Mise au point

Résumés de la littérature française et internationale

Mis en ligne le 01/09/1998

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La Lettre du Rhumatologue - n° 244 - septembre 1998 16 Les auteurs toulousains rapportent trois cas de patients VIH+, traités par trithérapie, et qui ont présenté une rétrac-tion capsulaire de l'épaule. Ces cas sont survenus chez des sujets jeunes (46, 47, 56 ans) sans aucun facteur de risque reconnu comme favorisant la capsulite rétractile de l'épaule : diabète, hyperthyroïdie, traumatisme, affection médiastinale ou neurolo-gique, ou prise de médicaments classiques comme le Gardénal (r) , l'INH, etc. Les arguments pour penser qu'il s'agit ici d'une complication des antiprotéases sont la bilatéralité dans un cas, et l'absence de démi- néralisation. Il n'a pas été décrit de capsulite au cours du sida avant l'introduction de la trithérapie, qui ne date que de deux ans. La capsulite a, dans les trois cas, été prouvée par arthrographie ; il n'y a pas eu, bien sûr, d'arrêt du traitement mais une amélio-ration due à la kinésithérapie. La molécule utilisée dans les trois observations était l'indinavir, une des antiprotéases les plus utilisées par les auteurs. Cette molé-cule a été rendue responsable de paresthésies, de myalgies, d'hyperesthésies, de céphalées, 'pouvant témoigner d'une atteinte neurologique périphérique sous-jacente'. À noter que les anti-protéases sont des inhibiteurs compétitifs du cytochrome P450, comme le Gardénal (r) et l'INH. La question actuelle est de savoir s'il s'agit d'un effet de classe ou d'un effet secondaire dû au seul indinavir, voire d'un effet de la combinaison de trois traitements. Quoi qu'il en soit, cet effet secondaire à type de capsulite rétrac-tile n'apparaîtrait qu'au bout d'un an de traitement et mérite d'être connu des rhumatologues. Dr L. Beraneck, 94000 Créteil Rétraction capsulaire de l'épaule : une nouvelle complication tardive des antiprotéases Zabraniecki L., Doub A., Mularczyk M. et coll.l Rev Rhum (Ed Fr) 1998 ; 65 : 80-2. Les ossifications périprothétiques (OPP) sont une des com-plications fréquentes de la prothèse de hanche. Elles sont peu douloureuses après une phase de maturation, mais altèrent la mobilité de la hanche lorsqu'elles sont étendues. Il existe deux méthodes préventives reconnues : l'administration d'AINS ou la radiothérapie de la zone opérée. Dès lors, peut-on sélectionner les patients justiciables d'une prévention ? Cette étude rétrospective concerne 168 arthroplasties de hanches chez 164 patients (66 ans d'âge moyen, 105 femmes et 63 hommes), tous opérés en 1983 à Cochin et selon la même tech-nique par voie externe transtrochantérienne, avec pose d'une pro-thèse de type Charnley-Kerboull (cotyle en polyéthylène et pièce fémorale métallique scellées). Tous les patients ont été suivis un an, la classification des OPP allait d'un stade 0, normal, à un stade 4, avec aspect de pont osseux. Aucun n'avait bien sûr eu de traitement préventif. Résultats. Sur les 168 hanches,103 ont présenté des OPP, soit 61 %, mais généralement modérées, puisqu'il s'agissait de 40 % de stades 1 (quelques îlots), de 12 % de stades 2 (espace fémur-bassin de plus de 1 cm), et de 8 % de stades 3 et 4. Le sexe n'in-tervenait ni dans la fréquence ni dans la gravité des OPP, de même que l'importance de la coxarthrose et l'aspect des ostéophytes avant prothèse. En revanche, on a mis en évidence un facteur lié à l'opérateur : les opérateurs 'juniors', c'est-à-dire les chefs de clinique, avaient un taux d'OPP de stade 3-4 supérieur à celui des 'seniors', permanents du service (28,8 % vs 14,7 %). La durée moyenne d'intervention (de 105 à 114 minutes) ne dif-férait pas en ce qui concerne l'intensité des OPP et la survenue de difficultés techniques pendant l'intervention, non plus que la possibilité de complications postopératoires. Discussion. Il s agit là d'une étude rétrospective mais homogène. Certains facteurs de risque de survenue d'OPP retrouvés dans la littérature n'apparaissent pas ici, tels l'âge, le sexe masculin, l'im-portance des ostéophytes. En revanche, la présence d'une mala-die de Forestier ou la technique d'anesthésie péridurale n'ont pas été analysées ici. Les auteurs admettent donc qu'il vaut mieux administrer un traitement préventif à toutes les hanches opérées ; ils proposent l'administration d'indométacine pendant la durée d'hospitalisation, avec éventuellement un protecteur gastrique, et ce pendant dix jours. La faible morbidité d'un tel traitement et son efficacité reconnue justifient selon eux une uti-lisation large. Dr L. Beraneck, 94000 Créteil Ossifications périprothétiques de hanche : facteurs de risque et mode de prévention Vastel L., Kerboull L., Anract P., Kerboull M. l Rev Rhum (Ed Fr) 1998 ; 65 : 260-6. A N A L Y S E S
centre(s) d’intérêt
Rhumatologie