Ce dossier consacré à la neuro-ophtalmologie combine des retours à la base et des mises au point d’actualité. Anomalies pupillaires, nystagmus, œdèmes papillaires, diplopie et complications iatrogènes potentielles génèrent toujours de l’anxiété, alarmant les patients aussi bien que nos collègues, quelle que soit leur spécialité.
Cette série d’articles brefs et pratiques offre une approche pragmatique et actualisée sur ces points cliniques importants.
Anisocorie ? Pas de panique ! Identifiez la pupille pathologique (la grande réagit faiblement à la lumière ; la petite ne se dilate pas bien dans l’obscurité), et éliminez quelques urgences à ne pas manquer : les anomalies oculaires sont faciles à identifier à la lampe à fente ; la mydriase de la paralysie du 3e nerf crânien n’est jamais isolée (ptosis et diplopie vous aideront) ; les autres causes, comme la pupille tonique d’Adie et les mydriases pharmacologiques, sont isolées et ne constituent pas des urgences. Une petite pupille peut suggérer un signe de Claude Bernard-Horner, qui est facilement confirmé par le test à l’apraclonidine chez les adultes.
Nystagmus ? Vérifiez la fonction visuelle chez les jeunes enfants ! Les causes ORL et neurologiques prédominent chez les adultes, chez lesquels les urgences neurologiques sont généralement associées à d’autres symptômes.
Œdème papillaire ? Différencier un œdème papillaire de stase d’une neuropathie optique antérieure est la première étape. L’hypertension intracrânienne entraîne un œdème bilatéral avec, le plus souvent, une acuité visuelle normale. L’évaluation est toujours urgente et nécessite l’aide des neurologues.
Diplopie ? Une diplopie monoculaire est toujours d’origine oculaire et ne représente pas une urgence. N’oubliez pas que de nombreuses diplopies binoculaires sont d’origine “mécanique” et ne sont pas neurologiques. La localisation anatomique est essentielle et souvent facile : orbite, muscles extraoculaires, jonction neuromusculaire (myasthénie), nerfs crâniens (III, IV et VI), ou internucléaire et supranucléaire. Une anomalie pupillaire associée (mydriase du 3e nerf crânien et myosis du syndrome de Claude Bernard-Horner) est toujours inquiétante.
Patient prenant des analogues des GLP-1 ? Ces médicaments très populaires sont associés à une augmentation du risque de neuropathie optique ischémique antérieure aiguë. Bien que ce sujet reste débattu, il est recommandé de le mentionner aux patients chez lesquels on a diagnostiqué une neuropathie optique ischémique antérieure et de discuter les bénéfices et risques avec leur endocrinologue ou leur médecin généraliste.
Ces articles contiennent des perles qui vous permettront d’évaluer ces patients rapidement et de décider de la meilleure prise en charge immédiate.
Bonne lecture !