanmoins fatales.

Dans un grand nombre de spécialités médicales, les médicaments ciblant des voies de signalisation (inflammatoire, angiogénique, croissance tumorale) ou des cellules immunitaires (lymphocytes B ou T) se développent rapidement, participant à un arsenal thérapeutique de plus en plus ciblé au sein de protocoles mono- ou multidrogues. Malgré ce ciblage, une toxicité systémique, en particulier respiratoire, est décrite pour chacune de ces biothérapies. Dans ce contexte, les pneumopathies interstitielles diffuses (PID) sont rares mais potentiellement sévères, voire fatales. Elles répondent à plusieurs mécanismes : réactions idiosyncrasiques (hypersensibilité aiguë), accélération d'un processus pathologique préexistant, modification de la nature d'un tel processus en un phénotype plus agressif (survenue d'un dommage alvéolaire diffus sur un fond de pneumopathie interstitielle commune, par exemple), susceptibilité accrue aux infections. La grande majorité des PID induites par les biothérapies a été rapportée dans des cas cliniques épars ou de courtes séries, rendant très difficile l'analyse de leur prévalence, de leur responsabilité effective et de leurs caractérisques cliniques, scanographiques, et encore plus histopathologiques. La plupart de ces cas impliquent des anti-TNF et, d'une manière plus générale, les traitements utilisés dans la polyarthrite rhumatoïde (PR).

auteur
Pr Dominique ISRAEL-BIET

Médecin
Pneumologie
Centre de compétence des maladies pulmonaires rares, AP-HP, Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Pneumologie,
Rhumatologie
thématique(s)
Polyarthrite rhumatoïde
Mots-clés