Entretien / Interview

Quatre questions

Mis en ligne le 01/05/2001

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Peut-on faire le diagnostic de capsulite rétractile par IRM plutôt que de recourir à un arthroscanner ? L’IRM a démontré tout son intérêt dans l’exploration des lésions de la coiffe des rotateurs. Elle permet non seulement d’explorer l’intégralité de l’articulation, mais également d’apprécier la trophicité de la musculature de la ceinture scapulaire. Certaines études ont rapporté des modifications de signal de la synoviale évocatrices d’une phase précoce de capsulite rétractile. Cependant, le diagnostic de certitude de cette affection repose encore à l’heure actuelle sur le temps arthrographique de l’arthroscanner, qui reste l’examen de référence. L’arthro-IRM couplée à des séquences dynamiques pourrait, dans un avenir proche, remplacer l’arthroscanner dans le diagnostic positif et étiologique de la capsulite rétractile. L’injection intra-articulaire de gadolinium R reste cependant un geste invasif, qui ne peut être utilisé en pratique courante dans le cadre de la législation actuelle. I. Chary-Valckenaere Faut-il envisager une supplémentation en folates chez les patients traités par léflunomide (Arava®) pour une polyarthrite rhumatoïde ? Dans les essais cliniques de phase III concernant le léflunomide, certains groupes de patients ont bénéficié systématiquement d’une supplémentation en acide folique. Ce fut le cas notamment dans l’étude nord-américaine comparant léflunomide et méthotrexate dans le traitement de la PR (> 95 % de patients supplémentés en acide folique). Cette supplémentation n’a pas diminué l’efficacité du léflunomide, tant sur le plan clinique que sur la prévention des lésions radiologiques, contrairement à ce qui a pu être démontré pour le méthotrexate. Pour ce dernier, la baisse d’efficacité s’accompagne d’une amélioration de la tolérance clinique et biologique du traitement. En revanche, il ne semble pas que la supplémentation folique systématique permette de réduire l’intensité ou la fréquence des effets secondaires du léflunomide. I. Chary-Valckenaere Existe-t-il des syndromes des antiphospholipides “induits”, comme il y a des lupus induits ? Effectivement, des syndromes des antiphospholipides iatrogènes ont été rapportés dans la littérature, pour l’essentiel avec des médicaments réputés inducteurs lupiques, ce qui fournit une illustration supplémentaire des liens existant entre ce syndrome et la maladie lupique. Voici une liste des substances incriminées : phénothiazines, bêtabloquants, procaïnamide, hydantoïne, quinidiniques, hydralazine, pénicillines, inhibiteurs calciques, interféron a et ß. Ces SAPL induits peuvent être responsables d’accidents thrombotiques graves. T. Schaeverbeke Pourquoi les chirurgiens orthopédistes négligent-ils l’ostéoporose chez les patients qu’ils traitent pour une fracture du col fémoral ou du poignet ? Cet “oubli” de l’ostéoporose est une situation bien réelle, de pratique quotidienne. Des études récemment menées dans différents centres de soins aux États-Unis et présentées au congrès de l’ASBMR sont particulièrement édifiantes : le diagnostic d’ostéoporose n’est évoqué que chez 12 à 25 % des patients venant d’être victimes d’une fracture du col fémoral. Des thérapeutiques adéquates ne sont prescrites que dans 0 à 14 % des cas. Tout laisse croire que la situation n’est pas très différente en France. Ces chiffres illustrent crûment l’effort de sensibilisation qui reste à accomplir auprès des orthopédistes. P. Orcel
centre(s) d’intérêt
Rhumatologie